Jean-Michel Blais étoffe son patron musical avec ce tout nouvel album, Mirador. Au-delà du piano, bien entendu, il s’est ici entouré d’un quatuor à cordes, d’un chœur et d’instruments andins (la guitare charango, les flûtes quena et zampoña). Le résultat plonge nos oreilles, et il faut l’avouer nos sentiments aussi, dans un cinéma à la fois panoramique et intimiste.
Blais nous dit que le mirador est une allégorie du sous-sol dans lequel il allait, paradoxalement, observer et découvrir d’autres mondes (avec la lecture, le cinéma et la musique) dans sa jeunesse un brin solitaire.
Dans Mirador, il y bien sûr encore ces arpèges associés au néoclassicisme pianistique contemporain, mais ceux-ci prennent une autre couleur, une autre dimension avec les mélodies touchantes, parfois poignantes du chœur, qui n’utilise que des vocalises.
On dirait que l’artiste tend de plus en plus vers des constructions complètes, avec contrepoint et harmonisations, favorisés par des orchestrations plus amples. Ces techniques sont manipulées sans prétention, et Blais leur insuffle sa magie mélodique. Une magie qui s’élève solidement au-dessus de la moyenne des artistes de ce genre à la mode, certains qu’on pourrait facilement qualifier de ‘’pianoteux’’, et qui font essentiellement, disons-le, de la copie de Minimalisme post-Philip Glass. Que nenni, en ce qui concerne le Québécois. Il offre à ses compositions une valeur ajoutée qui sait capter l’attention. Quelques coups de coeur perso : Pavane et son caractère d’hommage à la musique classique ancienne, Carvalito et ses ondoyances pointillées au piano et ses couleurs latines, Silhouettes et ses lignes vocales ludiques
Notons qu’il distille également de façon délicate, impressionniste, des couleurs andines avec le charango, quena et zampoña. Pour Blais, ces sonorités sont bourrées de souvenirs chaleureux et bienfaisants. Comme des échos de bonheurs de jeunesse qui refont surface parcimonieusement, ces textures apparaissent occasionnellement. Une mélodie de Beethoven est même reprise par l’un de ces instruments (dans Laulasmaa). Je vous invite à découvrir les coulisses et les souvenirs associés à l’album Mirador en consultant l’entrevue qu’il m’a accordée :
ENTREVUE AVEC JEAN-MICHEL BLAIS À PROPOS DE MIRADOR
J’aurais personnellement aimé que la prise de son soit plus généreuse avec les voix, dont la texture est parfois un peu mince. Il n’empêche que j’ai beaucoup de plaisir à remettre cette musique dans mes écouteurs. D’ailleurs, j’y retourne…























