Le duo constitué du pianiste Charles Richard-Hamelin et du violoniste Andrew Wan (également violon solo de l’OSM) n’est plus à présenter. Une dizaine d’années de complicité artistique ont amené ces deux talents individuels et naturels en un diptyque chambriste de tout premier ordre. Les enregistrements de sonates de Beethoven et de Schumann qu’ils ont réalisés sont des démonstrations de musicalité de très haut niveau. On remarque chez Wan, et parfaitement appuyé par Richard-Hamelin, une concentration très appliquée sur le discours et la narration des œuvres. Le jeune homme raconte quelque chose en jouant, ce qui est déjà bien, mais en plus il a quelque chose à dire. Sur la grande scène Québécor de Tremblant, la Fête de la Musique a donné à entendre la première des sonates de Brahms, que les deux musiciens peaufinent depuis quelque temps déjà et qui fera partie du prochain album du duo, consacré au compositeur allemand. On a déjà entendu les deux amis dans ce répertoire, au Festival Classica plus tôt cette année. L’impression avait été bonne, et elle l’a encore été ce dimanche après-midi. La Sonate, dans la tonalité souriante de sol majeur malgré son caractère très intimiste, a été déployée sans effets exagérés, Wan se concentrant sur l’intériorité du propos et sur l’allure posée de l’expressivité. On aurait pu en prendre un peu plus en termes d’affects, sans risque de faire de l’esbroufe, mais on a été néanmoins fortement contentés en termes de beauté instrumentale et de satisfaction esthétique. En complément de concert, pas une autre de Brahms mais plutôt la grande Sonate en la majeur de César Franck. On a trop souvent tendance à assombrir cette œuvre, parce que c’est Franck, parce que malgré le fait qu’il était Belge, on l’associe au germanisme et à un Romantisme touffu et dense. Pourtant, le la majeur implique de la lumière et du sentiment ouvert, un certain épanouissement même. Wan et Richard-Hamelin ont bien saisi cette nécessité, malgré une retenue un peu lente à résorber dans le premier mouvement. Mais le public a été récompensé par un Allegretto poco mosso final plein de candeur et de naturel, parfait accompagnement d’un début d’après-midi généreusement ensoleillé, au pied de la montagne de Tremblant.
période romantique























