Le début de la 93e saison de l’OSM se poursuivait en grand mercredi soir avec le retour d’un invité de marque en la personne du pianiste chinois Lang Lang. La popularité du pianiste n’est pas à démentir au vu de la présence qu’il y avait dans la Maison symphonique.
En effet, très peu de sièges vides étaient visibles dans l’enceinte de la salle de concert que ce soit du parterre au balcon, et surtout dans le chœur qui avait été ouvert pour l’occasion et qui était rempli en totalité! Une vue plus qu’imprenable sur les mains de l’interprète.
Pour beaucoup, dont celui qui écrit ces lignes, Lang Lang leur a été présenté lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Beijing en 2008. Figure de proue de la musique et un de ses ambassadeurs les plus influents au monde, celui qui, à treize ans, remportait le Concours international Tchaïkovski des jeunes artistes, joue avec une dégaine désinvolte ainsi qu’avec une intensité et une fougue digne du caractère qui anime l’œuvre dont il était le soliste, le Concerto pour piano no 5 de Beethoven appelé « L’empereur ».
Dès l’ouverture qui place le piano à l’avant-plan avec de larges cadences ornementales, Lang Lang a martelé les touches avec vigueur dans une envolée spectaculaire, poussant l’instrument à son maximum, faisant pratiquement résonner l’ivoire du clavier. Le deuxième mouvement a amené un contraste frappant avec le premier par ce tapis de cordes absolument éthéré et mélancolique auquel se greffe le piano. Autant Lang Lang martelait avec intensité les touches dans le premier mouvement, autant dans le deuxième, son toucher était d’une des plus grandes délicatesses. Une des grandes qualités palpables dans la technique et le jeu de Lang Lang est son contrôle des nuances et des dynamiques qu’il arrive à se faire manifester dans un naturel et avec des couleurs absolument impeccables. Cet effet était bien présent dans le deuxième mouvement, mais très apparent dans le premier ou l’enchaînement des nuances fortes vers pianos entre l’orchestre et le soliste s’imbriquait parfaitement. La communion et la communication entre le soliste, le chef et l’orchestre étaient naturels, notamment dans ce duo avec les timbales qui va en decrescendo vers un des silences les plus absolus avant d’entamer, attacca le dernier mouvement flamboyant.
Dès la dernière note, il a reçu des applaudissements sonores et nourris du public, digne des plus grands rocks-stars. Après au moins 5 minutes d’applaudissement, il a gratifié le public de non pas un, mais de deux rappels, soit la Consolation no 2 en mi majeur de Liszt et la « Danse rituelle du feu » extrait du ballet El amor brujo de Manuel de Falla. Il aura fallu à la fin de cette pièce qu’il prenne amicalement par le bras Andrew Wan, premier violon de l’orchestre, pour signifier au public, qui en aurait demandé, qu’il fallait passer à l’entracte.
Le concerto était précédé de l’Ouverture no 2 de la compositrice allemande Emilie Mayer, au style beethovénien consommé et a été succédé par une représentation sonore des paysages scandinaves de la Finlande de Jean Sibelius avec sa Deuxième symphonie.
L’OSM et Rafael Payare récidivent jeudi soir le 24 septembre avec un programme reprenant ces deux œuvres avec comme grande pièce soliste, le Concerto pour orgues, timbales et orchestre de Francis Poulenc avec Jean-Willy Kunz aux commandes du grand orgue Pierre-Béique.
crédits photo : Antoine Saito























