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Le réputé groupe trad Vishtèn sera de la programmation du festival Chants de Vielles, ce samedi soir 4 juillet. Composé d’Emmanuelle Leblanc, Pascal Miousse et Megan Bergeron, ce trio de l’Île du Prince-Édouard se distingue dans le milieu de la musique traditionnelle depuis plus de 25 ans, on peut parler aujourd’hui d’un groupe référence du trad acadien, applaudi pour son groove d’inspiration moderne, pour une attitude que l’on pourrait presque qualifier de rock/americana. Pour l’occasion du festival, PAN M 360 s’est entretenu avec Emmanuelle Leblanc pour discuter de l’évolution de Vishtèn, mais aussi des projets futurs de l’ensemble et de leur concert de samedi à Saint-Antoine sur Richelieu.
PAN M 360 : Merci de prendre le temps de parler avec PAN M 360 aujourd’hui ! D’abord, que signifie Visthèn ?
Emmanuelle Leblanc : Bien, le mot Vishtèn, ça vient d’une chanson traditionnelle de la région Évangéline, qui est à l’Île du Prince-Édouard. C’est une chanson qui a été collectée par un historien, Georges Arsenault, des petits bouts de rituel qui étaient chantés, puis la chanson a été popularisée par Angèle Arsenault, qui est une chanteuse de la région.
Puis, c’est une chanson aussi que mon père, Philippe, qui est un enseignant de musique et enseignant à toutes les élèves de l’école où j’ai été, l’école Évangéline. Pour nous, c’était très significatif. C’est vraiment une chanson qui passe chez nous, une chanson acadienne qui, aussi, est dans une langue inventée. C’est vraiment le mélange de cultures qu’on a à l’île du Prince-Édouard, irlandais, écossais, mi’kmaq, acadien. C’est là où le nom a vraiment pris son origine.
PAN M 360 : Après maintenant 25 ans que vous travaillez ensemble, comment est-ce que vous arrivez à garder ça intéressant? Comment arrivez-vous à vous renouveler un peu dans les albums, dans les performances? Comment est-ce que vous avez vécu ça?
Emmanuelle Leblanc : Je dirais qu’au début du groupe, c’est sûr qu’on était peut-être plus dans des sonorités plus traditionnelles. C’étaient des chansons traditionnelles avec des reels, des gigues qui étaient vraiment plus du coin ou des choses qu’on aimait beaucoup jouer.
On a fait sept albums, c’est sûr qu’avec le temps, il y a eu des évolutions. Je dirais comme la signature sonique du groupe. On avait commencé peut-être avec des instruments plus traditionnels. Au fil du temps, on a fait des enregistrements. On a commencé à intégrer des instruments comme la guitare électrique, la rosette.
Aussi, dans nos arrangements, on évolue comme personne, comme musicien. On a tout intégré ensemble pour faire qu’il y a une évolution dans la musique. On écrit aussi beaucoup de notre propre musique. Maintenant, presque 90 %, je dirais.
Il y a une évolution naturelle pour nous autres. On essaie de pousser les limites de la musique acadienne contemporaine de cette manière-là.
PAN M 360 : Vous avez sorti le mois dernier, un nouveau single intitulé Mont-Carmel. Peux-tu m’en dire un peu plus sur cette nouvelle chanson?
Emmanuelle Leblanc : Oui. C’est ça le nouveau single qu’on a sorti le 20 juin. Mont-Carmel, c’est une chanson qu’on a trouvée dans les archives de ma sœur jumelle, Pastelle, décédée en 2022.
Pastelle était là au tout début de Vishtèn. Puis, à la suite de son décès, on a fait un album qui s’appelait Vishtèn Expansion. On a signé plusieurs de ses pièces en son honneur, avec d’autres artistes. Pour le nouvel album qui s’en vient, le premier single, c’était des archives qu’on avait trouvées sur son téléphone.
Elle avait laissé plus de 150 morceaux chantés ou joués sur différents instruments. Puis, pour Mont-Carmel, c’était évident qu’elle avait déjà quelques enregistrements de commencer avec des idées de mélodies puis de paroles. Avec l’ensemble, on a donc décidé de finir la chanson.
Je pense que c’était surtout significatif parce que c’est un village où moi et Pastel, on a grandi à Mont-Carmel. Megan, qui fait partie du groupe aussi à vécu là-bas, et même chose pour Pascal, qui vit à Mont-Carmel.
C’est un village quand même assez magique dans la région Évangéline à l’île. Un village qui a vraiment du beau monde et où on passe vraiment du beau temps, des couchers de soleil, des partys de musique. C’est cette ambiance-là qu’on a amenée vraiment avec la chanson.
PAN M 360 : Pouvez-vous me parler un peu de l’album derrière ce single?
Emmanuelle Leblanc : On est en train de commencer à sortir des singles pour un album qui va sortir au mois de janvier 2027. On travaille en coproduction avec Erik West-Millette. Je ne sais pas s’il y en a qui le connaissent, mais il a produit plusieurs albums pour Marie-Jo Thério, mais aussi des choses avec Zachary Richard. Il fait partie du groupe Mentana et il a un projet qui s’appelle West Strings. Erik a vraiment une esthétique liée à la musique de la Louisiane, de La Nouvelle-Orléans, puis des différentes rythmiques. On s’est connecté avec lui là-dessus, on a un bon vibe entre nous.
Puis, il y a une autre signature sonique encore qui continue dans l’évolution. Il y a des pièces chantées, l’instrumentation est un peu différente avec les différentes rythmiques. C’est ça qui va être l’ambiance du prochain album qui va sortir.
PAN M 360 : Finalement, que préparez-vous pour samedi? À quoi les gens peuvent-ils s’attendre du concert de Vishtèn?
Emmanuelle Leblanc : Pour ceux qui ne nous connaissent pas, on fait de la musique qui est quand même assez énergique, comme des rythmes, des chansons, des choses qui font danser. On va puiser dans un répertoire qu’on a déjà enregistré sur des albums précédents, mais il y aura aussi du nouveau matériel qui s’en vient.
Ceux qui nous connaissent vont peut-être découvrir de nouvelles choses aussi. On a super hâte de jouer à Chants de vielles. Ça fait déjà quelques fois qu’on y participe.
On a hâte de retrouver tout le beau monde là-bas, voir des spectacles, enseigner un petit peu de musique, voir le beau village. On a super hâte à cette soirée!


















