Ce n’est pas chose simple que de traduire des textes écrits initialement par des âmes punk. Juste pour cela, les Québécois Noé Talbot et Dominic Pelletier (Caravane, The Hunters) méritent le respect. Autre remarque : ils ont visiblement trimé dur pour créer des arrangements inspirés des musiques des huit pièces choisies pour le maxi Reprises acoustiques, vol. 2. Bien que cette démarche d’appropriation vaille la peine, certains amateurs de punk vont souffrir à l’écoute de chansons punk-rock transposées dans un registre beaucoup plus doux et mélancolique. Mais bon, c’était le but de l’exercice pour cet album. Le mélomane qui se campera ici dans la comparaison obstinée entre l’ancien et le récent, sans estimer la valeur des nouvelles offrandes des deux comparses, n’aura saisi que peu de choses de leur démarche. Comme l’expliquent les membres du duo, cette transformation punk-rock en versions francophones acoustiques a pour but de faire partager les morceaux sélectionnés à un public plus large. « S’éloigner des pièces originales tout en gardant l’âme de chaque piste : c’est l’essence de cette collaboration entre deux amis de longue date », est-il écrit quelque part dans un court texte promo. Voilà. Nous pouvons quand même souligner que certaines pièces sont semblables aux chansons originales, comme A Song for Milly Michaelson, de Thrice, et Good & Gone, de Frank Turner. D’autres chansons, dont celles des groupes punk légendaires Blink-182 et No Use for a Name, sont plus altérées. Résultat : la qualité des nouvelles propositions varie beaucoup de l’une à l’autre. Malgré quelques déceptions, dont la nouvelle mouture de l’excellente Bad Art & Weirdo Ideas du groupe punk-rock américain Beach Slang, l’album s’écoute bien. Drag My Body, de Hot Water Music est assez réussie, même si la voix du Québécois est beaucoup moins rocailleuse et déchirée que celle du chanteur Chuck Ragan. Notons que Noé Talbot et Dominic Pelletier ont repris une pièce du monument punk montréalais, The Sainte Catherines.
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