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Aquaserge – The Possibility of a New Work for Aquaserge

· par Luc Marchessault

À quoi sert Aquaserge? À édifier les musicophiles 1) déjà mordus de musiques hors piste ou 2) disposés à se faire évaser les pavillons auditifs. Et quel véhicule est le plus indiqué, pour ce faire? Facile : Made to Measure, la collection que consacre aux compositeurs l’ébouriffante étiquette Crammed Discs, fondée il y a un peu plus de 40 ans par Marc Hollander. Made to Measure a publié son Volume 1 en 1984; The Possibility of a New Work for Aquaserge en constitue le 46e. Il est de notoriété publique qu’Aquaserge, ce collectif protéiforme toulousain, aime tâter de tous les modes, modèles, moderatos et modulations, entre autres. Pour ce nouvel ouvrage, les neuf musiciens se fendent d’hommages à quatre compositeurs contemporains pas piqués des hannetons, soit Edgard Varèse (1883-1965), Giacinto Scelsi (1905-1988), György Ligeti (1923-2006) et Morton Feldman (1926-1987). Gros programme, qui comprend cinq pièces-hommages composées par Aquaserge, puis une chanson écrite par Varèse sur des vers de Verlaine, ainsi qu’une pièce de Morton Feldman sur un texte de Rainer-Maria Rilke (en deux versions). Pour cet album, le quintette fondamental d’Aquaserge se transforme en nonette : à Manon Glibert (clarinettes), Audrey Ginestet (chant et basse), Julien Chamla (batterie et percussions), Benjamin Glibert (guitares et claviers) et Julien Gasc (chant et synthés) s’ajoutent Camille Emaille (percussions), Marina Tantanozi (flûtes), ainsi que Robin Fincker et Olivier Kelchtermans (saxophones). C’est calme, c’est frénétique, c’est mélodieux, c’est échevelé, c’est semi-classique, c’est nouveau-prog, c’est post-jazz, c’est avant-rock, ça rue dans les brancards, ça modère les transports, c’est fort, c’est rude, c’est rond, c’est bon. Très très bon, même.

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