Le violoncelliste et compositeur Vincent Bélanger a trimé dur pour trouver sa place dans l’écosystème musical, puisqu’il est issu d’une vraie famille de musiciens des plus respectés à Québec, en fait sur tout le territoire national. Le musicien est intelligent et doté d’une fibre entrepreneuriale, il a su catalyser ses forces vers la composition d’une forme hybride entre la musique de chambre et la pop de chambre destinée au grand public.
Ses compositions sont ici influencées par André Gagnon dont il reprend ou évoque deux œuvres, et s’inscrivent également dans une esthétique imaginée au siècle précédent par les compositeurs issus de la Révolution tranquille, au-delà de Dédé Gagnon et Claude Léveillée, autodidactes inspirés mais aussi limités dans leurs connaissance du langage orchestral. François Dompierre, un musicien éduqué dans les meilleures institutions de sa jeunesse, est parmi ceux ayant poussé plus loin l’affaire et nous voilà une génération plus tard avec Vincent Bélanger, qui peut compter sur une solide formation de violoncelliste classique, en témoigne le son riche de son instrument induit par son jeu.
Le musicien a aussi des velléités de compositeur et s’inscrit dans la mouvance néo-classique en mode québécois. Ses œuvres portent des mélodies tonales, ses harmonies sont aussi tonales et consonantes, les rythmiques de ses œuvres sont simples, binaires ou ternaires. Sa conception de la musique de chambre exclut l’atonalité, la complexité rythmique, enfin la plupart des aspérités typiques des musiques modernes ou contemporaines.
Nous sommes plutôt dans des univers baroques et une citation de JS Bach dans Dialogue, classiques ou romantiques, parfois un peu plus poussées lorsque , dans la pièce Comme un tango, on sniffe des arômes de Piazzolla ou lorsqu’on goûte aux libertés de la contrebasse virtuose (Étienne Lafrance) pendant son Dialogue avec le violoncelle. On se rappelle aussi les vocalises au féminin des années 60, notamment dans Cantilène (Amélie Moïse), les importantes parties de harpe (Annabelle Renzo) et de violoncelle (Vincent Bélanger) dans Pour ma sœur en allée ou de violon (Véronique Turcotte) entrelacé aux autres cordes dans Passage Ancien.
Depuis plus ou moins une décennie, des compositeurs.trices ont séduit des millions d’oreilles en ramenant les musiques du passé en en générant leurs propres synthèses de l’histoire de la musique, qu’ils offrent dans un contexte différent. En jouant plusieurs fois ces pièces en public Vincent Bélanger et ses collègues pourront identifier davantage ce qui distingue leur musique orchestrale populaire des autres qui se sont déjà imposées sur ce vaste marché. Le travail se poursuit.






















