Les gens équilibrés nous ennuient, voilà la meilleure réplique que peuvent servir aux humains dits normaux tous les écorchés psychologiques de l’humanité. Tant bien que mal, ils se bricolent un monde parallèle pour ainsi survivre à ce qu’ils ressentent en permanence dans le monde réel. Voilà, du moins on l’imagine, le parcours de Fiona Apple, cas patent de déséquilibre existentiel et… de grande maîtrise acquise à travers l’art chansonnier. Comme l’indique son titre, Fetch the Bolt Cutters déboulonne et déjante. Tous les nœuds de l’âme sont exhibés sur l’étal de l’artiste, les sentiments profonds sont remodelés, astiqués, polis, transmutés en objets de beauté. Les enjeux criants de l’amour, du désir, de la perte, du conflit interpersonnel, de la solidarité intime, de la rage de vivre, de la fuite au féminin sont autant de thèmes ici déclinés sur treize chansons exceptionnelles. Les musiques ont été composées au piano, autour duquel Fiona Apple a juxtaposé un superbe embrouillamini de percussions, contrebasse, guitare et plus encore. Sur cette instrumentation acoustique bouillonne un torrent de bruits organisés, très majoritairement enregistrés dans l’environnement, rarement synthétiques. À la fois hirsutes et cohérents, souvent le fruit de l’improvisation libre, les ornements vocaux de l’interprète s’avèrent audacieux, profondément contemporains, hautement imaginatifs, aux antipodes de l’autocensure. En un quart de siècle, l’Américaine n’a pas dit beaucoup, fort probable qu’elle ne pouvait faire guère mieux, la vie lui étant trop lourde pour maintenir l’intensité nécessaire à la productivité créatrice. Heureusement pour ses fans et pour le monde de la chanson anglo-américaine en général, elle rentre parfois à l’atelier, y cisèle un collier de pierres précieuses pour ensuite nous le balancer à la figure. Huit ans après The Idler Wheel…, album au titre interminable que d’aucuns renoncent à recopier dans son intégralité, voilà donc la cinquième illustration de ses potentialités, de sa grâce, de ses états sismiques, de son pouvoir dévastateur.
Tout le contenu 360
Interview classique occidental/classique
Trio Garibaldi, l’album In faded Sepia | alto, piano, clarinette au service de la création inédite
Par Alain Brunet
Critique de concert expérimental / contemporain/Multidisciplinaire
Semaine du Neuf | (MTL X Monterrey) + (saxes + danse) = Le souffle des corps
Par Jeremy Fortin
Critique de concert expérimental / contemporain/expérimental
Semaine du Neuf | Nous perçons les oreilles: l’abandon du corps et de l’esprit à la musique
Par Alexandre Villemaire
Interview expérimental / contemporain
5ilience | Devinim, lorsque les sons se meuvent à travers les anches
Par Jeremy Fortin
Interview Afrique/Antilles / Caraïbes
Caribbean Love : Richy Jay, entre héritage et rythmes tropicaux
Par Sandra Gasana
Critique de concert musique de film
La magie de Miyazaki prend vie avec l’Orchestre FILMharmonique
Par Frédéric Cardin
Critique de concert expérimental / contemporain/Multidisciplinaire
Semaine du Neuf | Ictus & Ula Sickle, la force du collectif
Par Pietro Freiburger
Interview classique occidental/classique
Caprice au 9e | Telemann et les musiciens itinérants de l’époque baroque
Par Alain Brunet
Chronique
Airat Ichmouratov composera Alice au Pays des merveilles pour les Grands Ballets
Par Frédéric Cardin
Critique de concert expérimental / contemporain/Multidisciplinaire
Semaine du Neuf | Lovemusic, entrechoquements des corps et des sons
Par Jeremy Fortin
Critique de concert pop/musique de film/pop symphonique
Hommage symphonique à Daft Punk : plutôt réussi, mais…
Par Frédéric Cardin
Interview blues/americana/classic rock/rock/soul/R&B
The Sheepdogs, ou comment devenir classique « hors de la tempête »
Par Alain Brunet
Interview expérimental/expérimental / contemporain/classique occidental/classique
Semaine du Neuf | Soirée d’impro collective avec No Hay Banda, Ana Maria Romano et Limules
Par Frédéric Cardin
Critique de concert classique occidental/classique
Arion Orchestre Baroque : Il pianto di Maria : des larmes de bonheur
Par Alexandre Villemaire
Critique de concert Experimental/jeunesse
Semaine du Neuf | Le son pour les enfants de moins de 3 ans… et pour nous
Par Vitta Morales
Critique de concert autochtone/expérimental / contemporain
Semaine du Neuf | Sxelxéles te tl’etla’axel – design for inviting, le pouvoir de la parole… celui des sons ?
Par Michel Labrecque
Critique de concert classique/expérimental / contemporain/classique occidental
Semaine du Neuf | Quatuor Bozzini : un voyage aux confins extrêmes du son
Par Pietro Freiburger
Interview expérimental / contemporain/Multidisciplinaire























