Le parcours découverte de la Maison symphonique est une activité récurrente de la Virée classique. Présente à chaque édition, elle permet au public montréalais de découvrir et de s’approprier d’une manière différente et privilégiée cette grande salle de concert. Hormis la visite intérieure parsemée de stations informatives, c’est la démonstration et l’exposition des cloches de carillon et de l’octobasse qui servait de cœur à cette activité.
Disposant d’une demi-heure chacun – et ils en auraient certainement pris plus avec plaisir – Serge Desgagnés, percussionniste solo de l’OSM, et Eric Chappel, contrebassiste et octobassiste, ont présenté leurs instruments hors normes et répondus aux questions du public composé d’adultes, de jeunes et d’enfants. C’était beau et passionnant d’entendre Serge Desgagnés partagé son enthousiasme pour ces nouveaux instruments de l’orchestre, fruit du travail de artisans de la Fonderie Royal Eijsbouts des Pays-Bas qui ont réalisé les dix cloches dont la plus grande (fa# grave) pèse 384 kg et la plus petite (si moyen) un maigre 20 kg. Pour les couleurs et la richesse qu’elles apportent, et dont il a fait la démonstration, Serge Desgagnés caresse le rêve de voir sa famille de cloches s’agrandir. Pour atteindre l’entièreté de l’échelle chromatique? Pourquoi pas!
Le même intérêt et la même passion animaient Eric Chappell, dont l’origine de l’instrument remonte à 1850 et dont la fonction était d’amplifier le registre grave de l’orchestre pour des œuvres d’envergure. En plus d’expliquer l’histoire de son instrument ainsi que d’exposer les défis que son entretien et sa mobilité peuvent engendrer, ce dernier à la conclusion de la séance a été mis à l’honneur alors que le public a pu entendre une composition faite pour un quatuor d’instrumentistes comprenant l’octobasse, deux violoncelles et un hautbois. Intitulée Résilience, cette œuvre du jeune compositeur québécois Thierry Côté utilise un langage imagé, inspiré par la nature, sa beauté, et sa force qui domine l’être humain et l’amène a affronter les intempéries, tant philosophique et naturelle. L’œuvre d’une durée d’environ huit minutes ne cantonne pas l’octobasse dans un rôle de pédale. Les notes graves de l’instrument grondent, mais bougent, sont actives, et nourrissent en retour les lignes de violoncelles et du hautbois qui tissent différentes mélopées instrumentales autour de ce constant soutien harmonique. Chaque ligne instrumentale alimente mutuellement dans une sorte de mouvement perpétuel. Sur le défi de composer une pièce de musique de chambre pour l’octobasse, nous pouvons dire que Thierry Côté ajoute une contribution intéressante au catalogue de l’instrument.
Crédits photo : Gabriel Fournier























