MUZ 2026 | Jour 1 : Du Brésil aux Balkans en passant par Drummondville

Entrevue réalisée par Sandra Gasana

renseignements supplémentaires

Dès la première journée des vitrines de MUZ, nous aurons droit à une diversité de profils artistiques, allant de musique instrumentale brésilienne réimaginée par Galamba, guitariste, bassiste et compositeur brésilien au trio qui rend hommage aux plantes à travers leur violon, accordéon et bandolim comme le fait si bien L’Herbier. Et entre les deux, de la musique indie-folk-trad signée Paruline, un extrait de « Diversistas », le projet prônant la sororité et la diversité conçu par Pascale LeBlanc, sans oublier le Franco-Albertain aux origines rwando-allemandes Sympa César et Trüko, qui est passé de duo, à trio avant d’en arriver à la formule quintette qu’ils nous présenteront le 1er octobre. Bref, on sait déjà que nous allons voyager musicalement tout en découvrant des univers variés.

Cette année, le tiers des formations sont des groupes de musique instrumentale et nous en découvrirons trois lors de cette première soirée du 1er octobre.

Galamba, qui a longtemps accompagné plusieurs artistes brésiliens et venant des quatre coins du monde à la guitare et à la basse, a décidé de lancer son tout premier album Galamba en 2025. Ce qui a commencé comme un projet de recherche s’est rapidement transformé en projet de composition de musiques instrumentales aux influences brésiliennes en réimaginant des rythmes brésiliens avec une approche plus contemporaine en dialogue avec la musique jazz, funk, rock. « J’avais envie de pouvoir créer des choses qui ne sont pas dans un cadre », explique-t-il. « J’avais envie de faire un projet qui réunissait toutes mes expériences. » Et c’est ainsi que son album est né et il présentera quatre chansons de cet album en formule quartet, avec clavier, percussions et batterie. Ne pouvant pas choisir entre la guitare et la basse, Galamba va jouer les deux instruments sur scène, passant parfois de l’un à l’autre dans le même morceau. « Ce genre de vitrines, au moins les gens sont là pour voir une partie de ton spectacle. On vit dans un moment où il y a tellement de bruits, c’est difficile d’avoir l’attention des gens. Donc MUZ sera une bonne opportunité pour que les gens voient ce que je fais », affirme-t-il.

L’Herbier fait également partie des groupes instrumentaux qui se présenteront lors de cette première journée. Même si l’instigatrice du projet, Laetitia Francoz-Lévesque aime chanter et fait les choeurs dans plusieurs autres projets, pour ce projet-ci, elle a préféré se limiter au violon. En effet, elle a participé à MUZ à plusieurs reprises, que ce soit avec le groupe Syroko ou encore en accompagnant Li Kouri ou Charles Cantin. Mais cette fois-ci, c’est sa passion pour les plantes médicinales et l’herboristerie qui l’a poussée à se lancer dans ce projet L’Herbier. « Ça fait quelques annés, j’ai étudié plus sérieusement les plantes, j’ai été exposée, j’ai commencé à récolter les plantes, à les consommer. C’est fou comment elles ont toutes des personnalités différentes, des odeurs, des apparences, des goûts différents. C’est tellement fascinant que je me suis dit que j’allais leur composer des pièces de musique », nous confie-t-elle. Grâce à une subvention du Conseil des arts de Montréal, ce trio a pu enregistrer leur premier album en septembre 2025, mêlant des influences de musique venant d’Europe principalement, de la musique française, les sonorités des Balkans, des rythmes grecs, entre autres. « On s’est fait dire qu’on a une musique cinématographique. Une mélodie dans laquelle on part en voyage, très imaginatif », nous partage-t-elle. Ces plantes sont aussi associées à des lieux que Laetitia a visité durant ses voyages, notamment en Bulgarie, pays de la rose, ce qui lui a donné l’envie de composer une musique de danse bulgare pour cette fleur.

Le troisième groupe instrumental de la soirée sera Trüko, formé par un duo de guitaristes et compositeurs, Mathieu Langlois et Michaël Cotnoir, auquel se sont rajoutés les percussions mais pour MUZ, ils nous préparent une formule quintette avec clarinette et chant. Mathieu a longtemps étudié le flamenco alors que Michaël était plutôt dans le jazz manouche. Après des années à jouer des répertoires venant de leurs univers respectifs, ils se sont décidés à lancer leur projet mêlant jazz manouche, la musique des Balkans, d’Espagne et de France. « Notre formation avec clarinette et chant commence à se solidifer. On a une bonne idée de ce qui s’en vient pour nous », nous partage Mathieu, même s’ils gardent les langages et les codes du flamenco avec l’ajout du chant et des palmas, avec des percussionnistes qui connaissent le langage flamenco.

Vous vous demandez donc pourquoi c’est considéré comme groupe instrumental alors qu’il y aura du chant ? « Ici, on traite le chant comme un instrument. Les paroles sont dans les mélodies, c’est du langage traditionnel, il y a des mots, des lettras, mais pas vraiment des textes. Donc, c’est un band de musique instrumentale, mais on traite le chant comme un instrument », nous explique Michaël.

En ce qui concerne les projets incluant le chant, figure le projet de Pascale LeBlanc « Diversistas », né de la contraction entre diversité et sistas. Parti d’une envie de vouloir co-créer avec des femmes artistes montréalaises issues de l’immigration, Pascale LeBlanc, qui est autrice-compositrice-interprète et artiste entrepreneure, a voulu rassembler douze artistes dans un même projet. « Toutes les femmes ont leur carrière solo, on vit les mêmes réalités et au lieu d’attendre qu’on nous appelle, pourquoi ne pas provoquer l’événement? », s’est-elle demandé. Et c’est ainsi qu’est né « Diversistas » dont un extrait sera présenté lors de cette première soirée MUZ. Née à Montréal et ayant vécu en Haïti les 10 premières années, elle a d’abord commencé avec le piano avant de se tourner vers la guitare plusieurs années plus tard. « Pour moi, la guitare était un monde inconnu. A la guitare, c’était une liberté totale artistiquement. C’était cette liberté qui me convenait beaucoup », affirme-t-elle. Après un premier album paru e 2022 intitulé « Entre l’érable et le cocotier », qui décrit bien son identité, elle s’était prouvé qu’elle était capable de réaliser un album du début à la fin.

Avec « Diversistas », ce projet a deux volets : le volet album et le volet cabaret. « Pour le cabaret, mon idée c’est qu’au fur et à mesure que le projet avance, il y a un noyau de musiciennes, comme un house band avec quatre musiciennes incluant moi, mais j’aimerais que le spectacle se renouvelle en invitant de nouvelles artistes à chaque fois », nous dit-elle, tout en gardant les deux thématiques clés de ce projet à savoir la sororité et la diversité.

Une belle découverte pour moi est sans aucun doute Sympa César, que je ne connaissais pas du tout. Et cela s’explique peut-être par le fait que ça fait juste cinq ans qu’il vit au Québec. Originaire d’Alberta, né d’une mère rwando-allemande, il a baigné dans la communauté francophone d’Alberta et a pu ainsi bénéficier de beaucoup de soutien dédié aux artistes francophones. « J’ai eu des opportunités pour faire des spectacles un peu partout dans les provinces hors Québec, parce qu’il y a beaucoup de connexions au sein des différentes communautés francophones hors Québec ». La prochaine étape de sa carrière musicale était de venir au Québec après être passé par l’École nationale de la chanson de Granby. Il est passé par le festival de Granby, ce qui lui a permis de se faire connaitre et c’est de là que tout est parti. Pour MUZ, il nous présentera quelques chansons du projet « FLUID•e », qui a pour but d’explorer les différentes incarnations de l’amour, mais également des morceaux de son ancien projet Quand on s’appelle Sympa. D’ailleurs, quand on lui demande s’il ressent de la pression de devoir toujours être « sympa » dans la vie de tous les jours, il répond : « Quand j’étais plus jeune, j’avais de la colère avec ce nom. Ça a été parfois difficile mais je réalise que c’est un don, c’est intéressant et ça s’oublie très difficilement. J’ai dû réconcilier cette partie de moi, qui n’aimait pas se faire dire que je ne pouvais pas avoir ces émotions. Je suis allé trouver la lumière dans les parties qui sont plus difficiles, plus sombres », nous confie-t-il. Dans sa musique principalement inspirée de soul, il mélange parfois l’anglais et le français surtout sur les chansons de son premier EP, mais ça reste fluide.

Pour terminer, l’indie-folk-trad sera à l’honneur cette année à travers le projet de Paruline, porté par Charles Labrèche, qui a une formation en piano classique, mais qui a été initié au violon et à la guitare. Il a également évolué dans le milieu de la danse, notamment au sein de la troupe de danse Mackinaw à Drummondville, venant d’une famille de musiciens et de danseurs traditionnels. « Durant la pandémie, je voulais créer de manière plus personnelle. C’est là qu’est venu le brouillon de Paruline. Détenteur d’un baccalauréat en ethnologie à l’université Laval et passionné des récits sur l’Amérique française, il a toujours été fasciné par l’histoire et les traditions orales et s’inspirait des légendes, soit en racontant des histoires inventées dans sa musique ou en réinterprétant des chansons de manière originales.

Pour MUZ, il prévoit de présenter que des compositions originales tirées de son premier album À ceux qui veillent sorti le 17 octobre 2025 et il sera à la guitare avec quatre autres musiciens. Sa participation aux Francouvertes fin 2023 a marqué un tournant dans sa carrière et depuis lors, tout est allé très vite. Il a donc contacté plusieurs amis musiciens qu’ils connaissaient qui ont embarqué dans l’aventure. Sur scène, il n’y aura pas de danse cette fois-ci à cause des limitations de temps mais c’est un volet qu’il rajoute parfois à ces concerts.

« Cet album a bien rayonné pour un premier album. On a fait le cabaret festif à Baie-St-Paul, on a fait pleins de spectacles. On a même une nomination à l’Adisq, aux côtés de groupes comme Vent du Nord », nous apprend-il.

Bref, une brochette d’artistes aux univers multiples et variés qui sauront nous surprendre par le métissage de leur musique dans tous les sens du terme. Une soirée qui promet!

Publicité panam

Tout le contenu 360

Palais Montcalm | Joep Beving, d’abord l’imagination et la réflexion

Palais Montcalm | Joep Beving, d’abord l’imagination et la réflexion

MUZ 2026 | Jour 3 : Dernière escale musicale entre Méditerranée, Amériques et Afrique

MUZ 2026 | Jour 3 : Dernière escale musicale entre Méditerranée, Amériques et Afrique

SAT / Making Time | Olof Dreijer, au-delà de The Knife… le bâton, le tambour, l’immersion

SAT / Making Time | Olof Dreijer, au-delà de The Knife… le bâton, le tambour, l’immersion

MUZ 2026 | Jour 2: De l’inanga à la trompette, en passant par le slam

MUZ 2026 | Jour 2: De l’inanga à la trompette, en passant par le slam

QMP 2026 | Quatuor Bozzini joue les quatuors d’un pilier du jazz d’avant-garde : George Lewis

QMP 2026 | Quatuor Bozzini joue les quatuors d’un pilier du jazz d’avant-garde : George Lewis

Palais Montcalm | Alain Lefèvre joue Consolation

Palais Montcalm | Alain Lefèvre joue Consolation

Les concerts ‘’Apportez votre vin’’ du Quatuor Voxpopuli : là où l’écoute sérieuse se fait dans le plaisir

Les concerts ‘’Apportez votre vin’’ du Quatuor Voxpopuli : là où l’écoute sérieuse se fait dans le plaisir

MUZ 2026 | Jour 1 : Du Brésil aux Balkans en passant par Drummondville

MUZ 2026 | Jour 1 : Du Brésil aux Balkans en passant par Drummondville

MUZ 2026 | Le métissage musical, une histoire de rencontres

MUZ 2026 | Le métissage musical, une histoire de rencontres

Pop MTL | 3 derniers musts pour dimanche et lundi

Pop MTL | 3 derniers musts pour dimanche et lundi

Sharon est (aussi) Jazz!

Sharon est (aussi) Jazz!

Janina Fialkowska : pour la première fois à la Maison symphonique… le temps de dire adieu

Janina Fialkowska : pour la première fois à la Maison symphonique… le temps de dire adieu

Pop MTL 2026 | 3 musts pour le samedi 26 septembre

Pop MTL 2026 | 3 musts pour le samedi 26 septembre

De son Mirador, Jean-Michel Blais jette un regard tendre sur l’enfant en nous

De son Mirador, Jean-Michel Blais jette un regard tendre sur l’enfant en nous

Avec Gracias, Shimita El Diego remercie la vie!

Avec Gracias, Shimita El Diego remercie la vie!

Oper’Actuel, spectacle principal: sédimenté, riche, éclectique, divertissant

Oper’Actuel, spectacle principal: sédimenté, riche, éclectique, divertissant

POP MTL 2026 | 3 musts pour le vendredi 25 septembre

POP MTL 2026 | 3 musts pour le vendredi 25 septembre

POP MTL 2026 | 3 musts pour le jeudi 24 septembre

POP MTL 2026 | 3 musts pour le jeudi 24 septembre

Oper’Actuel | « La vie de chacun mérite d’être un opéra » : Rebecca Gray au coeur du chaos quotidien

Oper’Actuel | « La vie de chacun mérite d’être un opéra » : Rebecca Gray au coeur du chaos quotidien

POP MTL 2026 | 3 musts pour le mercredi 23 septembre

POP MTL 2026 | 3 musts pour le mercredi 23 septembre

Opér’actuel | Du deuil naît la création, le cheminement de Rachel Krehm à travers son opéra Come Closer

Opér’actuel | Du deuil naît la création, le cheminement de Rachel Krehm à travers son opéra Come Closer

Mois du Créole 2026 | Rebecca Jean, la « femme-pieuvre » en pleine ascension

Mois du Créole 2026 | Rebecca Jean, la « femme-pieuvre » en pleine ascension

POP Montréal,  25 ans de vision artistique et de débrouillardise

POP Montréal,  25 ans de vision artistique et de débrouillardise

Mois du Créole 2026 | David Bontemps, entre piano et héritage de Dessalines

Mois du Créole 2026 | David Bontemps, entre piano et héritage de Dessalines

Inscrivez-vous à l'infolettre

Inscription
Infolettre

« * » indique les champs nécessaires

Type d'abonné