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Taverne Tour | Sous le signe de la Saint-Valentin

par Simon Gervais

Le 14 février dernier, la Casa del Popolo accueillait pour la dernière soirée du Taverne Tour une foule dense et chaleureuse sous le signe de la Saint-Valentin. La salle, pleine à craquer d’un très beau public, retenait la chaleur si bien que l’air conditionné peinait à suivre; entre les prestations, on ouvrait grand la porte sur l’extérieur pour laisser tomber la température et reprendre souffle avant la prochaine montée sonore. 

La soirée débute dans l’allégresse avec Pastel Blank, un groupe basé à Victoria chapeauté par Angus Watt, alliant un groove funk et néo-disco aux particularités du art rock. Ce qui saute d’abord aux yeux sont le bassiste et le guitariste, tous deux vêtus d’amples vestons sable rappelant les boy bands des 60s. Ces deux grands lascars témoignent d’un plaisir contagieux alors qu’ils entonnent les back vocals des pièces entraînantes. La claviériste rappelle les années flower power avec ses grandes sarouel. Watt, quant à lui, évoque davantage les années 90, avec ses lunettes de soleil et son T-shirt serré où on peut lire ‘Love always wins’.

Le son du groupe évoque autant les Jackson Five que les Talking Heads et B52s. Vocalement, certains moments me rappellent le rock and roll des années 50 avec l’usage du fameux ‘hiccuping’, technique vocale caractéristique des Elvis ou Gene Vincent de ce monde. On a donc droit a plusieurs décennies distillées en un projet qui forme un tout véritablement attrayant. Le groupe déploie des grooves nerveux, entre new wave anguleuse et funk décalé. La basse propulse, les guitares s’imbriquent avec précision, les claviers très synthétiques ponctuent le tout. Les solos sont courts mais efficaces, ça crache juste assez avant un break qui nous prend de cours, à notre plus grand plaisir. Le groupe semble avoir un grand plaisir à jouer ensemble, qui devient sans effort contagieux.

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Avec Hélène Barbier, le ton se fait plus relâché, presque artisanal. Une présence scénique décontractée, un look casual, une basse rouge, de la flûte traversière, des rythmes légèrement de travers aux accents jazz et hypnotiques. C’est dissonant par petites touches, mais sincère, avec un fond americana attachant. Ce fut un moment agréable, sans prétention.

Sous les sons harmonieux et incongrus de N NAO, la salle se transforme en véritable théâtre onirique. Un effort scénographique est évident ; spots additionnels, machine à fumée, ventilateur, le tout afin de créer une expérience la plus immersive possible.Harpe, clochettes, mélodica, sonorités électroniques et éclairages vaporeux composent un univers féerique où la nature et le synthétique cohabitent dans une harmonie organiquement chaotique, une expérience à la fois déroutante et profondément immersive. Entre douceur pastorale et élans rythmiques soudains, la musique agit comme un sortilège. Les moments de grâce se succèdent alors que Naomie s’avance bravement dans la foule, illuminée de façon singulière. Une surprise aussi lorsque Helena Deland monte sur scène pour participer à une pièce en version acoustique. L’intention de N NAO est claire, explorer les diverses facettes de ce Nouveau Langage (titre de son récent album) qu’est la musique. La finale, inspirée de Hubert Aquin, ramène tout à une délicatesse suspendue. 

Une soirée remplie de chaleur humaine et d’amour ; parfait pour la Saint-Valentin.

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