La Passion selon saint Jean de Bach : Un opéra sacré pour conclure la saison de l’Ensemble Caprice

Entrevue réalisée par Alexandre Villemaire

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Pour conclure sa saison 2024-2015, l’Ensemble Caprice et son chef Matthias Maute, en collaboration avec l’Ensemble ArtChoral, s’offrent La Passion selon saint Jean de Bach, juste à temps pour les fêtes pascales, alors que nous sommes dans l’année liturgique en pleine période de Carême. Œuvre phare du Kantor de Leipzig aux côtés de son autre Passion, celle selon saint Matthieu, à l’effectif choral plus imposant, le récit de la Passion de Christ est magnifié dans cet opéra sacré où la musique de Bach vient accompagner et soutenir avec expressivité et symbolisme les paroles de Jean, de Pilate, de Pierre et de Jésus. Alexandre Villemaire s’est entretenu avec Matthias Maute au sujet de cette œuvre.

PAN M 360 : Pourquoi avoir choisi de conclure la saison de l’Ensemble Caprice avec cette Passion de Johann Sebastian Bach?

Matthias Maute : La Passion selon saint Jean de Bach est une œuvre où se mêlent récits, chœurs et une musique d’une grande profondeur, un vrai opéra sacré qui met en scène une action portée par une musique riche, offrant une conclusion forte à la saison.

On pourrait dire qu’avec sa dramaturgie et son intensité, les musiciens de l’Ensemble Caprice et de l’Ensemble ArtChoral se sentent comme chez eux !

PAN M 360 : Quelle est l’histoire derrière la création de cette œuvre emblématique de Bach?

Matthias Maute : Johann Sebastian Bach a composé La Passion selon saint Jean en 1724, peu après son arrivée à Leipzig, pour être interprété lors du service du Vendredi saint à l’église Saint-Nicolas. S’appuyant sur l’Évangile selon saint Jean, l’œuvre alterne récitatifs, airs et chœurs, créant une narration musicale qui met en valeur le drame de la Passion du Christ. Remaniée à plusieurs reprises au cours de la vie de Bach, cette Passion reflète son engagement à allier profondeur théologique et expressivité musicale.

PAN M 360 : Quel a été votre premier contact personnel avec l’œuvre et qu’est-ce qui vous avait marqué à ce moment-là?

Matthias Maute : Comme musicien, mon premier contact avec cette œuvre a eu lieu dans un orchestre aux États-Unis. Suzie LeBlanc chantait l’air Zerfließemeine Herze et je jouais la partie de flûte. Cet air est un moment sublime, inoubliable.

PAN M 360 : La Passion selon saint Jean est un oratorio, ce qui se rapproche le plus d’un opéra dans le catalogue Bach. De quelle manière le récit des derniers instants du Christ est mis en scène musicalement dans la structure de l’œuvre? 

Matthias Maute : La Passion selon saint Jean alterne récitatifs, airs et chœurs pour porter le récit avec intensité. Les récitatifs racontent l’histoire, les airs expriment les émotions des personnages, et les chœurs incarnent la foule, renforçant le drame. L’orchestre soutient l’ensemble avec une écriture expressive qui souligne les moments clés.

PAN M 360 : Présentez-nous les solistes qui vous accompagneront dans ce concert. Quels rôles revêtiront-ils?

Matthias Maute : La soprano Janelle Lucyk, une étoile montante sur la scène canadienne, interprétera le rôle d’Ancillae. Le contreténor Nicholas Burns tiendra la partie d’alto dans plusieurs arias. Le rôle de l’Évangéliste sera tenu par le ténor Philippe Gagné, alors que le baryton Dion Mazerolle incarnera l’apôtre Pierre et Pilate. Finalement, le rôle de Jésus sera tenu par la basse William Kraushaar.

PAN M 360 : Tout comme dans un opéra, le chœur joue aussi un rôle actif sur le plan musical, mais aussi sur le plan de la dramaturgie. De quelle manière sa participation s’insère-t-elle dans le récit?

Matthias Maute : Dans la Passion selon saint Jean, le chœur joue un rôle central, à la fois narratif et dramatique. Il incarne la foule, intervenant dans les dialogues pour exprimer la ferveur, l’indignation ou le désarroi. Il interprète également les chorals, qui offrent des moments de réflexion et de recueillement, et les grands chœurs d’ouverture et de clôture, encadrant l’œuvre avec solennité et intensité.

PAN M 360 : Y a-t-il des défis particuliers, tant pour les instrumentistes que pour les chanteurs, dans l’interprétation de l’œuvre?

Matthias Maute : Oui, l’interprétation de la Passion selon saint Jean présente des défis pour les instrumentistes et les chanteurs. Pour les instrumentistes, la maîtrise de la grande variété de styles et de textures orchestrales, notamment avec des instruments anciens comme le hautbois da caccia, exige une grande précision. Pour les chanteurs, le défi réside dans l’expression des émotions profondes à travers des récitatifs et des airs exigeants vocalement, tout en maintenant la clarté du texte. De plus, l’équilibre entre les solistes, le chœur et l’orchestre doit être constamment surveillé pour préserver la fluidité du drame musical.

PAN M 360 : Que pouvez-vous nous dire sur la prochaine saison de l’Ensemble Caprice?

Matthias Maute : Une saison haute en couleur vous attend, avec trois concerts exceptionnels à la Maison symphonique. Au programme, le Magnificat de Bach, la Messe en do de Mozart, le Concerto pour violon de Mendelssohn-Bartholdy, la Cinquième Symphonie de Beethoven, la première cantate de l’Oratorio de Noël de Bach, ainsi que des extraits du Messie de Haendel, le tout interprété sur des instruments d’époque. En complément, une série de concerts au mythique 9e, et pour ouvrir la saison, un concert vibrant avec Vivaldi en feu, toujours au 9e.

En plus d’être présenté à Montréal le 4 avril à la Maison symphonique, le concert sera présenté à Québec au Palais Montcalm le 5 avril.

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