L’ONJ réinvente le mythique « Charlie Parker with Strings »

Entrevue réalisée par Michel Labrecque
Genres et styles : jazz / saxophone

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L’Orchestre national de Jazz (ONJ) se produira le 27 novembre dans un format particulier, à la Cinquième Salle de la Place des Arts. Pour rendre un hommage au mythique Charlie Parker With Strings, un mélange unique de saxophone be-bop et de cordes, l’ONJ sera composé en grande partie de cordes. Quatre saxophonistes montréalais partageront le rôle de Charlie Parker, alias Bird. Notre collaborateur Michel Labrecque en a discuté avec Samuel Blais, lui-même saxophoniste, qui dirigera l’Orchestre.

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PAN M 360: Charlie Parker est un monument du jazz du 20e siècle, que pouvez-vous nous en dire pour celles et ceux qui le connaîtraient moins.

Samuel Blais: Charlie Parker n’a pas vécu longtemps, il est mort à 34 ans. C’est des grands instigateurs du be-bop.Son importance est immense, indescriptible. Il est enseigné dans toutes les universités importantes. À l’époque où le be-bop a été créé, ça scandalisait. Louis Armstrong a déjà dit de Parker que sa musique n’était pas du jazz, car c’était si différent de ce que lui faisait. Avant ça, le jazz était plutôt une musique dansante, avec moins d’improvisations. Son influence est infinie.

PAN M 360: Cet épisode où il s’est produit avec un ensemble de cordes est vraiment très particulier. Comment ça s’est passé ?

Samuel Blais: En fait, c’est le producteur et impresario Normand Granz, quelqu’un qui a été très important pour l’histoire du jazz, il a, entre autres, découvert Oscar Peterson. Il a aussi produit un album de la chanteuse Billie Holiday avec un ensemble de cordes. Charlie Parker était un amateur de musique classique, en particulier d’Igor Stravinsky. Quand il a entendu le disque de Billie Holiday, il a dit à Granz: « Moi aussi, j’aimerais faire ça ». Plusieurs sessions ont donc été organisées à partir de 1949. C’était de petits ensembles de cordes. Pour notre concert du 27, nous aurons la chance d’avoir beaucoup plus de musiciens que Bird n’en ait jamais eu. Il y aura une vingtaine de cordes dont une harpiste ainsi que du hautbois et du cor français. Ce sera du jamais entendu !
PAN M 360: Ce croisement de Charlie Parker et de cordes, c’est un tout petit épisode dans son histoire, mais qui a marqué cette époque.

Samuel Blais: Ça a été un grand succès commercial, pour un album de jazz. Certaines pièces ont été jouées à la radio. Il faut savoir que, pour les sessions d’enregistrement, le producteur Normand Granz avait trouvé d’excellents musiciens classiques. Mais ceci intimidait Charlie Parker. Il est arrivé qu’à certaines reprises, il quitte les sessions sans jouer une seule note. C’était un rêve pour lui, il a fini par y arriver et ces enregistrements ont marqué l’histoire du jazz. On trouve beaucoup de standards comme Just Friends.

PAN M 360: Pour le concert de jeudi, on trouvera non pas un mais quatre saxophonistes pour réinterpréter le Bird.

Samuel Blais : Nous aurons André Leroux, Alexandre Côté, Jean-Pierre Zanella et Rémi Bolduc, quatre des meilleurs saxophonistes au Québec. Mon travail consistait à écouter le répertoire et à assigner chaque pièce à un des quatre. Nous avons conservé les arrangements originaux, mais, bien sûr, les saxos improviseront et nous ne voulons pas qu’ils imitent Charlie Parker. Nous jouerons aussi They did’t Believe Me, qui avait été écrit pour Charlie Parker, mais qu’il n’a jamais joué. Donc, le saxophoniste Rémi Bolduc aura carte blanche pour faire ce qu’il veut.

Nous avons choisi douze pièces de ce répertoire, qui, j’espère, feront mouche. Pour moi, ce sera un grand bonheur de diriger cet ensemble et je vous préviens, je risque d’avoir le sourire étampé dans la face, comme on dit au Québec, tout au long de ce concert.

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