Depuis sa fondation à Duluth dans le Minnesota en 1993, la formation Low a toujours pris un malin plaisir à redéfinir sa zone de confort, à déjouer les attentes qu’on pouvait développer envers elle. Pourtant, avec la parution de Double Negative en 2018, le groupe réussissait l’exploit de surprendre les mélomanes habitués à cette imprévisibilité en se réinventant du tout au tout. À grand coups de distorsion tonitruante et de ruades électroniques, les membres de Low faisaient exploser les structures de leurs chansons. Devant ces tessons de mélodies remodelées et ces fragments de voix trafiquées, plusieurs critiques avaient comparé l’album au doublé Kid A / Amnesiac qui voyait Radiohead quitter la surface terrestre. Cependant, alors que la bande à Thom Yorke semblait s’être désarçonnée elle-même et prenait du recul avec Hail to the Thief, son disque suivant, Low se sert aujourd’hui des ruines de l’édifice fracassé avec Double Negative afin d’ériger une nouvelle construction aussi splendide qu’abstraite. Cette fois-ci, par contre, les voix d’Alan Sparhawk et de Mimi Parker – couple dans la vie de tous les jours et seuls maîtres à bord depuis le départ de Steve Garrington – demeurent en grande partie inaltérées. Ce parti pris fait en sorte que les nouvelles musiques que propose le duo sont en parfaite adéquation avec le propos qu’il véhicule. En effet, alors que les chansons de Hey What dressent le portrait d’une Amérique polarisée et chaotique que les phares de l’humanisme éclairent avec de plus en plus de difficulté, les harmonies lumineuses qu’entonnent le couple doivent faire leur chemin à travers des nuées de bruits discordants qui forceront l’auditeur à se demander si sa chaine stéréo fonctionne convenablement. Toutefois, le choix qu’ont fait Sparhawk et Parker de laisser leurs voix intactes indique que l’humanité peut toujours triompher à travers cette confusion. La ferveur religieuse des deux musiciens qui sont des Mormons pratiquants de longue date y est peut-être pour quelque chose, mais un hymne aussi splendide que Days Like These semble être chanté par des voix divines qui s’exprimeraient à travers un buisson ardent fait de fil barbelé, de clous et de morceaux de fer. Grâce à son originalité profonde et à l’espoir qui en émane, Hey What est une des œuvres les plus marquantes de l’année en cours.
Tout le contenu 360
Interview Afrique/latino/Musiques du Monde
Souk du Sud 2026 | Carrefour des cultures selon Patrice Agbokou
Par Sandra Gasana
Critique de concert électronique/expérimental / contemporain
MUTEK 2026 | dreamachine, hypnose et thérapie
Par Félicité Couëlle-Brunet
Critique de concert électronique
MUTEK 2026 | Super Galaxy Meow Meow, quand la lumière répond
Par Félicité Couëlle-Brunet
Critique de concert électronique
MUTEK 2026 | Pliq suggère Fixate: tension entre les niveaux de lisibilité
Par Félicité Couëlle-Brunet
Critique de concert électronique/expérimental / contemporain/expérimental/ambient
MUTEK 2026 | Improvisation libre Herbert X Sartorius, le meilleur des mondes
Par Alain Brunet
Interview classique/jazz/musique du monde/pop
Fête de la musique 2026 | La programmation racontée par Angèle Dubeau
Par Alexandre Villemaire
Critique de concert électronique/latino
MUTEK 2026 | Cuerpos rallie tous les suffrages à Métropolis 2
Par Léa Dieghi
Critique de concert
MUTEK 2026 | Rival Consoles sur scène, le cœur de la soirée commence à battre
Par Léa Dieghi
Critique de concert électronique/électro-minimal
MUTEK 2026 | Voices From The Lake… il n’y a pas le feu au lac
Par Alain Brunet
Critique d'album classique occidental/classique 2026
Cheryl Duvall – Linda Catlin Smith : The Complete Piano Solos (1989-2023), Volume II: The Underfolding & Early Works
Par Frédéric Cardin
Critique de concert électronique/électro-minimal
MUTEK 2026 | Ah! Kosmos & Hainbach, quand les machines deviennent musique
Par Marc-Antoine Bernier
Critique de concert dark wave/électronique/musique de film/musique de jeux vidéo
MUTEK 2026 | Violent Magic Orchestra, la baffe annoncée
Par Alain Brunet
Critique de concert classique/classique occidental
MUTEK 2026 | Infinity Gradient ? Exceptionnel
Par Ariel Rutherford
Critique de concert électronique/expérimental/expérimental / contemporain
MUTEK 2026 | La douce entropie de Endless Summer
Par Marc-Antoine Bernier
Critique de concert électronique
MUTEK 2026 | A Guy Called Gerald, grand sorcier de la jungle
Par Marc-Antoine Bernier
Critique de concert électronique
MUTEK 2026 | Jeff Mills, maître à l’œuvre dans le cosmos
Par Julius Cesaratto
Critique de concert électronique/hip-hop























