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La série VoixMonde qui se déploie au 9e étage du centre Eaton à Montréal amorcera sa saison 26-27 avec une rencontre fascinante : celle des traditions musicales du Rwanda, portées par le chant et un instrument que l’on connaît encore peu, l’inanga. C’est le musicien, conteur, compositeur Deogratias ‘’Deo’’ Munyakazi qui présentera cette riche culture dont nous ignorons encore à peu près tout en Occident. La région des Grands Lacs africains, comme on l’appelle aussi, et qui comprend également le Burundi et l’est de la République démocratique du Congo dans cette famille culturelle, ainsi que l’Ouganda, ne peut se résumer au seul génocide rwandais et aux conflits qui ont suivi, et se poursuivent encore. J’ai rencontré l’artiste basé à Montréal.
PanM360 : Pouvez-vous vous présenter ?
Deo Munyakazi : Je m’appelle Deo Munyakazi, je joue de l’inanga, qui est un instrument de musique traditionnel rwandais. J’ai choisi de jouer de l’inanga juste pour faire partie du mouvement de redécouverte de l’inanga, car il était en train de disparaître. Ma génération ne s’intéressait pas à jouer de cet instrument. Alors, j’ai simplement pris mon temps et je suis allé suivre une formation avec le maestro Mushabizi (Jean-Marie Vianney Mushabizi).
PanM360 : Venez-vous d’une famille musicale ?
Deo Munyakazi : Oui, beaucoup de membres de ma famille sont aussi musiciens, comme mon frère, Esther, et aussi mon arrière-grand-père. On m’a dit qu’il était chanteur.
PanM360 : Quelle est l’importance de l’inanga dans la culture rwandaise ?
Deo Munyakazi : Nous avons de nombreux instruments différents, des instruments traditionnels, mais l’inanga, je peux dire que c’est le premier instrument qui représente la culture rwandaise. Autrefois, il était joué lors de cérémonies et de célébrations, également au palais du roi. Il y avait quelqu’un qui jouait de l’inanga pour réveiller le roi le matin et aussi pour l’aider à s’endormir lorsqu’il allait se coucher.
Ainsi, l’inanga joue un rôle très important dans la culture rwandaise car c’est un instrument qui était utilisé pour transmettre différents messages tels que la paix, l’humanité, le bien-être, la culture. L’inanga porte la transmission du message dans la culture rwandaise. En réalité, il n’est pas seulement joué au Rwanda mais aussi au Burundi.
Mais les inangas du Rwanda et du Burundi sont un peu différents parce que quand nous jouons de l’inanga et chantons, nous chantons un peu plus fort pour que tout le monde puisse écouter ce que nous disons. Au Burundi, quand ils jouent, ils chuchotent. J’ai entendu dire qu’ils ne veulent pas que quelqu’un de l’extérieur écoute ce qu’ils disent.
L’inanga est joué au Rwanda et au Burundi, et aussi un peu en Ouganda. Mais surtout, le Rwanda et le Burundi sont les plus connus pour l’inanga. À cause de ma génération, j’étais intéressé par différents styles.
PanM360 : Qu’est-ce qui vous a amené à Montréal ?
Deo Munyakazi : Je suis venu à Montréal il y a quatre ans. Je suis juste venu pour jouer de la musique et faire du réseautage, découvrir de nouvelles choses et faire passer mon inanga au niveau supérieur et faire connaître davantage cet instrument. Parce que l’inanga n’est pas aussi bien connu que d’autres instruments africains, comme la kora. Je suis ici pour présenter ma musique, pour introduire l’inanga et pour faire découvrir aux Canadiens la diversité de notre culture à travers la musique.
PanM360 : Que ressentez-vous à l’idée de jouer dans ce lieu, le 9e étage du Eaton Center, qui est prestigieux et ressemble beaucoup à une salle de bal sur le Titanic..?
Deo Munyakazi : Jouer dans ce lieu, je suis vraiment, vraiment excité parce que je suis avec un grand musicien (Ziya Tabassian). Nous avons un bon groupe. Je suis donc très heureux de rencontrer de nouvelles personnes, de rencontrer leur public et de jouer de la bonne musique.
Je suis sûr qu’ils vont apprécier. Nous avons beaucoup répété, mis tout en ordre et tout va bien. Ce que je peux dire, c’est de dire à tout le monde de venir.
PanM360 : Avez-vous d’autres projets à venir ?
Deo Munyakazi : Je collabore toujours avec différents musiciens mais je pense enregistrer un EP et assister à différents concerts de festivals de musique, des concerts solo, duo, trio et tout type de musique où il y a des concerts. Je suis ici avec mon instrument. Alors, les gens du Canada, ils vont me voir dans de nombreux festivals.
Je peux dire que j’ai sorti un premier album en 2020, avant d’arriver à Montréal. L’album s’appelle Isoko Dusangiye, ce qui signifie notre source commune. Je voulais juste dire aux gens de revenir à leurs racines et de ne pas oublier d’où ils viennent. Vous pouvez trouver ma musique sur Amazon, Spotify, partout et écouter ma musique en streaming.
PanM360 : Merci et tous mes vœux de réussite























