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Le Montréalais Caleb Rimtobaye, alias Afrotronix, est l’un des afro futuristes musicaux les plus emblématiques du moment. Depuis 2017, d’abord avec l’album initial Nomadix, puis en 2019 son successeur Saotronix, il a dressé la table d’un style symbiotique entre la modernité électronique et les racines de l’Afrique du nord, principalement celles du Tchad, son pays natal. Il revient maintenant après quelques années de hiatus avec le troisième opus de son parcours, KÖD, qui veut dire tam-tam en langue saar. Les tam-tams étaient utilisés longtemps avant internet, le téléphone ou même le télégraphe pour communiquer rapidement et à distance selon des codes rythmiques précis. En fusionnant des enregistrements terrains et la magie synthétique d’un studio montréalais, Afrotronix vient de concocter un alambic particulièrement relevé, à la fois hommage à la riche ancestralité du génie africain et utilisation pertinente de la de la lutherie numérique contemporaine.
Le mariage réussi entre Montréal, le Québec, le Canada, et l’Afrique, c’est aussi la source d’une réflexion socio-économique de Caleb, qui évoque l’absence de notre pays sur le continent noir. La Chine y est, la Russie (et pas toujours pour de bonnes raisons), mais pas le Canada. Pourtant, l’Afrique est un continent jeune, fort et dynamique. Il y a des collaborations fructueuses à y développer. Ce que l’artiste émotionnellement métissé entre les deux espaces contribue d’ailleurs à faire avec un représentant nigérian à Montréal qui cherche à stimuler les activités québécoises de l’autre côté de l’océan chez nous cousins africains.
J’ai parlé avec l’artiste de tout cela mais surtout de cet album, du Tchad ainsi que de la magnifique facture visuelle des clips vidéo associés aux pièces de KÖD.























