Lost, rapper ayant connu sa descente aux enfers carcéraux, s’annonce comme « un véritable symbole de maturité et d’excellence dans le milieu du rap au Québec », voilà la première phrase du communiqué promotionnel de l’album Lostalgik. Le rapper montréalais reste donc très influent, tout comme son collectif 5Sang14. Il maîtrise les codes du rap franco et du rap keb, le beatmaking est à la hauteur, le propos est assuré, on a dans les oreilles des artistes ayant atteint une maturité certaine. Ceci inclut la participation de White-B, Capitaine Gaza, Demso, Ryan. Et, oui, on y parle d’armes (se mettre sur son 38), de dope (vendre de la blanche à double prix), d’enfants en détresse au sein d’une famille dysfonctionnelle, de proxénétisme, bref de conditions inhérentes aux gangs de rue et des milieux dont ils sont issus. Mais il y a beaucoup plus dans la poétique de Lost, véritable artiste bien au-delà de son aura d’ex-criminel biberonné aux défaveurs des quartiers pauvres de MTL. Savoir-faire dans la face ! La rythmique du phrasé, la taille du lexique, l’éloquence, la street cred, l’aura des violents repentis, la capacité d’introspection. Le son de cette production n’est pas son principal facteur attractif, le propos tenu par le personnage principal l’emporte largement sur cet afro-trap relativement prévisible, néanmoins efficace pour soutenir les mots et l’éloquence de Lost. Il rappe, on écoute.
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