La minisérie Netflix d’horreur atmosphérique et de suspense viscéral, réalisée par les producteurs de Stranger Things, bénéficie d’une trame sonore adéquatement inquiétante du Montréalais Colin Stetson. D’entrée de jeu, nous sommes plongés dans une ambiance noire et menaçante, faite de textures électros abstraites. Écoutez Welcome to the Family, et vous aurez envie de divorcer le plus vite possible. Cela dit, la plupart du temps, on peut s’attacher ici et là à des ancrages mélodiques et harmoniques, de nature souvent répétitive, minimaliste, étranges plutôt que strictement épeurants. Quelque chose rappelle aussi parfois le style fragmentaire, dépouillé et pointilliste de Juan Cristobal Tapia de Veer (Utopia, White Lotus), mais en beaucoup plus glauque.
Quelques rares plages inondent l’espace de lumière et de brefs moments d’optimisme (The Bride). Et, à travers ces sonorités synthétiques, bien sûr, des notes de saxophone (car Stetson est saxophoniste), plutôt discrètes, mais parfois marquantes (comme ces notes basses répétées, menaçantes, dans The Archive. On devine que quelque chose de très laid est sur le point d’être découvert…). Si Stetson privilégie en général l’ambient qui va du mystérieux à l’angoissant, il offre parfois des plages excitantes sur une pulsation techno-house dont on devine qu’elles accompagnent des scènes montées avec nervosité (Something Red, Something Dead). Ou pas. Je n’ai pas vu la série, mais la musique me donne terriblement envie de m’y plonger. Bien entendu, si la chose horrifique n’est pas votre tasse d’hémoglobine, abstenez-vous.
Something Very Bad Is Going to Happen de Colin Stetson donne envie d’avoir peur.






















