Eli Rose est de retour avec sa pop douce et assumée

Entrevue réalisée par Jacob Langlois-Pelletier

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Trois ans après avoir été sacrée « Révélation de l’année » au Gala de l’ADISQ, l’artiste pop Eli Rose nous revient ce vendredi avec Hypersensible, son deuxième album en carrière. Dans ce nouveau chapitre chargé en émotion et introspectif, la Montréalaise propose une version plus mature du son qui lui a permis de se démarquer par le passé. PAN M 360 a discuté avec elle de sa vie au cours des dernières années, la naissance de son fils et la création de son nouvel opus!

Après plusieurs années au sein du duo Eli et Papillon, la Québécoise avait fait bonne impression avec son album homonyme, notamment avec son titre Carrousel. Puis la pandémie est arrivée, l’empêchant de rencontrer son public sur les diverses scènes du Québec et mettant, comme pour la plupart des artistes, sa carrière sur pause. Depuis, la chanteuse de 36 ans est devenue maman et a passé énormément de temps en studio afin de donner naissance à son second album.

Pour Hypersensible, Eli Rose a collaboré avec la parolière Gaële pour l’écriture des textes et les productions sont signées par les meilleurs d’ici comme Ruffsound, RealMind et DRMS, trio avec qui elle avait œuvré pour son premier projet. On y entend plus d’instruments que sur Eli Rose, procurant un côté plus organique à sa musique. Sa voix vaporeuse s’y mêle extrêmement bien, ses refrains sont accrocheurs et l’on se reconnait facilement dans ses propos. C’est mission réussie pour ce retour.

PAN M 360 : Vous effectuez votre retour ce vendredi avec un premier album en quatre ans. Dans quel état d’esprit êtes-vous en ce moment?

ELI ROSE : Je suis très sereine et je crois que c’est dû au fait que j’ai pris de la maturité depuis mon projet précédent. Quand j’ai lancé mon premier album solo, j’étais hyper nerveuse. Je proposais un son complètement différent que ce que je faisais au sein d’Eli et Papillon, c’était assez stressant. Je pense qu’Hypersensible me ressemble davantage. J’ai tout simplement hâte de pouvoir le présenter à mon public. J’attends aussi avec impatience de rencontrer mon public en spectacle, ce que je n’ai pas vraiment pu le faire lors de mon premier album avec l’arrivée de la pandémie. 

PAN M 360 : Depuis la parution de votre premier album en 2019, beaucoup de choses se sont passés dans votre vie dont la naissance de votre fils. Est-ce que son arrivée a changé votre manière de voir votre carrière en musique? 

ELI ROSE : Complètement. Je pense que ça explique pourquoi je me sens plus calme par rapport au lancement de cet album. L’arrivée de mon fils a en quelque sorte remis mes valeurs à la bonne place. Devenir maman, ça n’a pas été facile. Ça a été vraiment toute une épreuve. J’ai manqué beaucoup de sommeil et eu une grossesse difficile. Ça a beaucoup chamboulé ma vie. Maintenant je me sens plus stable et j’ai l’impression d’être dans un beau moment de ma vie. Mon fils est plus vieux et tout va bien. Je trouve que c’est une belle période pour lancer cet album-là. C’est un album qui est chargé d’émotions et son écriture m’a été très thérapeutique, je crois que j’en avais besoin à ce moment-là.

PAN M 360 : Qu’avez-vous réussi à mieux faire avec Hypersensible en comparaison avec votre précédent projet Eli Rose?

ELI ROSE : Je pense que j’ai grandement amélioré la gestion de mes émotions. C’est certain que je vais toujours être très sensible et que je vais toujours vivre mes émotions intensément, mais je trouve que j’apprends à mieux les gérer. C’est drôle parce qu’en tant que maman, on doit apprendre à nos enfants à gérer leurs émotions, mais moi aussi je dois le faire!

PAN M 360 : Comment s’est passée la création de ce nouvel opus?

ELI ROSE : Ça n’a pas été une composition facile. Mon équipe et moi avons commencé quand j’étais enceinte. J’ai eu une grossesse vraiment difficile. Je vomissais et j’avais des nausées 24 heures sur 24, mais je ne me suis pas empêchée de composer. J’ai quand même continué. C’est pour ça que l’album s’est fait sur une plus longue période. Si je reviens quatre ans plus tard, ce n’est pas parce que je voulais attendre quatre ans. C’est vraiment parce que j’ai eu une grossesse difficile et que je suis devenue maman. Justement l’année où je suis devenue maman, je n’avais pas vraiment la tête à écrire des chansons. Nous avons mis ça sur pause et j’y suis revenue par la suite. Ça a été un long processus. Mon équipe et moi avons vraiment pris un jour à la fois. Si c’était une bonne semaine, nous composions. Si c’était « je ne dors pas, mon fils fait des coliques », nous attendions. Nous avons finalement abouti à cet album, et ça aura pris deux ans et demi pour l’écrire.

PAN M 360 : Parlez-moi davantage de votre rencontre avec l’artiste Gaële Cockpit qui a été un point tournant dans l’élaboration d’Hypersensible.

ELI ROSE : Après avoir gagné le prix de « Révélation de l’année » à l’ADISQ en 2020, tout s’est arrêté pour moi avec la pandémie. Je ne savais vraiment pas ce que j’allais faire. À un certain moment, j’ai essayé de recréer, mais ça ne fonctionnait pas. C’est à ce moment-là que j’ai pensé à Gaële que j’avais rencontré à un camp Kenekt par le passé. Je savais qu’elle était extrêmement talentueuse alors je l’ai appelée. Elle m’a invité chez elle et nous avons pris un café ensemble. On s’est ouvert un document et nous avons « brainstormé ». En lui parlant, j’ai rapidement compris que j’avais trouvé la meilleure personne avec qui co-écrire l’album. J’avais l’impression qu’elle comprenait d’où je venais et ce que je voulais dire. 

PAN M 360 : Avec cet album, vous vouliez retourner à un style de production plus organique qu’électronique. Pourquoi? 

ELI ROSE : Lorsque je faisais partie d’Éli et Papillon, nous faisions seulement de la musique avec de vrais instruments. Quand je me suis retrouvée en solo, je voulais montrer aux gens ce que j’étais capable de faire. Je voulais faire différemment et je suis allée totalement à l’extrême avec de la musique 100% électronique. Pour Hypersensible, j’avais le goût de trouver un équilibre. Cet album-là est le juste milieu entre le folk et la musique électronique. C’est un juste milieu dans lequel je me sens plus confortable que dans un des deux extrêmes.

PAN M 360 : En quoi le titre de l’album vous représente?

ELI ROSE : Je suis définitivement quelqu’un d’hypersensible. C’est un mot qui revient tout le temps dans ma vie. Je vis les émotions de manière très intense. Je suis quelqu’un qui pleure facilement et qui a beaucoup d’empathie. Les émotions, ça fait partie de ma vie au quotidien. Je pense que c’était une évidence d’écrire un album qui allait s’appeler « Hypersensible ». J’assume davantage cette facette de ma personnalité qu’avant. Je suis plus ouverte à me dire « regarde, c’est ça que je suis. » 

PAN M 360 : Dans votre titre As de cœur, vous dites « Suivant les règles qu’on lui a dictées 

Est-elle trop sensible pour jouer ». Vous êtes-vous souvent remise en question quant à votre hypersensibilité?

ELI ROSE : C’est drôle que tu me parles de cette phrase-là. Je me suis souvent posé la question « est-ce que je suis trop sensible pour être en musique? » Parce que pour vrai, quand on est un chanteur, on se met sous les projecteurs, les gens nous critiquent et ont des opinions sur les réseaux sociaux, tout ça. À un moment donné quand j’ai lancé mon premier album, je me suis dit « hey boy, je ne sais pas si c’est pour moi. Je ne sais pas si je suis capable de le vivre et de l’assumer. » Au fil du temps, j’ai réalisé que la musique, j’en ai besoin pour vivre. J’ai besoin de décrire mes émotions. Maintenant, j’ai un certain pas de recul envers tout ça et ça m’aide beaucoup. Je ne m’attarde pas à toutes les critiques et au négatif. Je m’attarde plus à ce qui est positif.

PAN M 360 : En êtes-vous aussi à ce stade d’acceptation dans votre vie en général?

ELI ROSE : Oui, j’essaie. J’ai tendance à voir les choses négativement, mais je travaille vraiment à voir les choses plus positivement et à ne pas m’y attarder. Je pense qu’être maman, ça m’a appris ça, justement. Je suis plus attirée maintenant à passer du temps avec mon fils et cueillir des pissenlits que de m’attarder à la critique. 

PAN M 360 : Que raconte votre titre CDN?

ELI ROSE : CDN, c’est le diminutif de Côte-des-Neiges. Quand j’avais 16-17 ans, je travaillais au Saint-Hubert sur Côte-des-Neiges et je suis tombée en amour avec un garçon. Je vous épargne les détails de l’histoire, mais j’ai vraiment brisé le cœur à l’amie de ce gars. Tellement que 15 ans plus tard, j’y pensais encore et j’ai eu le goût d’écrire une chanson. En écrivant un album sur les émotions, j’ai évidemment revisité beaucoup d’histoires de mon passé. Je suis une personne émotive, donc j’en ai à la tonne des histoires à raconter. Quand j’ai écrit la chanson, je me suis dit « je vais l’appeler cette personne-là ». Il est dans une pharmacie de Granby. J’ai trouvé son numéro et je l’ai appelé à la pharmacie. Finalement, c’était une mauvaise idée parce qu’il n’avait pas vraiment envie de me parler. Mais bon, j’étais contente et quand même heureuse d’écrire cette chanson-là. Mon passé va toujours faire partie de moi et je puise beaucoup de mon inspiration là-dedans.

PAN M 360 : Je pense que beaucoup de gens se reconnaitront dans ce morceau. Êtes-vous du genre à vous remémorer le passé et vous poser des questions?

ELI ROSE : C’est quelque chose qui me travaillait beaucoup avant. Je suis quelqu’un qui pense beaucoup au passé. J’ai tendance à être très nostalgique, penser à mes années au secondaire et ce que je vivais avant. On dirait que ma chanson CDN m’a appris à tourner la page sur le passé et lâcher prise. Ça va toujours exister et faire partie de moi, mais ça ne m’empêche pas de regarder de l’avant puis avancer.

PAN M 360 :  N’oublie pas, votre première collaboration avec le rappeur Koriass arrive à la toute fin de votre album. De quoi parle ce morceau?

ELI ROSE : N’oublie pas, c’est un peu nos deux perspectives sur l’amour yo-yo, celui qui tourne mal. C’est l’amour dont on a de la misère à se départir. J’ai toujours aimé écrire sur l’amour parce que je suis une romantique. Ça fait 16 fois que j’écoute Dawson’s Creek et il faut dire que c’est une série axée sur l’amour. Je pense que je vais toujours, malgré moi, écrire des chansons d’amour. N’oublie pas, c’était un beat que Ruffsound et RealMind m’ont envoyé à la toute fin de l’écriture de l’album. Je sentais vraiment que c’était la pièce qui manquait pour boucler le tout. J’étais vraiment contente que Korias accepte de faire cette collaboration avec moi, c’est un artiste dont j’admire grandement le travail.

PAN M 360 : Pour deux titres sur Hypersensible, vous avez renoué avec les producteurs RealMind, Ruffsound et D R M S, trio avec qui vous avez travaillé pour votre premier album. Qu’est-ce que cette réunion représente pour vous?

ELI ROSE : Comme je l’ai mentionné plus tôt, j’ai un côté nostalgique. Bien que j’avance, mon passé fait partie de moi. Ce sont des gars qui m’appuient depuis le jour 1 de mon projet solo. D’avoir réussi à les avoir à nouveau tous ensemble dans la même pièce, en studio pour faire de la musique, c’était vraiment spécial. C’est un honneur de pouvoir collaborer avec des personnes aussi talentueuses. C’est vraiment un album où on a éprouvé du plaisir à le faire. Il n’y avait pas de stress, il n’y avait pas de pression. Je pense que c’est pour ça que j’en suis aussi fière. J’espère que ce ne sont pas les dernières collaborations que nous aurons faites ensemble.

PAN M 360 : Vous avez mentionné être déçue de ne pas avoir pu partir en tournée en raison de la pandémie après avoir été sacré « Révélation de l’année » lors du Gala de l’ADISQ en 2020. J’imagine que vous planifiez profiter au maximum des mois suivant la sortie de votre album!

ELI ROSE : Certainement! J’espère que la pandémie ne va pas revenir pour que je puisse en profiter. J’ai une tournée qui débutera en février dont la première Montréalaise au Ministère le 1er février. Il y a plusieurs spectacles qui s’en viennent et beaucoup de promos. C’est après les fêtes que ça va réellement commencer!

Crédit photo : Universal Music Canada

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