Angèle Dubeau le répète souvent : elle écoute le public. Vous pouvez d’ailleurs l’écouter raconter l’anecdote concernant ce concert de Marc Hervieux, donné sur la scène Québécor, ce dimanche soir à Tremblant. Les gens n’avaient pas eu assez du ténor l’an dernier, alors qu’il était venu présenter la pièce Une voix pour être aimée : Maria Callas, avec Sophie Faucher. C’est vrai qu’il n’y chante que très peu. Et Angèle, toujours sur les lieux et prête à recevoir les commentaires des spectateurs, a bien entendu les nombreuses personnes qui lui ont dit : ‘’c’était très beau, mais on espérait entendre Marc chanter plus souvent!’’. C’était l’an dernier. Cette année, Marc est revenu, avec le mandat de rassasier les festivaliers. Rassasier comme dans ‘’festin’’, et un vrai festin ce fût! Un buffet copieux dans un gros party italien, avec chansons napolitaines (et italiennes et siciliennes, précisons) à profusion, entonnées par un maître de cérémonie dans une forme redoutable. Dès son entrée sur scène, Hervieux a galvanisé la foule, tel un Sinatra à la belle époque du Live at the Sands. Et puis les titres impérissables se sont succédés, Volare, Torna a Surriento, Arrivederci Roma, Parla Piu Piano, Core’n’grato, etc., colorés et délivrés avec la maestria d’un connaisseur. Hervieux est totalement dans son élément ici. Pour chaque pièce, une présentation, simple et agrémentée de traits d’humour qui font mouche. Une heure et demie comme ça, et le public en aurait pris le double, je pense bien. Vous me connaissez peut-être : j’aime les musiques copieuses et complexes, voire exigeantes et même expérimentales. Du coup, vous penserez probablement qu’il s’agissait d’un plateau assez ‘’léger’’ pour mon palais sonore habituel. Je vous répondrai que personne, même pas un drôle d’insecte mélomane dans mon genre, ne peut bouder son plaisir et que, qui plus est, il faudrait être d’une monumentale mauvaise foi pour ne pas reconnaître la perfection absolue de ce genre d’entertainment. Quand c’est fait avec tellement de sincérité, d’authenticité et de générosité, on ne peut que s’incliner devant cette réussite sans faille.
période romantique / pop























