Akurion : un album fait avec cœur

Entrevue réalisée par Christine Fortier

Akurion s’est d’abord manifesté en 2015 sur un CD promotionnel comprenant la chanson Yet Ye See Them Not. Les années ont ensuite passé sans qu’on sache si le groupe verrait le jour. On sait maintenant qu’entre la formation d’Akurion en 2012 et la sortie de Come Forth to Me le 10 avril 2020, les membres fondateurs, le guitariste Rob Milley (Neuraxis, Necrotic Mutation) et le chanteur Mike DiSalvo (Come Cluster Void, ex-Cryptopsy) ont vécu des deuils. Il faut dire aussi que les autres musiciens de ce supergroupe, le bassiste Oli Pinard (Cryptopsy, Cattle Decapitation, Vengeful) et le batteur Tommy McKinnon (Conflux), ne se tournent pas les pouces.

Genres et styles : metal

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PAN M 360 : Come Forth to Me a été enregistré avant le décès de personnes importantes pour vous. Mike, ta femme est décédée, et Rob, ton père aussi. Comment vous sentez-vous à faire la promotion de cet album?

Mike Di Salvo : Ce qui est passé est passé et je vis dans le présent. Quand j’écoute cet album, il me parle de force et de persévérance. Ensemble, on a réussi à le faire malgré tout qui est arrivé, et quand je l’écoute, je peux dire que j’en suis satisfait.

Rob Milley : Je ne pourrai jamais me mettre à la place de Mike et lui se mettre à la mienne, mais en gros, l’album représente un moment dans nos vies malheureusement marqué par des événements tristes. Maintenant que l’album est sorti – et je parle seulement pour moi – c’est comme si ça mettait une conclusion à tout ce que j’ai vécu en le faisant. Je suis content qu’il soit terminé, maintenant je peux passer à autre chose.   

PAN M 360 : Si on dit qu’un album capte un moment précis dans le temps, avez-vous l’impression que Come Forth to Me est toujours actuel puisque vous avez commencé à y travailler en 2012 et qu’on est en 2020?

Mike : L’album reste frais à mes oreilles même si on l’a commencé en 2012. Je pense que ça montre bien la confiance que j’ai en ce disque et ses chansons. Quand je l’écoute, il n’y a pas un moment où j’ai envie de sauter une chanson. Le disque a été construit grâce une amitié. On l’a écrit collectivement même si Rob et moi avions déjà des idées avant l’arrivée des deux autres (N.D.L.R. : le bassiste Oli Pinard et le batteur Tommy McKinnon), mais au bout du compte, c’est le produit du travail de quatre personnes et l’album qui en résulte reste encore très très frais.

PAN M 360 : Aviez-vous un objectif quand vous avez commencé à travailler ensemble?

Rob : Au début, c’était juste Mike et moi. On voulait juste faire de la musique ensemble. Juste pour le plaisir de la création, pas pour se faire un nom ou quoi que ce soit du genre. On voulait juste créer de la musique ensemble parce qu’on est des amis depuis longtemps et qu’on avait déjà « jammé » ensemble avant. Juste pour le plaisir, pas vrai, Mike?

Mike : Oui, c’était pour l’amour de la musique. Rob arrivait avec des chansons qui étaient déjà pas mal complètes et moi, j’ajoutais quelques paroles. On a assemblé le tout et voilà où ça nous a menés.

PAN M 360 : Vouliez-vous explorer un style précis de musique ou simplement y aller comme ça venait?

Mike : Tout ce qui est sur l’album a été conçu tel qu’on l’entend. On ne voulait pas quelque chose de préfabriqué, pas de la musique à numéros. On voulait quelque chose de techniquement solide, mais aussi qui puisse amener les chansons dans différentes directions. Ces chansons ont été écrites pour nous. C’est le point de départ, mais on voulait également développer le son et amener les gens vers des territoires inattendus. Je pense que nous y sommes arrivés.

Rob : On a passé 4-5 ans à prendre notre temps, comme dit Mike. On l’a fait pour nous. Comme on n’avait pas d’échéance, on ne se sentait pas obligés de terminer quelque chose pour risquer de le regretter ensuite. On a pris tout le temps dont on avait besoin et c’est pour ça qu’on peut dire qu’on est très, très satisfaits.

PAN M 360 : Vous auriez pu travailler sur les chansons 5 ans de plus! 

Mike : C’est vrai ! (rires)

PAN M 360 : Qui vous a dit d’arrêter?

Rob : Ç’aurait pu être nous. En fait, quand ç’a été presque terminé, on l’a senti. On peut dire que ces chansons sont maintenant terminées. Tu nous as demandé si nous avions un objectif? L’un d’eux était d’enregistrer l’album avec tous les musiciens dans la même pièce. Un peu comme ça se faisait avant, de sorte que lorsqu’on écoute l’album, on peut sentir l’énergie humaine. Je ne veux pas avoir l’air d’un mystique, mais on sent que ce sont des êtres humains qui jouent les chansons. Pas comme souvent d’aujourd’hui où tout est enregistré sur ordinateur et ensuite séparé et où ça sonne très robotique. 

PAN M 360 : Ma chanson favorite est Souvenir Gardens. C’est votre chanson la plus cinématographique.

Mike : Je pense que c’est en grande partie grâce au talent et à la générosité de Luc Lemay (Gorguts). On a contacté Luc parce qu’on est de grands fans de son travail. Il était aussi très motivé et désireux de travailler avec nous. Quand on a entendu le résultat de ses efforts, ça nous a soufflés! On ne s’attendait pas à être si agréablement surpris. Elle est très cinématographique en effet et cadre bien avec les autres chansons lorsqu’elle devient plus pesante. C’est une combinaison parfaite.

PAN M 360 : Les premières chansons de l’album reflètent ce à quoi je m’attendais d’Akurion. Puis arrive Souvenir Gardens qui montre qu’Akurion est bien davantage.

Mike : C’est ce qu’on voulait. On voulait faire voyager les gens avec cet album. On voulait que ce soit une expérience qui amène quelque chose de nouveau. Mais quand on faisait l’album, on ne pensait pas à ce que les gens allaient en penser. C’était plutôt, on veut avoir tel paysage sonore, le genre d’album qui nous projette dans toutes sortes de directions inattendues. Et puis, évidemment, quand tout a été fait, on a commencé à se dire : « espérons que les gens seront prêts à nous suivre dans ces directions-là ».

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