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Pays : États-Unis Label : Genres et styles : ambient / jazz moderne Année : 2022

OHMA – Between All Things

· par Varun Swarup

Colorfield Records, une étiquette indépendante de Los Angeles, semble avoir trouvé sa niche dans cet écosystème toujours plus vaste qu’est le jazz moderne. Avec des artistes tels que Mark Giuliana et Larry Goldings dans son écurie, Colorfield offre un sanctuaire aux artistes de jazz de premier ordre pour expérimenter et faire de la musique qui transcende les conventions que sous-entend le terme « jazz ». OHMA, duo composé de la guitariste Mia Garcia et de la saxophoniste Hailey Niswanger, s’est récemment joint à l’étiquette. Between All Things, son premier album, est une contribution remarquable qui cadre bien dans l’esthétique marginale de Colorfield Records.

Le titre Between All Things convient parfaitement à cet album, car il semble absorber tant d’influences et de styles différents en son sein. Pourtant, l’ambiance est toujours la même et l’album pourrait peut-être être décrit comme une œuvre contemporaine new-age et ambient avec des touches de jazz, d’électronique et de hip-hop.

Between All Things se distingue par son aspect nettement naturel. L’album est imprégné d’accents terrestres et les notes de pochette mentionnent explicitement « l’orchestre de la nature » comme pierre d’assise de l’album. Seeing Beyond What Is Here, en ouverture, est un morceau plaintif qui amène l’auditeur sur un terrain sonore luxuriant se déployant comme une fleur qui éclot. Au fil des cadences des cycles naturels, l’album va d’un paysage sonore à un autre et, en même temps, s’aventure dans des lieux vraiment étonnants.

L’album couvre un spectre sonore très vaste, puisqu’il s’agit surtout d’une œuvre de type ambient. Niswanger et Garcia sont multi-instrumentistes et mettent à profit, avec doigté, une large palette instrumentale comprenant des flûtes, des synthés analogiques, des guitares, des boîtes à rythmes rétros, des percussions acoustiques, un piano droit au son feutré et des nappes de bois et de cuivres, entre autres. Le mariage d’éléments synthétiques et de textures naturelles crée une atmosphère fascinante qui évoque les paysages sonores de Jon Hassell, Four Tet, Floating Points, Tortoise et ainsi de suite. Between All Things se prête à la contemplation et exige donc un certain état d’esprit, pour être pleinement goûté. Espérons que le jour où vous écouterez l’album sera suffisamment calme et introspectif.

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