J’aime beaucoup, beaucoup, cette sortie du trio électro montréalais Gladhanding. Dans une construction que je qualifierais de chaos bienveillant, un vaste assemblage de débris électros, pop vintage, hip-hop et un peu R’n’B nous est présenté avec une grande conviction. L’ensemble en apparence dépenaillé apparaît stable et très solide une fois qu’on le contemple dans son ensemble.
Certaines pièces ressortent puissamment : Chewgum Teardown et son caractère à la fois épique et lyrique (grâce à l’ajout d’un choeur d’enfants), Sweat the Divine avec ses beats hachurés, ses loops de simili glitchs et les voix minéralisées, Having Fun et sa bipolarité radicale entre une intro assez planante et une finale propulsée comme un coureur fou.
Le groupe se décrit lui-même avec une pléthorique panoplie de mots-clés, dont voici quelques-uns, que je traduis librement : animal cri cyborg crise de panique râle de mort euphorique séance de vomi induite par des confettis côtes cassées rince-bouche acide électrochoc hypnothérapie pistolet à bouchon de fusée mythe de la sucette hot wheels carambolage de sept voitures matelas d’eau de porc-épic convention orgiastique de clowns arc-en-ciel…
Et ça se poursuit comme ça deux fois plus longtemps. Si cela vous semble limite agressif, détrompez-vous : il y a de la bonne humeur qui suinte d’un bout à l’autre de l’album, et même une sorte de tendresse dépenaillée.
Gladhanding accomplit ce que, sommes toutes, très peu de bands réussissent encore à faire : nous surprendre et nous séduire en même temps.























