Lorsque j’ai appris qu’André Benjamin, célébrissime André 3000 de l’excellent groupe Outkast, faisait dans le new-age au terme d’une beaucoup trop longue accalmie (17 ans!) , j’ai fait la moue. Ah ouin?! La montagne accouche d’une souris. Et j’ai procrastiné avant de découvrir ce probable mélange à soupe Lipton, dont l’objet est de donner un soupçon de saveur au bain flottant. Je m’y suis finalement trempé les orteils et voici le verdict un peu tardif. Cet album est ambient, très planant, construit sur un minimum de variations harmoniques étalées sur des synthétiseurs modulaires, assorti de percussions réelles ou échantillonnées, ficelé par des mélodies émanant de flûtes de bois, claviers, guitares ou encore d’une patente à gosse électronique faite sur mesure pour le soliste. Mais… c’est crissement bon! Ces fresques saisiront assurément tous les férus de mantras musicaux, dont 6 sur 10 varient entre 10 minutes et 15 seconde et 17 minutes et 11 secondes. Ça s’inscrit ici dans la lignée du jazz ambient à la Jon Hassell et aussi dans les prières saxophonistiques de feu Pharoah Sanders. On ne se lasse pas de méditer sur ces motifs d’inspiration soul jazz, non sans rappeler les maqams orientaux ou ragas indiens destinés à épurer et élever l’esprit.
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