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Burial – Antidawn

· par Alain Brunet

Au cours des années 2006 et 2007, deux albums consécutifs du producteur britannique Burial, un homonyme et un autre intitulé Untrue, faisaient sensation pour son approche post-dubstep et future garage, sorte de soul électronique et jungle au ralenti, assortie d’ambiances fluides, planantes, éminemment singulières à l’époque. Une quinzaine de micro-albums plus tard, peut-on conclure à une œuvre aussi marquante qu’annoncée? Pas tout à fait mais… erronément qualifié de micro-album, ce nouvel épisode de 43 minutes et 27 secondes, réparti sur six longues pièce, porte une signature assez forte pour que l’on prenne la peine de l’écouter quelques fois et vous en faire la recension. Le vecteur planant domine cette fois ce territoire métis. De subtils crépitements de l’aiguille dans le sillon et plusieurs autres traitements de sons captés sur le terrain accompagnent ces fragments mélodiques, extraits vocaux fondus dans un creuset électroacoustique. Les harmonies choisies sont douces pour la plupart, puisent même dans les musiques sacrées d’inspiration chrétienne, européenne ou gospel. Les chants humains tracent ici les fragments mélodiques au service de pièces ambient, essentiellement électroniques. À l’électro de Burial se joignent ainsi le basso continuo du baroque, parfois l’accordéon des folklores ancestraux, parfois la pop tout simplement.  Le côté organique de l’affaire réside dans ces surimpressions d’époques et de genres concomitants.

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