Le Livre des Reines, création originale de la chanteuse lyrique persanophone Camille Bordet, fait dialoguer des œuvres féminines de la Perse et de l’Europe, d’aujourd’hui et d’hier. Poétesses, compositrices, héroïnes, mystiques et penseuses, leurs paroles franchissent les siècles pour rejoindre notre présent. L’artiste française au parcours atypique les fait surgir comme des présences vivantes qui interrogent encore notre rapport à l’amour, à la mémoire, à la liberté et à la transmission, nous rappelant que les histoires oubliées continuent d’habiter le monde, attendant simplement d’être écoutées.
La soirée s’ouvre comme on franchit le seuil d’un éden, avec la création Le Jardin des Roses des artistes montréalais Juulie Rousseau et Saeed Kamjoo. Des vers de Saadi, Rûmî et Hafez aux pages du Petit Prince et de Charles Baudelaire, la rose apparaît comme un fil invisible reliant les mondes. Fleur de beauté autant que de perte, elle révèle les élans de l’amour, les blessures de la séparation et les métamorphoses de l’être.
Cette double soirée révèle les liens profonds qui unissent des traditions que l’histoire a trop souvent séparées. Les textes persans répondent aux répertoires anciens européens, les traditions orales rencontrent la création contemporaine, et les imaginaires se croisent sans renoncer à leur singularité.
Avec Camille Bordet et Habib Hosseini au chant (ainsi que Juulie Rousseau dans la première partie), Saeed Kamjoo au kamancheh, Madeleine Owen au luth et au théorbe, Maryam Tazhdeh au tar, Sheila Hannigan au violoncelle et Hamin Honari aux percussions, chacun apporte la mémoire de son instrument, la profondeur de sa tradition et la sensibilité de son parcours. À cet ensemble s’ajoute, dans la première partie, la derviche tourneuse Shraddha Danielle Blaney, dont le mouvement circulaire incarne visuellement cette quête d’absolu. Ensemble, ils composent un univers musical et chorégraphique où l’écoute devient le premier geste de création et où les voix s’entrelacent dans les dédales de la différence.
Les deux créations se rejoignent dans une grande finale, partageant avec le public un moment de communion et de générosité, et fusionnant tous les temps dans un même espace de résonance. Dans cet instant suspendu, la Perse et l’Occident n’écrivent plus seulement un dialogue : ils s’offrent un récit vivant, un poème épique en l’honneur de la rencontre de leurs passions les plus créatives.
Le Livre des Reines, an original creation by French Persian-language classical singer Camille Bordet, brings together works by women from Persia and Europe, spanning past and present. Poets, composers, heroines, mystics, and thinkers— their words transcend centuries to speak to our time. Through her unconventional artistic journey, the French artist brings these voices to life as living presences that continue to challenge our understanding of love, memory, freedom, and transmission, reminding us that forgotten stories still inhabit the world, waiting simply to be heard.
The evening opens like stepping into an Eden, with Le Jardin des Roses, a creation by Montréal-based artists Juulie Rousseau and Saeed Kamjoo. From the verses of Saadi, Rumi, and Hafez to the pages of The Little Prince and the works of Charles Baudelaire, the rose emerges as an invisible thread connecting worlds. A flower symbolizing both beauty and loss, it reveals the intensity of love, the wounds of separation, and the transformations of the human spirit.
This double bill reveals the profound connections between traditions that history has too often kept apart. Persian texts enter into dialogue with early European repertoires, oral traditions meet contemporary creation, and diverse imaginations intertwine without losing their distinct identities.
Featuring Camille Bordet and Habib Hosseini on vocals, alongside Juulie Rousseau in the opening performance, Saeed Kamjoo on kamancheh, Madeleine Owen on lute and theorbo, Maryam Tazhdeh on tar, Sheila Hannigan on cello, and Hamin Honari on percussion, each artist brings the memory of their instrument, the depth of their tradition, and the sensitivity of their personal journey. Joining them in the opening performance is whirling dervish Shraddha Danielle Blaney, whose circular movements visually embody this quest for the absolute. Together, they create a musical and choreographic universe in which listening becomes the first act of creation and voices intertwine through the intricate paths of difference.
The two creations converge in a grand finale, sharing a moment of communion and generosity with the audience and bringing all eras together in a single space of resonance. In this suspended moment, Persia and the West do more than engage in dialogue: they offer a living narrative, an epic poem celebrating the meeting of their most creative passions.
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Ce contenu provient du Festival du Monde Arabe de Montréal et est adapté par PAN M 360