Club / darkwave / synth-pop / synthwave

FME 2025: Automelodi remède au lendemain de veille

par Lyle Hendriks

Lors des éditions passées du FME, je me souviens toujours du dernier concert comme d’un moment où j’étais complètement épuisé, me balançant doucement dans un sous-sol, luttant pour préserver mes dernières cellules face à l’assaut d’une musique trance et monotone.

Comme vous pouvez l’imaginer, j’étais ravi d’apprendre que le dernier spectacle cette année se déroulerait non seulement en plein air, mais qu’il mettrait en vedette Automelodi, un artiste synthpop exceptionnel et énergique venu faire la fête. Automelodi, également connu sous le nom de Xavier Paradis, est une figure solitaire sur scène, entourée de synthétiseurs, de beatpads et de pieds de micro. Après avoir lancé sa carrière en 2006, le musicien montréalais profite aujourd’hui d’un regain, retrouvant la scène à l’occasion de plusieurs sorties prévues en 2025.

Avec des voix déformées et saturées de réverbération, des changements de tempo vertigineux et entraînant, la musique est urgente, vivante et incite même mon pauvre corps fatigué par la gueule de bois à danser une dernière fois pour clôturer le festival. Nous, les quelques-uns qui étions restés jusqu’à la fin de la nuit, avons été anéantis de le voir terminer son set, alors que nous supplions pour juste un dernier morceau sale, sauvage et déchaîné, pour clore la soirée. Bien que ce rappel ne nous ait pas été accordé, j’étais quand même heureux que FME ait choisi de clôturer la programmation de cette année avec un artiste aussi universellement apprécié. Un coup de cœur garanti.

Psychedelia / rock psychédélique / surf

FME 2025: TEKE::TEKE nous amène dans l’au-delà

par Lyle Hendriks

De nombreux groupes prétendent vous transporter dans un autre monde. Peu y parviennent aussi rapidement et profondément que TEKE::TEKE, légendes montréalaises du surf rock psychédélique japonais.

Qu’il s’agisse de Maya Kuroki, la chanteuse qui ouvre le spectacle avec un monologue mélodramatique en retirant masque après masque pour en révéler toujours un nouveau, plus troublant encore ; de Yuki Isami, la flûtiste au look glamour de danseuse go-go des années 70 ; ou simplement des compositions agitées et en perpétuelle mutation qui composent leur répertoire, il est impossible de ne pas se laisser emporter par ce sextuor d’exception.

Vêtus de tenues aux motifs criards et dépareillés reflétant les influences musicales éclectiques qui animent le groupe, TEKE::TEKE nous a emmenés dans un voyage épique de près de 90 minutes, depuis leurs premiers albums jusqu’à certaines de leurs œuvres les plus récentes créées pour la bande originale du dernier Assassin’s Creed. Par moments, le son est brut, entraînant, parfait pour une journée sur la jetée. À d’autres, il devient un thème de poursuite façon parkour, haletant, survolté, qui nous saisit sans jamais nous lâcher : chaque virage serré nous prend de court et tisse une trame sonore dense, complexe, presque impossible à démêler.

Les morceaux peuvent comporter cinq, six, voire dix sections différentes, et le groupe fait preuve d’une maîtrise absolue, s’abandonnant à des instants de calme avant de jaillir soudainement dans des climax dramatiques, sans le moindre avertissement. Avec une énergie inégalée et un son unique, TEKE::TEKE continue d’être une force à ne pas sous-estimer.

FME 2025 : Frannie Holder dévoile son projet solo

par Stephan Boissonneault

Frannie Holder évoque une ancienne légende du FME. Je connaissais son nom que parce que l’un de ses groupes, Random Recipe, avait participé au tout premier concert secret du FME, organisé il y a environ 20 ans dans le célèbre restaurant nocturne Morasse Poutine.

Cette année, Frannie a fait ses débuts en solo à l’Agora Des Spectacles. Les morceaux que j’ai pu entendre mêlaient pop expérimentale, trip-hop et atmosphères à la française, façon house. Pendant que Frannie chantait en français, un bassiste et un batteur bâtissaient un mur de son brumeux, offrant à Frannie la liberté de se lancer au synthétiseur. Le résultat évoquait un mélange de Regina Spektor et Björk, avec une touche de N NAO de Montréal — une manière douce et apaisante de commencer la journée à 16 heures. J’ai remarqué que c’était en réalité le batteur qui orchestrai la plupart des changements complexes, ponctuant chaque transition d’un « un, deux, trois, quatre » avant de conclure une chanson ou d’annoncer la suivante. Il sera fascinant de découvrir quelle forme prendront ces morceaux sur l’album, mais seul le temps nous le dira.

hard rock / metal

FME 2025 : Hommage à Aut’Chose avec la relève rock n’ roll

par Stephan Boissonneault

Originaire d’Alberta, je ne savais pas qui était Aut’Chose avant ce spectacle hommage présenté le dernier jour du FME, mais je me souvenais avoir entendu ce nom lors d’une conversation avec Félix B. Desfossés, historien du rock et du métal, il y a quelques années. Il les mentionne également à plusieurs reprises dans son livre publié en 2014, L’évolution du métal : No Speed Limit 1964-1989

Le chanteur et poète Lucien Francoeur et le guitariste Jacques Racine du band Aut’Chose, tous deux décédés l’année dernière, ont été des figures légendaires de la scène hard rock québécoise, avec trois albums sortis au milieu des années 1970. Les Freaks de Montréal, le groupe hommage à Aut’Chose, ont réuni de jeunes artistes tels que Rose Cormier de Mulch, Alix Fernz, N Nao, Pierre-Luc Gratton de Population II, et d’autres, qui ont pris le relais au chant et rendu hommage à Francoeur entre les chansons. On se trouvait devant un super groupe : à la batterie, Michel « Away » Langevin (Voïvod) et aux guitares et synthés, des membres de GrimSkunk, Groovy Aardvark et Tricky Woo.

Je n’avais jamais entendu les chansons d’Aut’Chose avant ce concert, mais j’ai trouvé qu’elles rappelaient le meilleur de RUSH, ZZ Top, Black Sabbath, avec une touche de Lou Reed dans le chant. Il y avait des moments de hard rock pur et des moments de prog étrange et flou. C’était captivant d’entendre et de voir chaque chanteur sous un jour différent : N Nao qui criait, Alix Fernz sans beaucoup d’effets vocaux, avec une voix plus claire que jamais, et Pierre-Luc Gratton chantant debout, alors qu’on le voit habituellement assis sur son trône dans Population II. Un autre moment marquant a été le jeu de la double basse lorsque Population II est remonté sur scène pour la deuxième fois.

période romantique

Fête de la Musique 2025 | Andrew Wan et Charles Richard-Hamelin : Brahms, Franck et du soleil

par Frédéric Cardin

Le duo constitué du pianiste Charles Richard-Hamelin et du violoniste Andrew Wan (également violon solo de l’OSM) n’est plus à présenter. Une dizaine d’années de complicité artistique ont amené ces deux talents individuels et naturels en un diptyque chambriste de tout premier ordre. Les enregistrements de sonates de Beethoven et de Schumann qu’ils ont réalisés sont des démonstrations de musicalité de très haut niveau. On remarque chez Wan, et parfaitement appuyé par Richard-Hamelin, une concentration très appliquée sur le discours et la narration des œuvres. Le jeune homme raconte quelque chose en jouant, ce qui est déjà bien, mais en plus il a quelque chose à dire. Sur la grande scène Québécor de Tremblant, la Fête de la Musique a donné à entendre la première des sonates de Brahms, que les deux musiciens peaufinent depuis quelque temps déjà et qui fera partie du prochain album du duo, consacré au compositeur allemand. On a déjà entendu les deux amis dans ce répertoire, au Festival Classica plus tôt cette année. L’impression avait été bonne, et elle l’a encore été ce dimanche après-midi. La Sonate, dans la tonalité souriante de sol majeur malgré son caractère très intimiste, a été déployée sans effets exagérés, Wan se concentrant sur l’intériorité du propos et sur l’allure posée de l’expressivité. On aurait pu en prendre un peu plus en termes d’affects, sans risque de faire de l’esbroufe, mais on a été néanmoins fortement contentés en termes de beauté instrumentale et de satisfaction esthétique. En complément de concert, pas une autre de Brahms mais plutôt la grande Sonate en la majeur de César Franck. On a trop souvent tendance à assombrir cette œuvre, parce que c’est Franck, parce que malgré le fait qu’il était Belge, on l’associe au germanisme et à un Romantisme touffu et dense. Pourtant, le la majeur implique de la lumière et du sentiment ouvert, un certain épanouissement même. Wan et Richard-Hamelin ont bien saisi cette nécessité, malgré une retenue un peu lente à résorber dans le premier mouvement. Mais le public a été récompensé par un Allegretto poco mosso final plein de candeur et de naturel, parfait accompagnement d’un début d’après-midi généreusement ensoleillé, au pied de la montagne de Tremblant. 

musique ancienne / traditionnel

Fête de la Musique 2025 | Gros coup de coeur pour le duo Ménestrel

par Frédéric Cardin

Il y a de ces rencontres dont on ne devine pas l’impact avant d’en avoir fait l’expérience. Je ne connaissais pas le duo Ménestrel, formé de Kerry Bursey (chant et luth) et Janelle Lucyk (chant et violon) avant ce concert d’à peine une heure sur la petite et intime scène Deslauriers du village de Tremblant. Le duo est actif depuis 2019 et à traversé le Canada au complet (ses ‘’13 provinces et territoires’’) en jouant de son répertoire : la musique ancienne, qu’elle soit folklorique ou savante baroque, Renaissance, et médiévale. À Tremblant, les deux artistes basés en partie à Montréal, ont lancé leur programme avec quelques folklores (À la claire fontaine, Greensleeves, la Louison, Au mois de mai, etc.) joués avec une finesse et un raffinement exquis, ce qui a permis de poursuivre plus loin avec quelques perles baroques (magnifique Frescobaldi et tendre Monteverdi dans une version en duo de Si dolce il tormento, un air d’une beauté à faire pleurer de bonheur). Le champion toutes catégories des larmes lyriques, John Dowland, grande vedette musicale de l’époque shakespearienne, a lui aussi bénéficié d’interprétations sensibles et délicates des deux artistes. Les deux voix sont très belles, le ténor aisé de Bursey mais surtout le soprano angélique de Lucyk qui peut envoûter les mélomanes les plus exigeants. Nul doute que votre humble serviteur surveillera de près les prochaines activités de Ménestrel, car il ne pourra pas oublier, comme tous les spectateurs présents, l’impressionnante qualité de la prestation entendue en ce petit dimanche midi à la Fête de la Musique. 

garage punk / hard rock / pop-punk / punk

FME 2025 : The OBGMs sont-ils… Céline Dion ??

par Jake Friesen

Sélectionnés dans la liste courte du Prix Polaris 2025, The OBGMs reviennent au FME pour la première fois depuis 2021, où ils avaient joué devant un public assis et soumis à des restrictions liées à la COVID. Ils montent sur la scène principale et se présentent comme un groupe hommage à Céline Dion. Malgré un accueil froid de la part du public, ils se lancent à corps perdu dans un set d’une intensité implacable.

Le chanteur Densil MacFarlane provoque le public avec charisme à chaque instant, le défiant d’aller toujours loin. Les OBGMs offrent un son percutant et électrisant, mêlant des mélodies accrocheuses, des voix ardentes, une percussion furieuse et une bonne dose de riffs de guitare endiablés. Ils dégagent une attraction magnétique irrésistible, mêlant une précision chirurgicale à une sensibilité punk effervescente. Après avoir mené une bataille acharnée pour conquérir le public, MacFarlane le rallie à sa cause en demandant si quelqu’un dans la salle aurait un ex qu’il déteste profondément.

Les applaudissements retentissent tandis que tout le monde scande « Fuck Robbie » et MacFarlane dédie la chanson suivante à l’ex d’un spectateur, Robbie. Même si les OBGMs se produisent devant un public de plusieurs centaines de personnes, ils parviennent sans effort à créer l’esprit de solidarité propre aux concerts punk underground . Ils demeurent loyaux envers leur art et leurs convictions, tandis que MacFarlane souligne avec ferveur l’importance de se faire mutuellement de la place, tant dans l’espace que dans la communauté.

Après avoir assisté à leur concert samedi soir, je suis convaincu que les OBGMs sont sur le point de conquérir le monde. Ça me réjouit.

Photos by Julia Mela

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indie rock / rock alternatif

FME 2025 : Party de piscine gonflable dans la ruelle

par Jake Friesen

Le groupe de rock garage montréalais Poolgirl fait ses débuts au FME devant un public enthousiaste  agglutiné autour de la scène. Avec la foule qui sautille comme des grains de pop-corn et des accessoires de piscine gonflables qui volent dans tous les sens, Poolgirl est dans son élément.

Guitares grungy, percussions bruyantes et voix gutturales saturent l’espace. La qualité brute de leur son est attachante, sans prétention et sincère : Poolgirl délaisse le sérieux de la performance pour la fanfare déchaînée de la jeunesse. Leur son occupe un territoire musical autrefois réservé aux jeunes des banlieues. Pourtant, sous les lumières de la scène FME Fizz, il est rafraîchissant d’assister à un concert de garage rock accessible et désinvolte donné par un groupe composé principalement de musiciennes. 

Une intensité constante anime Poolgirl tout au long de leur set, comme si elles étaient aussi légères que les ballons de plage qui rebondissent au-dessus du public. La basse tourbillonnante et crasseuse les propulse vers leur dernière chanson, et dans le plus pur style garage rock, elles disparaissent dans la nuit, comme des adolescentes fuyant un concert clandestin.

hip-hop / trip-hop

FME 2025 : Transcendance dans la ruelle avec Boutique Feelings

par Stephan Boissonneault

Nous avions besoin de capturer l’ambiance intimiste de la ruelle du FME, en particulier mon ami qui avait pris une bonne dose de LSD. Ce projet de Karim Lakhdar transcendant les genres a tout donné : un mélange envoûtant de hip-hop psychédélique, à la fois introspectif et énergisant, capable de ramener les morts à la vie.

Mes amis et moi étions dans un état d’esprit assez déconnecté, captivés par les riffs déformés et les récits décalés. Le message sociopolitique a façonné un instant d’union pour la foule, avant que Lakhdar ne le déconstruise pour le reconstruire aussitôt.

Avec ce projet, Karim Lakhdar réalise quelque chose de complètement fou, comme si Madlib et Kim Gordon avaient eu un enfant et l’avaient élevé au son du krautrock. Tout ce qui fait Atsuko Chiba se retrouve désormais dans cette création. Subliminal. Sublime.

expérimental / Experimental / krautrock / rock / rock expérimental

FME 2025 : Krautrock à la brunante

par Stephan Boissonneault

Je suis trop jeune pour avoir assisté au concert Live at Pompeii de Pink Floyd, qui n’a été joué devant personne, à l’exception de l’équipe de tournage et de quelques inconnus, mais assister à cette performance unique You II Avec Nolan Potter au FME est ce qui s’en rapproche le plus.

Ce titan du krautrock composé de six membres, les deux membres principaux de Yoo Doo Right, les trois membres de Population II et Nolan Potter, le multi-instrumentiste génial d’Austin, ont joué un set vibrant, brumeux et psychédélique pour l’âge d’or. Le lieu ? Le lac Osisko à Rouyn-Noranda, ou juste à côté, sur une dalle de béton, au coucher du soleil.

Malgré quelques problèmes de son, qui étaient sans doute inévitables compte tenu de la multitude d’instruments que ce sextuor a fait apparaître comme par magie, ce spectacle était phénoménal. Deux batteurs, avec des kits complets, si synchronisés que leurs fills faisaient partie d’une imagination collective. Deux synthétiseurs/guitaristes échangeant des solos, se laissant mutuellement de l’espace alors qu’ils approchaient de l’oubli. Nolan Potter sautillant sur un saxophone ténor vif et rapide, une flûte en fleurs, un interlude au tambourin, et surtout, allumant des cigarettes pour lui-même et le batteur John Talbot.

Avec le recul, les problèmes techniques semblaient avoir été répétés et faisaient partie intégrante du concert. On pouvait sentir la frustration palpable lorsque la guitare du guitariste et magicien des synthés Justin Cober a refusé de fonctionner, mais elle a été remise en état pour un bend de guitare impeccable. Ce concert ne se reproduira jamais. Le meilleur moment ? Le final interminable, annoncé par un rapide « OUAIS ! » du batteur et chanteur Pierre-Luc Gratton.

Chanson francophone / chanson keb franco

Fête de la Musique 2025 | Coeur de pirate offre quelques primeurs à Tremblant

par Frédéric Cardin

Dans un format basique, presque spartiate (batterie, basse, voix, et un peu de piano bien sûr) mais archi efficace, Béatrice Martin, alias Coeur de Pirate, a donné pour la première fois un spectacle à la Fête de la Musique. Cela faisait un bout, il paraît, qu’Angèle Dubeau la travaillait pour venir. C’est pour cette 25e édition que c’est finalement arrivé et, à en croire la réaction du public présent, ce fut une sacrée réussite. C’est certain, il y a eu les chansons que tout le monde attendait et chantait déjà avant même l’arrivée de l’artiste : C’était salement romantique, Place de la République, Somnambule, sous forme classique, piano solo et voix, en plein milieu de programme. Comme une pause douceur et mélancolie bienveillante. Mais aussi les succès plus rythmiquement relevés comme Golden Baby, Prémonition, Oublie moi, Crier tout bas.

Et puis, à travers un feu assez roulant, mené à fond de train mais sans donner l’impression d’être en urgence, la Pirate au coeur lyrique a offert quelques nouveaux titres que les gens présents au pied de la montagne de Tremblant ont eu le privilège d’entendre live pour la première fois : la récente Cavale, qui sert de parfaite et excitante mise en bouche en tout début de show, la dramatique et puissante Les enfants des temps derniers et la ballade, écrite pour sa fille Romy, Château de sable. Si ce qu’on a entendu dans ces titres est indicatif de ce que sera le prochain album qui sortira dans un mois, le succès populaire sera assurément au rendez-vous car c’est de la trempe des meilleures productions de la chanteuse, avec des mélodies qui scotchent sur la mémoire.

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classique occidental

Fête de la Musique 2025 | Les plumes de Luc Beauséjour et la résilience de Julie Boulianne

par Frédéric Cardin

Pas facile pour des artistes classiques de performer à la Fête de la Musique de Tremblant. La température a ses humeurs, et elle ne se soucie pas si cela sied aux interprètes et leurs instruments. Il faisait frisquet en ce samedi après-midi au pied de la montagne, ce qui ne doit pas être idéal pour une chanteuse. En plus, il pleuvait, il faisait soleil, et il repleuvait. Mais bon, Julie sait y faire et a enchaîné avec caractère les différents airs au programme présenté sur la grande scène Québécor. Beaucoup de Mozart (Les Noces, Don Giovanni…) et des Mélodies françaises (Hahn, Pauline Viardot…), un répertoire qui l’habite naturellement et que la mezzo québécoise a bellement dessiné, avec un tantinet de jeu facial, suffisamment pour suivre les états d’âmes des personnages. Luc Beauséjour a assisté avec toute l’élégance nécessaire. À la fin du récital, tout de même suivi par pas mal de monde malgré les incertitudes météorologiques, Angèle Dubeau a remis un sac rempli de plumes d’oiseaux au pianiste. Il nous a révélé qu’il les utilise pour fabriquer des plectres pour son clavecin (ce qui sert à pincer les cordes de l’instrument), un matériau qu’on utilisait jadis. Juste pour voir la réaction du public qui a ‘’découvert’’ un secret de fabrication caché derrière la musique, la Fête de la Musique valait la peine d’être organisée. 

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