Pour décrire ces 37 minutes de musique déclinées sur 7 pièces, compilation d’oeuvres inédites dont une reprise déconstruite du groupe brit The Raincoats, Phew suggère « esquisse sonore inconsciente ». Jadis chanteuse punk, membre du groupe Aunt Sally, la sexagénaire japonaise tisse son réseau avant-rock depuis les années 80-90, on pense à des collaborations avec Ryuichi Sakamoto, Holger Czukay, Jah Wobble, Bill Laswell et autres Jim O’Rourke. Inutile de souligner que ses relations artistiques évoluent toutes entre les formes populaires et les formes expérimentales. Aujourd’hui, Phew poursuit une œuvre essentiellement électronique, variété de surimpressions impliquant tous les outils numériques et synthétiseurs modulaires à sa portée. Différents états sont ainsi exprimés, cela peut être soyeux, méditatif, cela peut aussi être austère, corrosif, industriel, sombre, partiellement lumineux. L’artiste peut plaquer des textes, dits ou chantés en japonais, toujours présentés sous formes de fragments ou de compléments ornementaux, jamais au centre de l’œuvre comme le suggère toute forme apparentée à la chanson. La voix sans mots de la compositrice peut également entrer en scène et se fondre dans un florilège de sons subtilement traités électroniquement. L’effet de bourdon (drone) est souvent perceptible, le legs du minimalisme américain l’est aussi. Dans certaines pièces au programme, Phew déclenche différents patrons rythmiques et donne un élan insoupçonné à ce qui d’emblée s’annonce planant et contemplatif. À n’en point douter, nous avons entre les oreilles le travail d’une incontournable avant-gardiste dans le paysage sonore mondial.
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