Recordman absolu de la musique, Telemann a signé environ 6000 œuvres de toutes sortes. C’est dire s’il y a matière à creuser son catalogue et faire de belles découvertes. C’est le cas des plages vivifiantes d’énergie et de mélodies attractives que nous offre la violoniste Isabelle Faust, accompagnée par l’Académie de musique ancienne de Berlin. L’Ouverture-Suite en si mineur comprend des passages excitants que Faust manie avec une aisance déroutante et surtout avec une poigne assurée qui magnifie au maximum l’électricité inhérente à cette partition inspirée. L’autre moment fort de l’album (bien que l’ensemble soit excellent), est le Concerto pour violon en la majeur, The Frogs (les rainettes), qui se permet de réelles vocalises de grenouilles avec un violon glissant à souhait. Une touche d’humour parfaitement réussie qui ne trahit pas la qualité musicale de l’écriture du maître. Je dirais même plus : cela révèle les velléités avant-gardistes de Telemann. Vous aurez effectivement des difficultés à croire que les sonorités entendues ont été indiquées dans une partition il y a plus de 250 ans. Le Concerto pour violon en la mineur et celui pour violon, trompette, violoncelle et cordes en ré majeur ont également beaucoup d’esprit, sans avoir autant de caractère. La Sonate pour trompette et cordes en ré majeur et son caractère français sont élégamment déployés alors que la Suite des ‘’Voyages de Gulliver’’ pour 2 violons est curieusement assez fade. En tout et partout, un album brillant qui donne envie d’y retourner très fréquemment.























