Pays : États-Unis Label : Anti- Genres et styles : americana / chanson / country-blues Année : 2022

Cass McCombs – Heartmind

· par Thomas Moultrie

Si l’on vous demande « Qu’écoutes-tu en ce moment? », vous pouvez citer un album de référence, une réussite indiscutable, une grande œuvre musicale. Vous interprétez alors cette question comme une demande de recommandation. Sinon, vous pouvez mentionner un groupe beaucoup plus obscur, qui crée de la musique beaucoup plus bizarre et difficile d’approche. Vous établissez ainsi votre crédibilité musicale. Plus c’est obscur et plus on y malaxe les genres, mieux c’est. Si vous pouvez dégoter des pièces où le chanteur déclame de la poésie beat tandis qu’on entend de la cornemuse sur des rythmes afro-latins, avec effets sonores de science-fiction pour couronner le tout, alors vous tenez quelque chose. Or, il arrive qu’un artiste crée un album qui correspond à ces deux types de réponses. Comme Cass McCombs et Heartmind.

Heartmind compte huit pièces très roboratives. L’album débute sur des accords de guitares électriques, avec la chanson Music is Blue. Peut-être s’agit-il d’une référence à Love is Blue dePaul Mauriat, une chanson des années 1960. Des mélodies pop accrocheuses et de douces harmonies vocales imprègnent les chansons suivantes. On entend des oiseaux gazouiller sur la troisième pièce. Je ne pourrais pas vous dire de quel genre il s’agit exactement, mais, en même temps, je me demande si ces étiquettes ont encore de l’importance.

Unproud Warrior arrive à mi-chemin; c’est peut-être mon morceau préféré. On entend de la batterie jazz au début, puis McCombs récite un texte, une sorte de lettre destinée à un soldat. Il mentionne ensuite les romanciers S.E. Hinton, Mary Shelley et Stephen Crane. On peut cocher la case « Références littéraires »!

Suivent des chansons qui font taper du pied, hocher la tête et se remuer doucement, jusqu’à ce qu’on arrive à Heartmind, chanson-titre qui conclut l’album. Un panorama ambient se déploie pendant que McCombs chante doucement quelques vers, puis démarre une séquence cacophonique de quatre minutes. Des instruments créent ce que j’appellerais du beau bruit.

Oui, cet album m’a charmé tout en me mettant au défi. Je l’ai aimé et je pense qu’il vaut la peine d’être découvert. Alors la prochaine fois qu’on vous demandera ce que vous écoutez, impressionnez votre interlocuteur en répondant Heartmind de Cass McCombs.

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