Oestrele, Schumann via Trifonov, Berlioz, les cloches…

par Alain Brunet

Pourquoi donc étions-nous attirés par ce programme de l’OSM sous la direction de Rafael Payare?

Pour le ding ou le dong de ses nouvelles cloches fraîchement fondues, intégrées à l’instrumentation de l’orchestre de deux œuvres au programme? Pour certains, cette avancée de l’instrumentation était assurément attractive, on l’a déjà observé chez les médias grand public qui y ont vu un joli teaser journalistique.

Pour d’autres, la motivation d’afficher présent était la promesse du « fantastique » de la Symphonie fantastique d’Hector Berlioz, créée à Paris en 1930. Supérieure à cette Fantastique exécutée aux débuts de Payare avec l’OSM.

Pour les supporters de la nouvelle création, c’était la première mondiale d’une commande de l’OSM au compositeur québécois d’origine allemande Michael Oestrele, d’ailleurs présent à la première exécution officielle de son œuvre ancrée dans la modernité du siècle précédent et aussi marquée par l’intégration de quatre cloches nouvellement acquises ?

Pour les fans de haute virtuosité, la raison d’être là était d’abord l’interprétation par Daniil Trifonov du Concerto pour piano en la mineur, op. 54 de Robert Schumann, créé en 1811. En ce qui me concerne, j’étais là d’abord pour l’écouter. Aujourd’hui âgé de 33 ans, ce musicien d’exception figure sans contredit dans l’élite du piano russe (Evgeny Kissin, 52 ans, Denis Matsuev, 49 ans, Alexander Malofeev, 22 ans, etc.), il éblouit les mélomanes montréalais depuis le printemps de 2019. Ce fut le cas une fois de plus mercredi, grâce et la haute virtuosité : l’attaque, le jeu de pédales, l’articulation exemplaire en haute vélocité, les effets savamment ménagés et déclenchés aux moments opportuns, les explosions dramatiques au troisième mouvement. Trifonov n’hésite pas à mettre sa touche, au risque de transgresser un tantinet la partition et choquer quiconque a déjà en tête une version absolue de l’œuvre ( Argerich, Kissin, Richter, etc). Un bémol important de cette exécution, cependant : le volume trop puissant de l’orchestre pour le soliste dans de courts passages, notamment dans le premier des trois mouvements, Allegro con brio. Des ajustements d’intelligibilité sonore s’imposeront pour la suite des choses, puisque Trifonov remet ça ce jeudi 19 septembre , cette fois avec le Concerto no1 de Beethoven.

Quant à la Symphonie fantastique de Berlioz, on peut affirmer sans am qu’il s’agit d’une des grandes exécutions montréalaises de l’œuvre, en tout cas supérieure à celle que Payare avait dirigée en début de mandat, soit en décembre 2022. On aura eu droit à la version avec cornet solo du second mouvement, Un bal fondé sur une valse et donc d’un rythme ternaire au service d’une mélodie archi-connue depuis deux siècles. Un troisième mouvement assorti d’un dialogue spatialisé entre hautbois et cor anglais. Un cinquième assorti des cloches nouvellement intégrées à l’instrumentation de l’orchestre montréalais.

Chose certaine l’expressivité, l’intelligibilité et la précision étaient au rendez-vous pour cette exécution exemplaire de cette Symphonie fantastique, considérée à l’époque de sa création comme innovante et singulière. Prédisons donc une tournée triomphale de l’OSM en novembre prochain, autour d’un programme similaire.

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