Hippie Hourrah : « Exposition individuelle » en hommage à Jacques Hurtubise

Entrevue réalisée par Jacob Langlois-Pelletier

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Ce vendredi 21 avril, la formation montréalaise Hippie Hourrah dévoile son deuxième album intitulé Exposition individuelle, inspiré et créé à partir de l’œuvre du défunt peintre québécois, Jacques Hurtubise. À quelques jours de la parution du projet, Pan M 360 a rencontré les trois membres du groupe, Miles Dupire-Gagnon, Gabriel Lambert et Cédric Marinelli à l’atelier de peinture de ce dernier afin d’en connaître davantage sur ce nouveau chapitre de leur histoire artistique. 

Sous étiquette Simone Records, le trio s’est fait connaître en 2021 avec l’opus Hippie Hourrah!, une proposition aux sonorités psychédéliques, aussi teintée de pop et même de folk. Cette fois-ci, les trois hommes reviennent à la charge avec un album-concept autour de l’art de l’artiste Jacques Hurtubise, un membre de la famille du percussionniste du groupe lorsqu’ils se produisent sur scène. Récemment, la voix du groupe, Cédric Marinelli, a été charmée par l’œuvre du peintre et a proposé d’en faire la ligne directrice de leur deuxième long format. Par ailleurs, le tableau Onibaba  d’Hurtubise orne la pochette de l’ouvrage et image bien le projet, soit un tout aussi cohérent qu’éclectique. Aussi, les titres des morceaux sont tous ceux de toiles de Jacques Hurtubise et ont servi de point de départ pour l’élaboration des chansons. 

Avec l’aide de l’écrivain Ralph Elawani, Hippie Hourrah a puisé son inspiration dans l’impressionnant catalogue artistique de Jacques Hurtubise. Sur l’album, Elawani joue le rôle d’un journaliste et apparaît à plusieurs reprises dans des morceaux narratifs, procurant une profondeur additionnelle au concept. Composé de 14 titres, ce projet offre des pièces aux structures atypiques infusées de synths, toutes confectionnées autour de la voix singulière et envoûtante de Marinelli. La désinvolture créative de Hippie Hourrah brille sur Exposition individuelle et donne vie à d’excellents titres tels que Nuits insondables et Pinceau au tombeau qui sont sans aucun doute deux coups de cœur pour l’auteur de ces lignes.

PAN M 360 : Pourquoi s’être inspiré de l’art de Jacques Hurtubise?

CÉDRIC MARINELLI : À un certain moment, je suis complètement tombé dans la découverte de Jacques Hurtubise et de son art. Jacques est dans la famille de notre percussionniste et j’ai toujours vu ses œuvres, sans réellement connaître qui il était. Récemment, je suis allé à l’atelier où sa famille s’occupe de ses toiles. J’ai trouvé l’expérience très inspirante et je me suis dit que ça ferait une superbe ligne directrice pour notre projet. Naturellement, j’ai discuté avec des membres de la famille de Jacques Hurtubise et on m’a envoyé ses catalogues avec toutes ses toiles. C’est justement de là que nous avons pris les noms de chacune des chansons de notre projet. Sa famille aimait bien notre vision et trouvait que cela allait faire connaître son art aux générations plus jeunes. Presque tous les textes de l’album ont comme point de départ un élément de la vie de Jacques Hurtubise, et ce sont autant des œuvres que des moments de sa vie. Cela étant dit, les titres d’Exposition individuelle ne traitent pas exclusivement de Jacques et on aborde plusieurs autres sujets différents. Les pièces narratives renforcent aussi le concept de l’album et amènent un petit quelque chose d’extra musical au projet. 

PAN M 360 : Parlons de la toile Onibaba  qui orne la pochette de l’album. Pourquoi avez-vous fait ce choix?

HIPPIE HOURRAH : On a choisi cette toile en raison de l’effet qu’elle exerçait sur nous. On adore l’esthétique et la sensation que l’œuvre dégage. La famille de Jacques Hurtubise nous a proposé plusieurs toiles pour la pochette et nous les avons toutes regardées attentivement. Lorsqu’on a vu  Onibaba, on était tous d’accord que c’était celle qui représentait le mieux le projet. 

PAN M 360 : Comment avez-vous fait les choix des toiles qui allaient devenir les titres de vos chansons?

HIPPIE HOURRAH : On a choisi les toiles qui nous faisaient tripper et qui nous inspiraient pour la création. Par exemple, Jacques faisait des toiles de style « Rorschach ». Rorschach est un psychologue qui a développé un outil de thérapie qui est encore utilisé aujourd’hui. Le principe est simple, c’est de montrer une peinture abstraite à un patient et de lui demander de décrire ce qu’il voit. Jacques a déjà fait des toiles dans le style de ceux qu’on présente pour ce test. Pour la chanson de notre album intitulé « Rorschach », on s’est prêté au jeu et on a écrit sur ce qu’on voyait sur des œuvres de ce style qu’on a trouvées sur internet. La chanson parle carrément de ce qu’un patient dirait à un docteur, c’est assez intéressant. 

PAN M 360 : Y a-t-il un parallèle à faire entre ce que vous procure la peinture et votre musique?

CÉDRIC MARINELLI : Clairement. Et je pense que c’est pour ça que nous avons voulu nous inspirer d’un artiste visuel et que le titre de l’album est Exposition individuelle. Pour nous, chaque chanson est un tableau. J’aime vraiment plein de formes d’art différentes, j’adore particulièrement la peinture abstraite. Dans la composition de notre musique, nous avons toujours ce désir d’expansion et de recherche qui va au-delà de ce qui est connu. C’est vraiment comme de la peinture. Dans notre nouveau projet, on va plus loin que ce qu’on connaît musicalement par la recherche, l’improvisation et l’imagination. 

PAN M 360 : Vous dites que vous dépassez certaines limites musicales dans ce nouvel ouvrage. Comment décririez-vous cette proposition?

HIPPIE HOURRAH : C’est certain que c’est psychédélique. Ça l’est musicalement, mais aussi dans l’attitude générale du projet. Parfois, dans ce projet, on explore des avenues plus pop et rock. Il y a un peu de tout dans ce projet et nos influences sont très vagues. C’est un heureux mélange de styles musicaux enrobés dans un univers psychédélique. 

PAN M 360 : Par son rythme et sa couleur, le titre Nuits insondables détonne du reste de l’album. Parlez-moi un peu de l’histoire de cette chanson. 

HIPPIE HOURRAH : C’est probablement le morceau le plus raw de l’album. Quand on a travaillé sur ce morceau, ça s’est fait super facilement comparativement à d’autres morceaux sur lesquels on a bûché longtemps. Il y a une certaine simplicité dans Nuits insondables, qui se marie bien aux paroles très personnelles de Cédric. C’est à ce niveau que ce morceau se différencie des autres dans le projet. Ce titre te donne le temps de prendre ton souffle avant de repartir à nouveau. On se tient à l’Esco depuis des années et Cédric y travaille. Il avait envie de faire une chanson sur ce coin qui est bien connu des musiciens d’ici. 

PAN M 360 : Votre écriture est soignée et poétique. À quoi ressemble votre processus créatif au niveau de l’écriture?

CÉDRIC MARINELLI : J’ai toujours écrit avec Ralph Elawani, un bon ami à moi. C’est celui qui parle sur les trames narratives de l’album. Généralement, je n’ai pas de technique particulière. On part d’une idée et on bâtit à partir de ça. Pour ce projet, on voulait que chaque chanson ait le nom d’une toile de Jacques Hurtubise. Comme j’ai dit plus tôt, chaque chanson porte le nom d’une toile, et on est parti de ça comme source d’inspiration pour créer. 

PAN M 360 : Quel morceau d’Exposition individuelle avez-vous le plus hâte de jouer sur scène?

HIPPIE HOURRAH : C’est certain qu’on a hâte de faire Nuits insondables et Pur sang rouge. On a eu énormément de plaisir à faire Le temps des morts en show, c’est vraiment trippant. Ça va faire du bien d’avoir du nouveau matériel à faire lors de nos spectacles. Nos représentations pourront prendre une différente tournure, on a très hâte. Avant on n’avait pas tant de tounes, donc on se lançait dans d’interminables séquences instrumentales. On ne déteste vraiment pas ça, mais c’est dur de faire une heure de spectacle comme ça. Des morceaux plus concis, ce n’est pas de refus. 

Le lancement d’Exposition individuelle se déroulera à la Casa Del Popolo le 26 avril prochain à 18h15. 

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