Erick D’Orion mène une carrière musicale avant-gardiste/expérimentale depuis une trentaine d’années. Son univers est celui du bruitisme, de la sculpture sonore, de l’avant-rock et le croisement oécuménique de ces tendances et plus encore. En 2025, le Montréalais a participé à une résidence de création au Centre d’expérimentation musicale (CEM) situé à Saguenay (arrondissement de Chicoutimi). Hors Montréal, le CEM est peut-être le lieu de diffusion de musiques d’avant-garde le plus important au Québec.
D’Orion a pu profiter de la participation de musiciens de la région, qui y sont toujours basés ou non. Mes fantômes fait référence aux échos et influences plus ou moins conscientes qui nous habitent. C’est le cas des artistes en musique qui sont constamment habités par des apprentissages, des influences stylistiques, etc.
D’Orion a donc construit un parcours de trois compos dans lesquelles s’entrelacent viscéralement les tropes habituels de sa musique, mais aussi les caractères personnels des musiciens avec lui. Ces ‘’spectres’’ apparaissent ici et là dans la musique, de la trompette bigarrée de Nicolas Gobeil, à la guitare scintillante de Michel Potiron.
Alors que Spectres est une longue mais excitante discussion entre diverses visions de la musique d’avant-garde, harnachant l’avant-rock, le drone bruitiste et l’ambiance cinématographique, Ectoplasme offre une intense virée tarantinesque sur fond de pulsation surf/métal, et survolée d’une trompette inspirée de Dick Dale (Misirlou). Un condensé d’énergie d’une dizaine de minutes franchement tripant.
La dernière plage s’intitule Traces et surprend d’entrée de jeu avec une pulsation groove qui laisse entrevoir quelque chose de vaguement commercial. Que nenni. Les changements de couleurs, de styles (ou les traces) s’enchaînent et et viennent détruire cette première impression, bien que le résultat final de cette compo de quelque 17 minutes soit remarquablement accessible, pour qui veut bien se laisser porter par le déferlement intuitif qui en résulte.
On un passage de Prog fioriste, qui aurait pu être écrit pour Harmonium, suivi d’une attaque de rock pesamment appuyée, sur laquelle la trompette lyrique vient draper comme un supplément d’âme angélique. Une sorte de drone ambient, étrangement mélodique et parcouru d’ondoyances synthétiques, apporte ensuite un contraste frappant, mais bénéfiquement complémentaire, avant de laisser les deux dernières minutes entonner une ritournelle déjantée faite d’ostinatos de synthé qui évoquent Super Mario, de guitare bondissante et répétitive, d’occasionnelle trompette dialectique et de percus insistantes.
Mes fantômes est un album d’avant-rock/musique contemporaine/actuelle pour tous ceux et celles qui pensent ne pas aimer ça.
Le lancement de l’album aura lieu ce soir, 1er octobre, à La Chapelle Scènes contemporaines à l’occasion du festival Québec Musiques Parallèles.
Stéphane Beaulieu basse électrique
Marie-Pierre Brasset synthétiseurs Moog Grandmother & Moog Matriarch
Émile Boucher Cloutier percussions
Réal Gagnon batterie
Nicolas Gobeil trompette
Michel Potiron guitare électrique
Érick d’Orion direction, composition et électroniques






















