Présentée le samedi soir 6 juin comme sortie de résidence du dôme de la SAT dans le cadre de l’événement Futurs Antérieurs, Lueurs Quantiques de France Jobin et Markus Heckmann mettait en lumière un espace de perception suspendu, où le dôme devenait un champ d’expérimentation. Sous la Satosphère, l’écoute se déployait dans une spatialisation à plus de 90 haut-parleurs, fragmentant l’air en déplacements imperceptibles.
Le travail sonore de France Jobin, fondé sur une pratique minimaliste qu’elle conçoit comme une sculpture de l’écoute, s’y manifeste dans des micro-événements précis, presque effacés, qui circulent comme des poussières en apesanteur. La retenue devient matière, et le silence un vecteur de tension, structurant un espace où chaque variation d’intensité redéfinit la profondeur.
En réponse, les systèmes visuels de Markus Heckmann génèrent des flux lumineux en temps réel. Brume, faisceaux et ombres y émergent comme des phénomènes instables, immédiatement absorbés par l’obscurité. La lumière n’y dessine pas des formes fixes, mais des états transitoires.
Inspirée par les logiques de la physique quantique et les structures de l’espace architectural, l’œuvre explore des zones d’indétermination où perception et disparition cohabitent sans hiérarchie. Dans cette sortie de résidence, le processus reste perceptible, comme une matière encore en formation.
Sous le dôme, Futurs Antérieurs prend alors une résonance littérale : un futur déjà advenu, encore en train de se déplier dans l’ombre de ce qui n’a pas encore eu lieu.























