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En novembre, les festivals en région québécoise ne sont pas légion, le Festival de musique trad de Val d’Or est parmi les destinations d’exception. Du 5 au 9 novembre, la ville abitibienne vibre de tout son trad, des programmes de musique trad y sont présentés du matin au soir, jusqu’au matin de dimanche. Ainsi on nous invite à « passer au salon », la thématique de bienvenue rappelle la tenue des veillées traditionnelles dans les salons des braves gens dans tous les recoins du pays. Les frères Éric et Simon Beaudry, Leahy, La Famille LeBlanc, Skye Consort et plusieurs autres s’y produisent au cœur de l’automne abitibien. Voilà une excellente occasion de souligner la tenue de cet événement trad, implanté avec succès dans sa région, et ce depuis novembre 2018. Pour résumer la trajectoire du Festival de musique trad de Val d’Or, son comité organisateur a été joint à la veille de l’événement.
PAN M 360 : Karine Roberge, vous êtes la présidente du Festival de musique Trad Val-d’Or.
Karine Roberge : En plein ça!
PAN M 360 : SVP, racontez-nous de quelle manière çe festival a-t-il émergé à Val d’Or.
Karine Roberge : On en est à notre huitième édition, la première était en 2018 la première. Édition. Mais ça a avait commencé avant, avec l’organisation de veillées de danse par un groupe de musiciens d’ici. Nous invitions le calleur Jean-François Berthiaume à participer à nos veillées. Quand il a vu ce qu’on avait, il a dit : « Vous avez un festival entre les mains! » Ça gagnait en popularité, la population était vraiment enchantée par ce qu’on faisait, on avait l’appui de la ville aussi, on avait remporté un prix, pour ce qu’on faisait avec les veillées de danse.
PAN M 360 : Effectivement un Prix culturel de Val d’Or fut remporté par la formation Racine Carrée, ce qui précéda la première présentation de votre Festival de musique Trad Val d’Or.
Karine Roberge : On a fait ça pendant trois ans, soit de 2015 à 2018. On faisait ça les week-ends, on organisait des ateliers, on pouvait faire venir un musicien, il nous apportait du répertoire qu’il nous apprenait. De fil en aiguille, on a lancé la première édition en 2018, et l’audience ne cesse de croître à chaque festival.
PAN M 360 : Vous êtes vous-même musicienne, n’est-ce pas?
Karine Roberge : Oui, je joue du violon.
PAN M 360 : Le Festival de musique Trad Val d’Or est né en 2018, racontez-nous la progression!
Karine Roberge : Au départ, c’était vendredi et samedi, je me demande même si on n’a pas fait le dimanche la première année. On a ensuite ajouté le jeudi, puis le mercredi.
PAN M 360 : Une tâche de plus en plus grande à accomplir!
Karine Roberge : Ça commence mercredi (5 novembre), on fait d’habitude un spectacle suivi d’une activité chanson à répondre. Les jeudi et vendredi, on a toujours des 5 à 7, le jeudi et le vendredi, on a des groupes qui y sont présentés, après quoi, on a deux groupes présentés chaque soir du jeudi et du vendredi. On a même un spectacle de fin de soirée, c’est nouveau depuis cette année. Après ça, le samedi soir, c’est notre grosse veillée de danse. Nous autres, c’est le samedi soir. Les gens attendent la fameuse veillée de danse avec calleur.
PAN M 360 : Est-ce le groupe local originel qui joue ?
Karine Roberge : Les premières années, oui, mais comme on est pas mal occupés dans le festival, on invite des groupes à jouer depuis 2 ou 3 ans.
PAN M 360 : Ça grouille en masse pendant 5 jours!
Karine Roberge : On a toujours un groupe aussi à l’accueil de 19h à 19h30. On présente donc quatre groupes par jour, ou presque. Le samedi, en plus, on fait plein d’ateliers. Le matin, on présente aussi des spectacles. Avant, on organisait des cafés rencontres avec des musiciens, mais maintenant, ce sont des spectacles donnés dans trois lieux de Val-d’Or.
Le vendredi midi, de plus on a cinq groupes qui vont jouer dans cinq restaurants de la ville. On s’éparpille vraiment partout, on infiltre la ville!
PAN M 360 : Vous présentez la musique dans toutes sortes d’endroits qui ne sont pas nécessairement des salles de concert, ce qui est très cool!
Karine Roberge : Oui! Par ailleurs, on présente actuellement quatre spectacles dans des résidences pour personnes âgées, soit la semaine avant le festival avec un groupe local. Aussi, on présente toujours un groupe en collaboration avec la commission scolaire ( Centre de Service scolaire de l´Or-et-des-Bois) . On rejoint plein de jeunes, jusqu’à 400 jeunes de la commission scolaire.
PAN M 360 : Et ce n’est pas encore la fin!
Karine Roberge : Oui, on finit toujours le dimanche matin, c’est notre spectacle classico-trad, où on veut montrer que la musique traditionnelle s’étend à plein de publics, pas juste celui des rigodons, on peut aussi apprivoiser les amateurs d’autres musiques comme le classique. Des fois, les gens ont des préjugés là-dessus. C’est pourquoi on présente un spectacle le dimanche matin au Conservatoire de musique de Val-d’Or. On a déjà eu Nicholas Williams, Philippe Prud’homme, Élisabeth Giroux qui font de la musique traditionnelle, mais avec une touche classique. Cette année, c’est Skye Consort qui vient.
PAN M 360 : Et votre programmation? Parlez-nous de votre sélection cette année.
Karine Roberge : Ce sont des groupes du Québec, de l’Acadie ou de l’Ontario. Mais ce n’est pas exclu à partir de l’année prochaine qu’on aille chercher un peu plus loin. On va voir.
PAN M 360 : Visiblement, vous êtes encore en progression! En tout cas, vous êtes encore en progression!
Karine Roberge : Oui! Et on fonctionne souvent avec des thèmes. On fait plein de slogans.
Équipé pour veiller trad… Mieux vaut trad que jamais… Du cœur au trad… Cette année, c’est Passez donc au salon. Parce que dans la musique traditionnelle, c’est au salon que se passaient les veillées d’autrefois, là où les familles se réunissaient. C’est une façon de dire aux gens : « Venez donc fêter en famille! » C’est ça un peu le thème cette année.
C’est le thème de la famille aussi. Famille élargie, famille au sens propre, famille au sens figuré. On a la famille Leahy, La Famille LeBlanc, les frères Beaudry qui sont nos porte-paroles. De vraies familles ! Notre groupe local, Les Fous, c’est une famille abitibienne, si on peut dire. Après ça, on a Excavation & Poésie, c’est une famille choisie, des amis qui se sont regroupés. The Vaudevillian qui vient pour le 5 à 7 du vendredi, c’est un couple.
La musique traditionnelle, c’est une grande famille unie où on vient festoyer ensemble, le temps d’un festival. On se branche avec nos racines et on vit ensemble nos traditions.
PAN M 360 : Comment réussissez-vous à financer votre événement?
Karine Roberge : On a beaucoup de commanditaires locaux. Ici vraiment, les entreprises sont très généreuses. On va chercher des subventions aussi – CALQ, Patrimoine Canada, la Ville de Val d’Or, etc. Notre budget roule quand même dans les 200 000.
PAN M 360 : Vous présentez votre festival en novembre, soit à un moment de l’année où il n’y a pas beaucoup d’événements musicaux.
Karine Roberge : Oui, on s’est questionnés à un moment, on s’est demandés si on allait changer. Au niveau touristique, par exemple, il faut convaincre les gens de venir à Val d’Or au mois de novembre. C’est un mois qui est supposément plate, ennuyeux. Puis on s’est dit finalement que novembre c’était aussi un beau temps pour la musique, pour fêter.
PAN M 360 : En Abitibi, l’automne est avancé le 5 novembre. Il y a quelque chose de spécial, de même exotique à vivre un avant-goût du froid dans un contexte musical! Êtes-vous tous et toutes de Val-d’Or, vous qui organisez ce Trad Val d’Or?
Karine Roberge : Ça oui. Pour l’organisation, on est tous de Val-d’Or. On est pas si loin, on est juste à 5h30 de Montréal! On espère que les gens vont oser se déplacer, parce qu’on est bien accueilli en Abitibi, les gens y passent un beau moment. Ben oui, c’est une invitation, c’est un beau prétexte pour venir!























