Jeudi soir à la Noce, on s’est dirigés vers la scène Télé-Québec pour Enfants Sauvages. Rox Arcand débarque et se met à nous crinquer contre le matricule 728. Des danseuses montent sur scène pour faire des fingers au ciel, comme si la policière destituée était montée en enfer. Puis, comme un cheveu épais sur la soupe, un gars l’arrête dans son élan pour lui demander d’arrêter. Peu de protestations malgré la déception : si plusieurs en profitent pour se ravitailler en bière, beaucoup décident juste d’aller se coucher. Des éclairs silencieux et bien chauds forcent le groupe à se retirer.
Après ce qui m’a paru comme une trentaine de minutes, et un gars de la Baie qui me raconte son voyage en Italie, ça repart. Voir Enfants Sauvages en show, c’est une valeur sûre. Je me suis rappelée l’avoir vue à Casa Del Popolo avec Cornette et les petits trous de balle il y a quelques années. Un gars parlait un peu trop fort. Elle était descendue de la scène et l’avait chassé de la salle en lui criant ses chansons dans la face. Il avait eu peur pour de vrai. J’étais convaincue qu’elle lui cracherait dessus. Rox Arcand donne l’impression d’être dangereuse. C’est bien charmant lorsqu’on est de son bord.
Ils ont le temps de faire quelque chose comme trois tounes, en mode accéléré. Les stunts s’enchaînent : la chanteuse commande un mosh pit de filles. Certains qui essaient de s’y incruster se font violemment bardasser, pousser et kicker par les filles opportunistes qui en profitent pour se défouler. C’est sûr que c’est ben d’adon, comme dirait mon amie jonquiéroise Audrey. La foule et le band semblent s’être mis d’accord: le temps perdu sera racheté.
Il se passe tellement de choses que je ne sais pas où regarder. Les deux basses ajoutent de la dimension au noise des guitares distordues. L’air est saturé de son. La voix est perçante ; on sent Rox Arcand amère d’avoir dû laisser passer quelques gouttes de pluie. Elle nous tend la main dans un geste que je croyais être une poignée de main. C’était plus un ancrage pour se lancer à l’avant en bodysurfing dans la foule clairsemée, les danseuses se frenchent éperdument, et c’est fini. Pas grand band peuvent faire un show de 45 minutes condensé en 15.
Photo: Samuel Snow (@photographie_samuel_snow)






















