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Takuya Kuroda : soleil brûlant au Festival

par Frédéric Cardin

Takuya Kuroda est trompettiste et on l’a connu principalement pour son unique album chez Blue Note, Rising Son (il en a d’autres ailleurs), et aussi pour ses collaborations avec José James (un pote d’école de jazz). Arrivé à Brooklyn au début des années 2000, le Japonais a rapidement trouvé ses repères dans un jazz mâtiné de musiques black modernes. Rythmes hip-hop et drum & bass bien musclés, fulgurances des horns (sa trompette et le ténor de son complice Craig Hill) dans des phrasés souvent courts et incisifs, genre motifs afro-beat ou chorus de cuivres funk, basse bondissante, batterie puissante, on s’y retrouve en pleine urbanité contemporaine, épanouie et affirmative. Kuroda s’échappe parfois dans des monologues néo-bop très libérés mais bien ancrés dans ce soutien groove omniprésent. Surtout, son jeu vire à l’incandescence et éblouit la foule dans une lumière crue mais stimulante. L’ajout des claviers parfois cosmiques genre science-fiction années 50 du camarade Takahiro Izumikawa (excellent pianiste par ailleurs) apporte un élément de surprise et même de légèreté à cette trame sonore ultra-actuelle, mais pas déconnectée d’un bagage culturel pop plutôt sympathique. L’artiste nous a même donné un avant-goût de son prochain album, qui devrait sortir cet automne. Aucun doute, ça promet!

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