Création / expérimental

Montréal/Nouvelles Musiques 2025 : La Grande Nuit 2025

par Rédaction PAN M 360

La Grande Nuit 2025 est de retour avec des performances musicales hors normes qui explorent les mille nuances du son sous un dôme immersif de 32 haut-parleurs.
Pour clôturer de manière festive le 12e festival Montréal/Nouvelles Musiques, un ensemble d’œuvres audacieuses créées par des artistes sonores avant-gardistes d’ici et d’ailleurs se succèdent toute la nuit pour faire vivre aux spectateurs un marathon musical à la fine pointe de la technologie!

La Grande Nuit 2025 is back, with extraordinary musical performances exploring the thousand nuances of sound under an immersive 32-loudspeaker dome.
To conclude the 12th Montréal/New Musics Festival in a festive mood, a series of audacious works created by avant-garde sound artists from here and abroad take turns throughout the night allowing spectators to live a musical marathon at the cutting edge of technology!

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Ce contenu provient de la Société de musique contemporaine du Québec et est adapté par PAN M 360

baroque / chant choral / classique moderne / classique occidental / période romantique

UdeM | Des voix lumineuses dans une calme nuit chorale

par Alexandre Villemaire

La nef de l’église Saint-Viateur d’Outremont était garnie d’une constellation de gens de tous âges rassemblés pour venir assister au concert, adéquatement baptisé Nuit d’étoiles, de La Chorale de l’Université de Montréal, dirigé par le chef et professeur invité à la Faculté de musique Matthew Lane, accompagné par Myriam Bernard au piano. Un concert qui était placé sous le thème intemporel de la nuit : une inspiration quasi infinie aux compositeurs et compositrices et est une manne excellente pour n’importe quelle direction musicale d’un ensemble pour sa programmation.

Les oeuvres choisit qui articulaient autour de cette thématique étaient des pièces profanes et religieuses de différentes époques, allant de la Renaissance au romantisme en passant par la musique chorale « contemporaine », soit composée par des compositeurs encore vivants. Le concert s’est ouvert avec la pièce-titre de son évènement : Nuit d’étoiles. Pièce très connue de Claude Debussy, originellement faite pour voix solo, l’ensemble a interprété une version arrangée pour quatre voix efficaces qui traduit assez bien le timbre original de la mélodie. La pièce suivante, O Schöne Nacht de Brahms, poursuit dans le même esprit avec des harmonies tout aussi diaphanes, mais plus conservatrices dans leur traitement. Ces deux pièces nous ont permis de constater d’emblée la qualité et l’homogénéité vocale qui se dégagent de cette chorale. Essentiellement composée d’étudiant·es de la Faculté de musique qui le suivent comme cours dans le cadre de leurs études, la chorale est également ouverte pour les personnes provenant d’autres facultés qui disposent déjà de connaissances musicales de base.

S’ensuivit une portion de chants à portée liturgique, soit deux Ave Mari Stella – où la Vierge symbolise l’étoile de la mer pour les marins – d’Edward Elgar et Tomas Luis da Victoria ainsi que le Stabat Mater du compositeur liechtensteinois Josef Rheinberger. Cette œuvre était la plus contrastante des trois œuvres religieuses et parmi les plus variées au niveau des dynamiques au programme. L’évocation dans ce poème du Moyen-Âge de la douleur de la mère du Christ qui assiste à sa crucifixion a été interprétée avec justesse et témérité, notamment par les voix d’hommes qui ont entonné les premières notes avec une justesse vindicative. Le caractère à la fois tourmenté et lyrique de l’œuvre a porté un nouvel élan dynamique et stylistique au programme qui est demeuré, à l’image de la voûte céleste, pétri de sonorités éthérées et de nuances douces et méditatives. Ainsi, les pièces Anand du compositeur cree Andrew Balfour, Viri Galilæi de Gonzague Monney, Stars de l’Afro-Américain George Walker et The Language of the Stars de Katerina Gimon perpétuaient cet état d’esprit. La pièce de Gimon était une autre pièce qui se démarquait du lot par son esthétique lumineuse accompagnée d’un rythme actif, sautillant et claironnant. La création de la compositrice Caroline Tremblay Empreintes enneigées était intéressante sur le plan du timbre vocal, mais redondante au niveau du développement motivique. L’élément percussif contrastant souhaité, incarné par la podorythmie de Benjamin Tremblay-Carpentier – le « tapeux de pieds » tel qu’écrit dans le programme –, était une idée mal exploitée dont la présence n’était pas totalement impertinente, mais qui, dans son utilisation, n’enrichissait pas le discours. À contrario, la pièce de clôture du concert Stars du compositeur letton Ēriks Ešenvalds faisait intervenir un savant et original mélange d’harmonies vocales combiné aux harmoniques naturelles produites lorsqu’on frotte le buvant de verres à eau. L’effet ainsi produit était tout bonnement céleste.

Les membres de la chorale ne sont peut-être pas tous des chanteurs ou chanteuses d’expérience, mais nous avons pu constater le beau potentiel et la qualité certaine que la chorale de l’UdeM peut produire, notamment par une solide capacité de performance, une écoute et une attention diligente aux nuances et aux dynamiques souhaitées instiguées par le chef.

Au-delà de l’aspect performatif noté dans le cadre d’un cours académique, les éléments sur lesquels Matthew Lane devra se pencher dans le développement de la chorale sont la projection vocale de ses étudiant·es/choristes et l’intelligibilité du texte. Certes, l’acoustique de l’église sert grandement le répertoire choral dans son ensemble, en particulier des œuvres aux harmonies ouvertes et flottantes, mais, malgré les paroles et traductions de celles-ci fournies dans le programme, la compréhension des textes, notamment ceux en français, était hasardeuse. Entendre la chorale dans une plus grande variété de styles et d’esthétiques sera également un beau et plaisant défi autant formateur pour les choristes qu’agréable pour le public.

crédit photo: Tiago Curado

baroque / chant choral / chant lyrique

Ensemble Caprice et Ensemble ArtChoral | Un Messie divinement accessible

par Alexandre Villemaire

L’Ensemble Caprice et l’Ensemble ArtChoral, tous deux sous la direction du chef Matthias Maute, ont sonné la fin de la traditionnelle « saison des messies ». Devant une Maison symphonique fortement remplie pour un dimanche après-midi, les ensembles ont présenté leur version du fameux oratorio de Georg Friedrich Haendel. 

D’emblée, il faut le dire : la version de Caprice n’est pas nécessairement pour les puristes. Déjà en ouverture, Matthias Maute a présenté avec les musiciens « son » Hallelujah, une composition patine moderne classique dans laquelle le public était invité à participer en entonnant une mélodie simple qui formait un contre-chant compétitif avec les chanteurs et chanteuses de l’Ensemble ArtChoral.

Si l’attente du public était d’assister à un Messie de Haendel conventionnel d’environ trois heures avec le ritualisme habituel qu’appellent les salles de concert et l’aura de cette œuvre, alors vous risquez d’être déçu. Parlez-en à ma voisine de siège qui n’a pas passé un bon moment entre les interventions sympathiques de Matthias Maute et les applaudissements répétés du public entre les mouvements – que le chef n’a d’ailleurs jamais corrigés. Nous pouvons vivre avec des applaudissements sincères entre chaque air, dans la mesure où le contexte familier amené par Maute s’y prêtait. Mais des applaudissements pendant que l’orchestre s’affaire à donner la note pour le départ d’un récitatif… Au moins, cela n’est arrivé qu’une fois!

Cela étant dit, ces écarts aux usages du décorum n’affectent en rien la qualité globale du rendu de l’œuvre et de l’expérience musicale. La sélection des passages effectuée par Maute ne venait en aucun cas modifier le récit de la Nativité qui est au cœur de l’œuvre. La présentation qu’il a faite de chacune des parties, en déclinant les passages importants et la nature des interventions des personnages, était une médiation fort bien venue qui donnait à ce concert une ambiance ludique. La performance, quant à elle, était vocalement et musicalement engageante, magnifiée par une dynamique de scène qui se rapprochait pratiquement plus de l’opéra que de l’oratorio à la dimension plus austère. Les quatre solistes ont offert des performances senties et incarnées dont les affects ont encore une fois été mis en valeur par la présentation de Maute. Marianne Lambert était un ange Gabriel qui volait effectivement très vite avec des vocalises véloces et aériennes portées par un son cristallin. Sa performance, tout en contraste, de l’air « I know that my redeemer liveth » a été parmi les plus beaux moments du concert. La contralto Rose Naggar-Tremblay, même si elle n’avait pas le plus grand nombre d’interventions, les a livrées avec un sens dramatique où elle était autoritaire et « crachait du feu », notamment dans l’air « But who may abide the day of His coming ». Emmanuel Hasler, qui a aussi fait montre d’une présence scénique incarnée, était juste et royal dans ces interventions portées par un timbre cuivré, alors que Geoffrey Salvas en tant que « prophète qui aura réponse à toutes nos questions » était impérial et inquisiteur dans son air « The trumpet shall sound ». 

Aux performances des solistes, les chanteurs et chanteuses de l’Ensemble ArtChoral ont également fait forte impression dans une performance rigoureuse. Les intonations étaient justes, les nuances et dynamiques exécutées avec soin et intelligence. L’intelligibilité du texte était précise du début à la fin et entonnée avec vigueur. Seul petit accroc technique du concert : une confusion à l’orchestre pour une entrée royale de percussions et de trompettes précédant l’« Hallelujah ». Pour ajouter à la vivacité du concert, l’assistance s’est instinctivement levée alors que l’ensemble a entonné l’emblématique pièce.

Au final, dans la pléthore de concerts du Messie qui peuple le temps de l’Avent, la version de Caprice et d’ArtChora est un excellent compromis entre le traditionnel et l’accessible où la rigueur et la qualité ne sont en aucun cas sacrifiées. Au contraire, ce n’est que pur plaisir.

crédit photo: Tam Lan Truong

classique occidental / musique contemporaine

Dans le silence de la Nuit, la parole de Molinari

par Alexandre Villemaire

« Sombre, épuré et assuré de nous faire oublier les cantiques traditionnels de Noël. » C’est en ces termes, avec un brin d’ironie et d’humour, que la directrice artistique et premier violon du Quatuor Molinari a dressé l’esthétique du dernier programme de l’ensemble montréalais qui avait lieu à la salle de concert du Conservatoire de musique de Montréal avant les fêtes. Intitulé Nocturnes, ce concert n’était pas « la belle nuit de Noël » dans son sens le plus angélique, mais une évocation du caractère multiforme de la nuit, qui peut être à la fois douce et calme, mais aussi troublée et tourmentée. En introduction, Olga Razenhofer, Antoine Bareil (violons), Frédéric Lambert (alto) et Pierre-Alain Bouvrette (violoncelle) ont interprété deux extraits, soit le troisième et le cinquième mouvement du cycle Aus der Ferne de György Kurtág et Notturno de Luciano Berio. Les quatre comparses musiciens ont livré une interprétation investie avec aplomb et grande musicalité dans un univers musical aux dynamiques contrastantes et introspectives.

Dans Aus der Ferne – qui signifie « du lointain » en allemand –, les lignes musicales dépouillées et l’esthétique sobre des deux mouvements nous laissent dans un sentiment de suspension dans le temps alors que les sons nous parviennent comme des échos émanant du silence. Aus der ferne III est soutenu par le violoncelle qui martèle une pédale jouée en pizzicato dolce, autour de laquelle s’articule des traits aux cordes dans l’aigu et le médium de l’instrument, créant ainsi un état de flottement. Aus der ferne V porte le sous-titre Alfred Schlee, in memoriam. Composé par Kurtág quelques semaines après la mort de celui qui était le directeur des éditions Universal à Vienne et qui a notamment protégé des mains des nazis plusieurs grandes œuvres, ce court mouvement reprend le même écrin illustré précédemment avec la pulsation du violoncelle que les violons complètent par des interventions déchirantes et tendues avant qu’un fortissimo dissonant entonné par les quatre instrumentistes émerge de ce ton monotone, comme pour représenter le caractère tragique de la mort de Schlee.

Pièce centrale de la première partie, Notturno de Luciano Berio est une œuvre qui joue sur la dynamique du silence.  Berio disait lui-même : « Notturno […] il est silencieux, parce qu’il est fait de non-dits et de discours incomplets. Il est silencieux même lorsqu’il est bruyant, car la forme elle-même est silencieuse et non argumentative. » Ces discours incomplets, ces phrases fragmentées illustrent un discours qui se déploie constamment en allant de l’avant et qui évolue sans cesse. La dimension éclatée du discours musical est apparente et s’articule entre des moments d’une certaine sérénité et des interventions mordantes et dynamiques. Dans sa forme en apparence très ouverte, chaque instrument, chaque son et texture que ceux-ci créent ont leur importance. Et, dans ce qui peut sembler être une désorganisation, tout est calculé à la milliseconde près et rendu avec justesse et précision par les membres de Molinari.

Dernière œuvre du concert, le Quatuor no 6 de Bartók est un des sommets du répertoire du quatuor à cordes. Œuvre poignante composée vers la fin des années 30, alors que l’occupation nazie de la Hongrie commence, son caractère anxiogène et désespéré est palpable. Elle est traversée par un thème triste (Mesto) qui est réitéré sous différentes formes à travers les quatre mouvements telle une idée fixe. Dans le deuxième mouvement, le caractère martial tranche par son ironie avec le caractère sombre du thème principal. Peu à peu, la marche se transforme, se déforme, perd sa stabilité et son identité et entre dans une section rubato où le violoncelle entonne une mélodie folklorique pendant que les trois instruments poursuivent le thème de la marche, imperturbable. Le mouvement suivant reprend le caractère folklorique du précédent par une danse burlesque aux rythmes irréguliers. La pièce se conclut par le retour de la ritournelle qui envahit l’ensemble de l’instrumentarium du quatrième mouvement dans une des pages les plus intimistes du compositeur, où les nuances des instruments sont poussées dans leurs extrêmes douceurs avant de s’évanouir.

Fait rare pour un concert du Molinari, les musiciens ont offert au public un rappel avec humour: la version de Stille Nacht d’Alfred Schnittke, arrangée pour quatuor à cordes par Antoine Bareil. Le caractère ludique de cette prestation parsemé de dissonances savoureuses tranchait avec l’univers dramatique dans lequel nous évoluions depuis le début de la soirée et a apporté une certaine légèreté qui accompagnait la fin de ce programme nocturne magistral.

Au final, il n’y a qu’une seule chose sur laquelle on nous a menti : nous sommes immanquablement repartis en fredonnant « Ô, nuit de paix » !

alt-folk / chanson keb franco

Taverne Tour : Velours Velours

par Rédaction PAN M 360

Exutoire de Raphaël Pépin-Tanguay, Velours Velours roule sa bosse depuis 2020, se taillant rapidement une place parmi les coups de cœur de mélomanes d’ici.  Sa pop décomplexée, tantôt teintée d’accents rétro, tantôt brûlante de jeunesse, sert autant de trame sonore aux errances montréalaises qu’aux road trips gaspésiens. Il s’apprête à dévoiler toutes ses couleurs sur un tout premier album à paraître en janvier 2025.

Velours Velours has been making waves since 2020, quickly earning a place among the favorites of local music lovers. His uninhibited pop, sometimes tinged with retro vibes, sometimes brimming with youthful energy, serves as the soundtrack for both Montreal wanderings and Gaspé road trips. He is set to unveil his full spectrum of colors with a debut album coming in January 2025.

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classique persan

Au Centre des musiciens du monde : ravissement persan avec Kayhan Kalhor

par Frédéric Cardin

Hier soir au Centre des musiciens du monde de Montréal, ce sont près de 90 minutes ininterrompues de musique sublime que nous avons entendues, interprétées par l’un des plus grands musiciens au monde, Kayhan Kalhor, maître du kamancheh. Je ne parle pas ici uniquement de son statut au sein de la musique classique persane, pour laquelle il est certainement LE musicien de son époque, et peut-être même de toutes les époques, mais bien de son génie comme artiste musical, tous genres confondus. Kalhor est un virtuose et interprète dans une classe à part.

Hier, il était sur scène pour donner le dernier concert d’une vaste tournée internationale pour le programme intitulé Chants d’espoir. Il était entouré des Montréalais Kiya Tabassian au setar et Hamin Honari au tombak ainsi que de son compatriote Hadi Hosseini au chant. 

Concert de Paris (sans Hadi Hosseini) : 

Un tour de force artistique ou l’improvisation instrumentale côtoie naturellement la poésie classique persane (celle de Saadi, qui a vécu au 13e siècle) rendue avec brio par Hosseini, l’une des voix les plus affirmées et accomplies du chant classique persan. De longues mélopées savamment ornementées ont échangé avec les commentaires des instrumentistes, enchaînant épisodes contemplatifs et introspectifs, avec d’autres plus énergiques et mouvementés. Les airs qui se sont imbriqués les uns dans les autres sans aucune pause, provenaient en partie du répertoire savant mais surtout de la spontanéité des musiciens sur scènes, tous remarquables improvisateurs. Un concert qui affichait complet, investi en grande partie par de nombreux membres de la communauté iranienne, mais pas que. Un public très attentif et respectueux duquel je n’ai entendu aucune sonnerie inopinée de téléphone! Le public de l’OSM et de l’OM devrait en tirer quelques leçons…

Concert au centre des musiciens du Monde à Montréal : 

 

Montréal se doit d’être fière de ce genre d’événement car c’est un peu grâce à elle qu’il peut exister. Kiya Tabassian, de l’ensemble Constantinople, est un ancien élève de Kalhor, qui a lui-même vécu un temps tout près de la métropole (il a d’ailleurs un passeport canadien en plus de l’iranien), et Hamin Honari est déménagé de Vancouver pour pouvoir profiter des opportunités artistiques offertes ici. Et au milieu de tout cela, le Centre des musiciens du monde, qui continue d’impressionner par la qualité de ses projets et l’influence grandissante qu’il exerce sur la scène des musiques savantes non-occidentales, participant activement à construire la réputation de Montréal comme l’une des meilleures villes pour les musiques du monde en Occident, peut-être la meilleure en Amérique. 

DÈS JANVIER AU CENTRE DES MUSICIENS DU MONDE : UNE NOUVELLE SÉRIE DE CONCERTS TRÈS INTIMES, UN MERCREDI PAR MOIS. DÉTAILS À VENIR SUR LE SITE DE L’ORGANISME.

classique occidental

Prix du violon d’or 2024-2025 | Les finalistes dévoilés

par Alexandre Villemaire

Alors que la pluie, le vent et le froid s’abattaient dans la soirée du 11 décembre, une petite foule s’était amassée, bravant les intempéries pour venir entendre et voir se déployer le jeu instrumental des six demi-finalistes de cette édition du Prix du violon d’or.

Au terme de la ronde de demi-finale, ce sont les violonistes Jueun Lee, Joey Manchin et Justin Saulnier qui ont été recommandés par le jury pour passer à l’ultime ronde qui se déroulera le vendredi 13 décembre.

Leurs performances ont respectivement mis en relief des qualités de jeu, d’interprétation et de maîtrise technique dans des programmes diversifiés aux dynamiques contrastantes. Originaire de la Corée du Sud, Jueun Lee, accompagnée au piano par Itamar Prag, a entraîné l’auditoire dans l’univers étincelant de Mozart avec la Sonate pour violon et piano n22 et dans le monde folklorique d’Edvard Grieg avec la Sonate pour violon no 2 en sol majeur. En plus d’un son clair et d’une articulation précise, c’est la présence scénique et l’énergie de la jeune interprète de même que la complicité apparente avec son pianiste qui a capté l’attention.

Joey Manchin a offert une interprétation sentie et soignée du deuxième mouvement de la Sonate pour piano n2 en la majeur de Beethoven, de la Sonate pour violon seul n2 de Paul Hindemith et des deux premiers mouvements de la Sonate en la majeur de César Franck. Le dialogue intimiste entre le piano et le violon dans l’œuvre de Beethoven a mis en valeur une pureté de son et une clarté des lignes que s’échangent les deux instrumentistes. Plongeant l’auditoire dans une esthétique complètement différente, la sonate de Hindemith était truffée de lignes chromatiques et de différentes techniques de jeu dont Manchin a su faire la démonstration. Dans la sonate de Franck, accompagnée par Veola Sun, il a exprimé dans les sonorités vaporeuses de l’œuvre un contrôle franc des différentes dynamiques, passant de lignes langoureuses à des passages animés et vifs.

Justin Saulnier a quant à lui brillé en mettant de l’avant des lignes pures et un discours musical limpide dans la Sonatine en ré majeur de Schubert, alors que le court Caprice no 17 en mi bémol majeur de Paganini, avec ses traits violonistiques véloces, a mis en valeur sa maîtrise technique. Il a par ailleurs été le seul des demi-finalistes qui proposait dans son programme deux pièces de compositeur·ices contemporain, soit la pièce Chant d’Ana Sokolovic et le troisième de la Sonate pour violon et piano du compositeur et chef d’orchestre Dinuk Wijeratne. La présentation de ce type de répertoire, aux antipodes de la majorité des œuvres que nous avons entendues durant la soirée, a apporté une dose de variété bienvenue en plus de démontrer les capacités de Saulnier dans ce type de langage et de discours musical où il était appuyé par Gaspard Tanguay-Labrosse.

Les trois compétiteurs qui n’ont pas été retenus n’ont pas à rougir de leur performance. L’altiste Alexander Beggs nous a fait forte impression avec un son chaleureux, boisé et d’une grande stabilité. Son programme, composé du Divertimento en ré majeur de Franz Joseph Haydn – dans un arrangement de Gregor Piatigorsky –, et de la Sonate pour alto et piano de Rebecca Clarke, est celui qui était esthétiquement le plus introspectif. Cela a permis de mettre en valeur sa musicalité, mais lui a peut-être desservi au niveau de la virtuosité et des contrastes. La violoniste américano-japonaise Satoka Abo a misé sur un programme où primait la virtuosité technique. Ses prestations de la Sonatensatz de Brahms et de la Carmen-Fantaisie de Franz Waxman ont été des moments de hautes voltiges, mais qui à quelques endroits manquaient de précision. Le pétillant premier mouvement de la Sonate en si bémol majeur de Mozart et la chaleureuse Romance d’Amy Beach ont apporté contrastes et apaisement à son programme explosif. Finalement, le violoncelliste François Lamontagne a offert une performance contrastante avec un extrait de la Sonate pour violoncelle n3 de Beethoven et de la Suite pour violoncelle seul de Gaspar Cassado, qui était d’une belle intensité, mais qui aurait pu être davantage dansante.

La finale du Prix du violon d’or 2024-2025 aura lieu le vendredi 13 décembre à 19h à la salle Tanna Schulich.

ENTRÉE LIBRE

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art-rock / garage-rock / Indie

Taverne Tour : The Wesleys, Alex Walton et The Nikolas L. B. Brigade

par Rédaction PAN M 360

The Wesleys

Formé en 2022, The Wesleys réunit des membres venus de divers horizons. Leur premier EP de quatre chansons, sorti en 2022, a permis au groupe de faire son entrée sur la scène locale et au-delà du Québec. En septembre dernier, The Wesleys est retourné en studio, cette fois en collaboration avec Scott « Monty » Muro du groupe canadien Préoccupations, pour travailler sur son prochain album, prévu pour mars 2025.

Formed in early 2022, Montreal The Wesleys are a rock band known for their electrifying blend of heart and adrenaline. Following the release of their debut EP Outside Voices, the band quickly made a name for themselves in the Montreal music scene with their distinctive sound, thoughtful rock ‘n’ roll meditations on the human condition. In 2025, they’ll release, their anticipated follow-up on Petit Village Records.

Alex Walton

Lex Walton est une musicienne de 24 ans, cinéaste, poétesse en prose, menuisière amateur, troubadour névrosée du cœur, survivante de l’âme du rock and roll, et autrice de The Sound Rocker’s Prayer. Elle a sorti 7 singles, 3 EPs et 4 albums complets au cours des deux dernières années (y compris une collaboration avec Ezra Furman), tous musicalement disparates mais empreints de la même frénésie amoureuse, pleine d’accroches, et d’une hyperconfessionnalité effrontée. Aussi étonnamment beaux qu’ils sont déchirants, ses disques témoignent d’une tension viscérale. Ils ont été décrits comme étant « juste trop », tandis que ses performances live sont qualifiées de « terrifiantes ». On ressent un désespoir palpable, où tout semble mis en jeu, comme si seule la grâce de Dieu pouvait empêcher cet avion de s’écraser.

Lex Walton is a 24 year old musician, filmmaker, prose poet, amateur carpenter, neurotic troubadour of the heart, rock and roll soul survivor, and author of « the sound rocker’s prayer. » It/she has released 7 singles, 3 EPs, and 4 full length albums in the last 2 years (including a collaboration with Ezra Furman), all musically disparate but charged with the same kind of hook-laden lovestruck mania and brazen hyperconfessionality, as stunningly beautiful as they are acts of bitter teeth gnashing. Its/her records have been described as « just too much » and her live performance as « terrifying, » one gets the feeling of desperation, that everything is put on the line and only the grace of god can keep this plane from crashing.

The Nikolas L. B. Brigade

The Nikolas L. B. Brigade est le groupe de scène itinérant du chanteur et multi-instrumentiste montréalais Nikolas L. B. Animée par une passion pour l’exploration lyrique, l’écriture de L. B. fait preuve d’une musicalité inventive et distinctive – que ce soit à travers le prisme de chansons folk teintées de post-punk ou de ballades dites de « hack-jazz » au style crooner.

The Nikolas L. B. Brigade is the traveling stage band of Montreal-based singer and multi-instrumentalist Nikolas L. B. Rooted in a passion for lyrical exploration, L. B.’s writing consistently demonstrates an inventive and distinctive musicality – whether through the lens of post-punk-inflected folk songs or so-called ‘hack-jazz’ crooner ballads.

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électro-pop / hyperpop / indie pop

Taverne Tour : Ura Star & Fireball Kid, Los3r, Franki et Public Appeal

par Rédaction PAN M 360

Ura Star & Fireball Kid

Parmi une boucane trempée de sueur, est retrouvée un mélange de synth-pop accrochant et esprit de fête de cuisine emblématique à Ura Star & Fireball Kid. Chaud à l’élan de leur trilogie d’albums Emotional Bros Hotline, Gas Station, et Heartracer, les boys sont près à mettre le feu à la grange puis de faire l’faire blazer d’une manière plus explosive que jamais auparavant.

Ura Star & Fireball Kid blur hooky synth-pop and DIY kitchen party sensibilities into a rowdy, sweat-soaked haze that’s all their own. Coming hot off the release of their trilogy of records Emotional Bros Hotline, Gas Station, and Heartracer, they’re barn-burner ready and primed to light ‘er up in a bigger way than ever before.

Los3r

Los3r est un groupe de pop expérimentale composé de trois membres, originaire d’Ottawa. Il se consacre à repousser les limites sonores, à proposer des paroles mélancoliques et émouvantes, tout en maintenant une énergie débordante.

Los3r is a three piece experimental pop band from Ottawa, focusing on pushing sonic boundaries, establishing heartfelt melancholic lyrics, while maintaining a high energy.

Franki

Franki est une artiste émergente de pop indie et une productrice autodidacte. Élevée en Angleterre au son de la musique dance des années 2000, elle a déménagé à Montréal, attirée par la scène pop florissante et l’énergie unique de la ville. Ses inspirations musicales incluent des icônes comme Grimes, Björk et Lily Allen, mais aussi l’atmosphère des espaces liminaux et le rythme trépidant de la vie urbaine. Franki a débuté en produisant dans sa chambre et a passé un long hiver à perfectionner son art avant de présenter son nouveau matériel à des publics de Montréal et d’Ottawa, testant ses morceaux pour façonner son premier EP, All The Things I Try to Say. Dans cet opus, elle explore des thèmes comme la découverte de soi, la navigation dans la vie avec un lobe frontal fraîchement développé, et le chaos extatique qui existe en elle.

Franki is an emerging indie pop artist and self-taught producer. Raised in England on 00s dance music, she moved to Montreal, where she was drawn to the city’s blossoming pop scene and unique energy. Her music is inspired by icons like Grimes, Björk, and Lily Allen, as well as the feeling of wandering through liminal spaces and the pulse of city life.  Starting out producing in her bedroom, Franki spent a long winter honing her craft before taking her new material to crowds around Montreal and Ottawa, testing out new songs and shaping her debut EP, “All The Things I Try to Say.” On her release, she explores themes of self-discovery, navigating life with a newly developed frontal lobe, and the blissed out chaos that exists within her.

Public Appeal

Public Appeal est une artiste pop avant-gardiste basée à Montréal. En juillet 2023, elle a sorti son premier EP, Mind Your Business, et travaille actuellement sur son prochain album, Hello My Name Is Public Appeal, prévu pour 2025 sous le label Arbutus Records.

Public Appeal is a cutting-edge pop artist based in Montreal. She released her first EP, « Mind Your Business, » in July of 2023 and is working on her next album, « Hello My Name Is Public Appeal, » which is set to be released via Arbutus Records in 2025.

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électronique / house

Dômesicle – Paurro et invité

par Rédaction PAN M 360

On démarre fort la série Dômesicle hivernale avec une soirée explosive entre house et breaks en compagnie de la DJ et productrice mexicaine PAURRO. ¡Vamos!
Fière ambassadrice de la musique électronique mexicaine, PAURRO s’est imposée comme une figure de proue sur la scène internationale, enchantant le public par ses performances dynamiques. Ancrée dans la house, elle trace une ligne fine entre sons organiques et énergétiques, fournis d’inspirations diverses, pour des sets inoubliables.
Un guest spécial sera annoncé plus proche de la date, stay tuned!

We kick off the Dômesicle winter series with an explosive evening of house and breaks with Mexican DJ and producer PAURRO. ¡Vamos!
A proud ambassador of Mexican electronic music, PAURRO has established herself as a leading figure on the international scene, delighting audiences with her dynamic performances. Rooted in house music, she draws a fine line between organic and energetic sounds, drawing on diverse inspirations for unforgettable sets.
A special guest will be announced closer to the date, so stay tuned!

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Ce contenu provient de la Société des arts technologiques et est adapté par PAN M 360.

alt-pop / post-punk / synthwave

Taverne Tour : We Are Wolves, Void Republic, Rosario Caméléon et DJ Uñas

par Rédaction PAN M 360

We Are Wolves

Le monde prend feu… Tout part en ruine…
Pardon pour le retard : We Are Wolves construisait un bunker. Nous vous fournirons un code de réduction pour votre séjour. Retirez les piles du détecteur de fumée. Le dossier de spams est désormais votre boîte de réception. Il y a des microplastiques au bout de l’arc-en-ciel. Le monde prend feu. We Are Wolves a pris le contrôle du bunker. Entrez.
On entend toujours le même refrain : on vit à une époque de changements profonds, de conflits et de chaos. Mais qu’est-ce qui mérite vraiment notre attention? La plupart d’entre nous avons l’impression d’être prisonniers d’un monde sens dessus dessous. Sur son sixième opus, le groupe montréalais We Are Wolves tente d’imaginer un avenir où l’on peut danser malgré l’enfer qui nous entoure. Sur cet album de dance-rock dystopique, les musiciens présentent une formule envoûtante qui nous pousse à revoir la finalité des choses et à accueillir le changement. Oubliez le chaos et laissez-vous porter par ce divertissement. Le bunker s’effondre, mais tout va bien se passer. Entrez.

The world goes up in flames… Everything falls apart…
Sorry for the delay: We Are Wolves were building a bunker. We’ll provide you with a discount code for your stay. Remove the batteries from the smoke detector. The spam folder is now your inbox. There are microplastics at the end of the rainbow. The world is on fire. We Are Wolves has taken over the bunker. Enter.
We keep hearing the same refrain: we live in a time of profound change, conflict and chaos. But what really deserves our attention? Most of us feel like we’re trapped in a world turned upside down. On their sixth opus, Montreal band We Are Wolves try to imagine a future where we can dance despite the hell that surrounds us. On this dystopian dance-rock album, the musicians present a spellbinding formula that urges us to reconsider the finality of things and welcome change. Forget the chaos and let yourself be carried away by this entertainment. The bunker’s collapsing, but everything’s going to be okay. Come on in.

Void Republic

Void Republic est un artiste de synthé énigmatique connu pour ses paysages sonores atmosphériques qui mélangent des mélodies glaciales avec des rythmes pulsés. Avec des sonorités analogiques distinctives et un style minimaliste, leur musique se caractérise par des pulsations de synthé staccato classiques, élégamment superposées à des sons sous-jacents inquiétants.

Void Republic is an enigmatic synth artist known for atmospheric soundscapes that blend icy melodies with pulsing rhythms. With distinctive analog tones and a minimalistic style, their music features classic staccato synth pulses elegantly layered over brooding undertones.

Rosario Caméléon

Yann Villeneuve alias, Rosario Caméléon est un artiste non-binaire (il) de Maniwaki, habitant à Montréal. Artiste multidisciplinaire, c’est à travers différents personnages aux couleurs excentriques que Rosario se dévoile. Artiste aux intentions humaines et optimistes, il est une étrange créature qui a pour but de nuancer les opposés. Une recherche constante d’équilibre entre plusieurs paradoxes. La musique de Rosario en est une difficile à classer et c’est pourquoi il aime l’ appeler, la Popcoït. Un mélange entre les référents d’une culture pop 2000 et d’un déjanté théâtral expérimental à la Laurie Anderson. Un son digital mélangeant le électroclash, le pop, l’underground et le house. Un heureux mix qui offre une identité unique, intrigante et sexu.

Yann Villeneuve, aka Rosario Caméléon, is a non-binary (he) artist from Maniwaki, who lives in Montreal. A multidisciplinary artist, Rosario reveals himself through a variety of eccentrically colored characters. An artist with human and optimistic intentions, he is a strange creature whose aim is to balance opposites. A constant search for balance between many paradoxes. Rosario’s music is difficult to classify, which is why he likes to call it Popcoït. A blend of 2000s pop culture referents and Laurie Anderson-style experimental theatrical wackiness. A digital sound blending electroclash, pop, underground and house. A happy mix that offers a unique, intriguing and sexy identity.

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Ce contenu provient du Taverne Tour et est adapté par PAN M 360

baroque / classique occidental

Un Noël baroque avec Arion | Quand la vielle à roue réveille l’esprit des fêtes

par Judith Hamel

Dimanche après-midi, l’orchestre baroque Arion se produisait devant une salle bien remplie à la salle Bourgie, proposant un programme consacré aux Noëls français, suisses et allemands. Dans une instrumentation mêlant cordes, clavecin, théorbe et basson, trois solistes — à la flûte, au hautbois et à la vielle à roue — sont venus enrichir ce concert où se succédaient des airs de Noëls baroques, tantôt bien connus, tantôt obscurs.

Le concert s’est ouvert avec l’extrait « Où s’en vont ces gais bergers » de la Simphonie des Noëls de Michel-Richard Delalande, un choix d’air familier qui a donné un ton enjoué au concert. 

Mathieu Lussier a ensuite présenté la première soliste, Tobie Miller, une joueuse de vielle à roue virtuose réputée. Alors qu’il l’annonçait, c’est plutôt le flûtiste Vincent Lauzer qui est entré en scène, déclenchant un rire franc du public. Ce moment léger a été suivi par le Concerto n4 « Noëls suisses » de Michel Corrette, une pièce pour flûte à bec et ensemble qui, dans un mélange d’espièglerie et de virtuosité, a permis à Vincent Lauzer de briller par son expressivité. 

« C’est marrant, ça sonne comme la flûte à bec, la vielle à roue », annonce Mathieu Lussier en référence à sa coquille. Cette fois, Tobie Miller entre véritablement en scène pour interpréter une œuvre de Nicolas Chédeville, le Concerto « Les Plaisirs de la Saint-Martin ». Cette pièce célèbre la Saint-Martin qui autrefois apportait des célébrations presque aussi importantes que la fête du Saint-Nicolas. Bien que l’œuvre soit de Chédeville, celui-ci aurait probablement eu des problèmes de droits d’auteur aujourd’hui puisqu’il emprunte largement ses matériaux de Vivaldi. 

Puis, le troisième soliste, Daniel Lanthier au hautbois, a offert une interprétation du Concerto a 5 con oboe obligato de Bonaventure Gilles. Son jeu habité et expressif donnait envie de se retrouver sur scène à leurs côtés. La musique semblait palpable tant l’énergie du soliste et des musicien·nes était communicative.

Avant l’entracte, l’ensemble a interprété sept airs de Noël de Charpentier, clôturant ainsi la première partie du concert. Mathieu Lussier en a profité pour inviter le public à glisser un disque d’Arion dans leurs bas de Noël cette année. Une suggestion qui donne envie d’opter pour une bande-son baroque pour les festivités de cette année !

Pendant l’entracte, des projections éducatives ont offert des informations sur l’accord des instruments baroques, sur la fabrication des instruments d’époque et sur le répertoire présenté. Un beau moyen pour contextualiser leur démarche artistique et enrichir l’expérience du public.

Au retour, Vincent Lauzer a repris la scène avec le Concerto n° 5 « Noël allemand » de Michel Corrette. Le mouvement lent captait par sa délicatesse, tandis que l’Allegro, avec ses syncopes rythmiques, apportait une touche ludique.

C’est ensuite au tour de Tobie Miller de revenir sur scène. Après nous avoir parlé un peu de l’histoire de la vielle à roue, elle interprète le Concerto « L’Hiver » de Nicolas Chédeville, une œuvre magnifique, notamment pour son Largo, qui place l’instrument soliste à découvert et qui permet d’entendre toutes les subtilités du jeu de la vielle à roue. 

Finalement, l’orchestre a interprété Les Saturnales de François Colin de Blamont, un compositeur peu joué, mais apprécié de l’ensemble. Ce morceau, tiré des Symphonies des Fêtes grecques et romaines, recréait parfaitement l’atmosphère festive de ces célébrations antiques, menant le concert vers sa conclusion. 

Avec un chapeau de Noël sur la volute de la contrebasse et sur la tête de Mathieu Lussier, le concert s’est achevé sur un rappel surprenant : Minuit Chrétien. Ce n’est pas tous les jours qu’un public chante « Peuple debout » accompagné d’une vielle à roue!

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