Festival Classica : Une ode à l’espoir avec Elvira Misbakhova

Entrevue réalisée par Judith Hamel

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Le 29 mai, à L’Église presbytérienne St. Andrew’s de Saint-Lambert a lieu le concert Ad Lucem réunissant l’altiste Elvira Mishbakova et la pianiste Meagan Milatz. Un projet sur l’espoir en ces temps difficiles et sur la musique comme vecteur d’apaisement dans ce monde chaotique. 

Originaire de Russie et présentement altiste solo à l’Orchestre Métropolitain, Elvira Misbakhova évoque ici avec Judith Hamel de PAN M 360, les coulisses de ce concert, les choix musicaux et le lien qui l’unit à sa partenaire de scène. 

PAN M 360 : Lors de ce concert, vous jouerez en duo avec la pianiste Meagan Milatz avec qui vous avez déjà souvent partagé la scène. Qu’est-ce qui vous unit musicalement? Qu’est-ce qui rend cette collaboration spéciale pour vous?

Elvira Mishbakova : La joie que nous partageons quand on joue ensemble est immense ! Je pense que si les musicien/e/s ne discutent pas beaucoup pendant leur répétition, c’est très bien, parce que tout se passe dans la conversation musicale, les regards et les écoutes. On se comprend instantanément, nos réflexes, nos réactions, nos commentaires sont toujours en accord ! Quand le travail est basé sur la confiance, l’ouverture d’esprit et la flexibilité musicale, tout va bien.

PAN M 360 : Dans vos notes de programme, vous décrivez ce concert comme une réflexion sur l’espoir en des temps difficiles. Pouvez-vous nous en dire plus sur cette idée? 

Elvira Mishbakova : J’ai choisi le répertoire qui résonne beaucoup avec l’espoir et les lumières. Quand les gens viennent aux concerts, je crois qu’ils veulent partir avec des impressions différentes, des émotions, une appréciation, peut-être même avec un certain apprentissage, mais aussi ils viennent aux événements, aux concerts pour relaxer, pour se détacher de leur réalité, pour plonger dans un moment de réflexion, peut-être trouver la paix, et le calme… ou simplement ils sont guidés par leur curiosité et leur admiration pour la musique classique et ce magnifique Festival Classica ! Notre idée de ce concert est de partager ces moments de réflexion, les moments de paix et de calme, les moments d’espoir, parce que la musique a ce pouvoir rare ! Elle nous guérit, elle nous unit, elle nous console et elle nous élève vers l’avenir, même dans les moments difficiles.

PAN M 360 : Le programme de ce concert couvre plusieurs siècles et styles très différents, allant du romantisme russe de Glinka à la musique contemporaine de Kelly-Marie Murphy. Qu’est-ce qui relie toutes ces œuvres entre elles?

Elvira Mishbakova : La lumière dans ses différents états. J’ai essayé de trouver le reflet de la lumière dans chaque œuvre. Parfois, la lumière est pure, comme dans le Magnificat de Pigovat, parfois, la lumière est intérieure et sombre, comme dans la pièce de Britten Élégie pour alto seul, ou alors c’est un phare dans l’obscurité, on peut le voir dans la pièce de Arvo Part Fratres, ou simplement, c’est un espoir pour le pardon dans Kol Nidrei de Max Bruch. La lumière est différente, mais elle est toujours là pour nous ! Si le public pouvait imaginer ça ou chercher avec nous leur vision de la lumière dans chaque pièce, ça nous rendrait très heureuses.

PAN M 360 : La pièce Ad Lucem de Kelly-Marie Murphy sera créée en première mondiale. Comment cette œuvre est-elle arrivée à vous?

Elvira Mishbakova : En fait, c’est une première québécoise ! Quand j’ai eu l’idée de ce projet Ad lucem (avec l’enregistrement d’un album),  j’ai tout de suite pensé à faire une commande d’œuvre à une compositrice canadienne, et comme j’admire énormément la musique de Kelly-Marie Murphy, je lui ai proposé d’écrire une pièce pour alto et piano qui s’appellera Ad lucem et elle a accepté avec un grand enthousiasme ! Meagan et moi, nous avons très hâte de la présenter à notre concert au Festival Classica.

PAN M 360 : Pouvez-vous nous présenter un peu plus sur Ad Lucem? Qu’est-ce que le public pourra entendre, ressentir?  

Elvira Mishbakova : Le répertoire est très varié, il y aura des pièces d’époque classique, romantique, post-romantique, moderne et contemporaine, le choix pour tous les goûts ! Le public va entendre les œuvres originales écrites pour alto et piano, mais aussi des arrangements que d’autres altistes ont faits pour élargir notre répertoire.  Il faut dire que l’alto, comme instrument soliste, prend de plus en plus la place devant la scène! Je suis très heureuse de jouer de cet instrument, qui est le plus proche de la voix humaine. Meagan et moi, nous avons très hâte de partager ce concert.  J’espère que les gens vont apprécier ce choix de répertoire, qui est rempli avec des émotions fortes et profondes.

crédit photo : Sasha Onyschenko

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