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Notre collaborateur Simon ‘Polon’ Gervais est en compagnie de son bon ami Rémi Gauvin, leader et chanteur et parolier derrière le groupe Comment Debord. Il lance son projet solo lors d’un spectacle qui aura lieu dimanche dans le cadre de POP Montréal à La Sala Rossa, avec comme headliner Unessential Oils.
PANM360: Rémi, bonjour.
Rémi Gauvin: Salut mon vieil ami, ça va bien?
PANM360: Ça va très bien et toi, t’as passé un bel été?
Rémi Gauvin: Oui, super bel été, très occupé avec Comment Debord. On dit à la blague que c’est le ‘Comment Debord Never Ending Tour’, mais là, ça prend fin pour de vrai, notre tout dernier spectacle de la tournée, c’est ce vendredi, ce week-end. Donc après ça, ça va être la fin de ´monde autour’. On a eu la chance de le rouler à peu près deux ans, donc c’est assez rare qu’on roule un spectacle aussi longtemps que ça.
PANM360: Ça va se dérouler où ?
Rémi Gauvin: C’est dans le coin de Gatineau pour un Oktoberfest.
PANM360: Avec de la bière.
Rémi Gauvin: Avec de la bière et avec Bon Enfant, donc c’est une belle manière de clore ça.
PANM360: Génial. Là, on est ici pour parler de ton projet solo, que je ne connais pas beaucoup parce qu’il n’y a rien qui est sorti à date, donc c’est un grand mystère. Premièrement, j’aimerais te poser la question, c’est quoi la motivation derrière ce désir de partir un projet solo ?
Rémi Gauvin: Ça fait déjà un bout que Comment Debord roule. C’est un espace qui est super nourrissant puis qui m’a formé comme musicien, clairement. Ça va faire quasiment dix ans que les premières élucubrations ont vu le jour cet automne.
PANM360: À l’époque où ça s’appelait Phénix Leclerc.
Rémi Gauvin: Oui, et même avant ça, il n’y avait même pas de nom. Dans le sens où on était dans le sous-sol chez les parents d’Olivier à Boucherville, puis on jammait à trois à l’époque. Il y avait juste Étienne, Oli puis moi. Puis on a eu la chance de faire les Francouvertes, ça s’est bien passé. Après, on a sorti deux albums avec Audiogram, puis ça a super bien été. On a été surpris d’à quel point ça a été bien accueilli par le public puis on a fait beaucoup de shows à travers le Québec. C’est un projet qui fonctionne super bien et j’y mets tout mon cœur et mon âme. Mais je pense que j’avais besoin, après ça, de développer un espace à moi plus intime où je peux faire vraiment un peu ce que j’ai envie de faire à ma manière, puis de le faire en toute indépendance. Parce que la réalité, Comment Debord ; c’est vraiment un band. On prend des décisions de band. Puis oui, c’est moi qui chante la plupart des tounes, c’est moi qui écris les paroles, mais c’est vraiment un groupe. Puis il y a des trucs que j’avais envie d’aborder puis il y a des choses dans ma vie personnelle aussi qui ont provoqué l’idée d’écrire des chansons peut-être un peu plus intimes. Puis de revenir à ce qui est peut-être un peu mes premiers amours musicaux, c’est-à-dire un style plus folk, plus chansons, vraiment. Faire quelque chose de plus intime. C’est ça, j’avais comme envie de faire ça.
Puis ça fait une couple d’années que je travaille sur des tounes, fait que là, dans le fond, ça va être le premier spectacle. Je fais une première partie de Unessential Oils, qui est le projet de Warren Spicer, qui était avant dans Plants & Animals. Warren a réalisé nos deux albums avec Comment Debord. Puis je vais travailler avec lui aussi pour mon projet solo. Il va travailler sur les albums avec Étienne. Ça va être ses deux proches collaborateurs qui vont réaliser mon album. On est encore au début de ça, là. On n’est pas encore entré en studio. Mais bref, il m’a écrit à un moment donné, puis il était comme « Hey, c’est te tente-tu d’ouvrir pour Unessential Oils à POP Montréal.» Puis c’est vraiment une bonne manière de tester un peu des tounes, de tester ça devant des êtres humains. Puis j’ai décidé d’y aller vraiment, de me jeter un peu, comme ça, tout seul, guitare, solo. Ça fait que ça va faire au moins dix ans que je n’ai pas fait un spectacle solo.
C’est un honneur, puis c’est super excitant, puis c’est déstabilisant de faire ça, mais c’est dans une belle affaire qui s’en vient.
PANM360: Est-ce que c’est une façon de « level up » à l’intérieur pour toi ?
Rémi Gauvin: (Rires) Ben, c’est un nouveau défi, tu sais, clairement. Puis tu sais, en pratiquant pour ces pièces-là, je l’aborde complètement différemment, dans le sens où… Ben, t’es tout nu, là, devant un public, à être comme ça, avec tes textes et ta guitare.
Il n’y a rien, tu sais. Je ne peux pas me cacher derrière un band, je ne peux pas me cacher derrière des « grooves » aussi. Tu sais, Comment Debord, c’est genre des « perks », c’est la « bass », la musique qui danse, c’est pas que ça, mais tu sais, il y a beaucoup de ça. Puis en spectacle, on met beaucoup l’accent là-dessus, parce que ça finit tout le temps par danser nos shows, puis c’est un gros « party ». Là, c’est complètement différent, j’y vais à l’essence pour ce premier show-là. Je veux tester mes tounes pour voir si elles sont bonnes? Si tu es seul avec ta guitare, un public, puis des textes, c’est le meilleur test. C’est ça, mais j’suis assez confiant, puis j’suis super excité, j’ai bien hâte. Je suis content de la confiance que Warren porte en moi aussi pour ça, parce que c’est bien excitant. Je pratique chaque jour depuis un mois…
PANM360: Donc là, tu seras tout seul sur scène, si on comprend bien.
Rémi Gauvin: Ouais, exactement, ça sera en formule dépouillée.
PANM360: Sur ce show-là, ou même le projet, ça risque d’être cette optique-là, guitare-voix, plus simple, au niveau des pistes, comment vas-tu les monter ?
Rémi Gauvin: Ah non, il va y avoir un band, je vais être accompagné de musiciens. Mais je veux vraiment mettre les textes de l’avant. Je pense que c’est ça, peut-être, la grosse différence. Les textes ont toujours été importants pour moi. Dans Comment Debord aussi, ça a toujours été central. Mais veux, veux pas, quand il y a sept musiciens sur chaque toune, que tout le monde chante, puis que tout le monde joue des instruments, ça fait que le texte est pas nécessairement de l’avant. Ça devient moins de la chanson. Tandis que là, c’est vraiment une approche folk, une approche chanson. J’ai envie de mettre ça de l’avant, j’ai envie de me mouiller un peu plus.
Je pense qu’inconsciemment peut-être, étant nouveau dans ce milieu-là quand je suis arrivé, le fait de m’entourer d’un gros band, c’était sécurisant. Puis ça l’est toujours… C’est comme un sport d’équipe. Si tu fais une erreur, t’as le reste de l’équipe qui peuvent rattraper la balle au bond. Puis là, je me mets plus en danger, mais en même temps, c’est cette vulnérabilité-là qui m’intéresse. Puis je pense que c’est quelque chose, j’ai découvert aussi avec Warren, qui m’a donné beaucoup de confiance, même à travers les albums de Comment Debord, où j’ai vécu vraiment des moments magiques, des fois, quand je travaillais sur des tunes plus intimes, justement, comme je pense, mettons, à Plancher flottant, sur le dernier album, où c’était une tune vraiment plus folk, plus vulnérabilisante, puis Warren, il m’a encouragé à assumer ça puis à accuser un peu les imperfections, autant dans ma manière de chanter que d’interpréter, qu’il y ait quelque chose de beau dans l’imperfection, justement. Je pense que j’assume ça un peu plus dans mon projet. Puis au niveau des gens qui t’entourent pour ce projet-là, bon, t’as nommé Warren, t’as nommé Étienne, qui est ton partner in crime depuis longtemps, qui est le bassiste de Comment Debord. Est-ce que t’as d’autres noms à nommer qui vont être dans l’aventure?
Bien, j’ai plein d’idées, là. J’ai des prospects, j’ai des gens à qui j’ai demandé un peu, mais je veux pas trop me mouiller parce qu’on n’est pas rendus très loin. Mais je sais déjà qu’en studio, parce que je veux y aller vraiment comme une étape à la fois, je veux vraiment mettre les tounes de l’avant, puis je veux faire venir des musiciens pour chaque toune en me demandant qu’est-ce qui va relever la toune, qu’est-ce qui va faire du bien à la toune, qu’est-ce qui va la rendre meilleure. Je veux l’approcher vraiment comme ça, et non pas, ah, voilà, on est un band, il y a tous ces musiciens-là, puis là, on fait ça… ce qui est plus l’approche Comment Debord. Mais tu sais, déjà, j’ai demandé d’avoir un bon ami, puis un drummer que j’admire beaucoup, qui va venir en studio avec nous. On va commencer des sessions de studio au courant des prochains mois.
Puis il y a Pete Pételle, qui est batteur pour plusieurs groupes, entre autres avec Klo Pelgag. C’est un gars que j’ai découvert dans les dernières années, qui est vraiment un chouette type, un gars que j’aime beaucoup, beaucoup. Puis, bien, on l’a rencontré, parce qu’avec Comment Debord, on avait fait la tournée du Festif dans les écoles, puis on est allé à un moment donné dans Charlevoix avec Pete et Étienne, on était comme en formule réduite, puis on s’est vraiment super bien entendu. Puis à un moment donné, rapidement ça a été comme naturel, je lui ai demandé, « Hey, ça t’intéresse-tu de drummer sur certaines tounes.» Puis il est super motivé, j’ai envoyé mes démos, puis tout ça. Entre autres, il va y avoir Pete, mais il risque d’y avoir plein de monde aussi, à gauche, à droite, c’est pas clair encore, mais il va y avoir du monde.
PANM360: Dans les parages?
Rémi Gauvin: Il y a d’autres gens aussi intéressés. Je vais bien m’entourer, je suis chanceux, j’ai la parlotte facile, je suis capable de me faire des amis, puis de les inviter à venir jouer sur mon projet.
PANM360: On a touché un peu à la différence qu’il va y avoir entre Comment Debord puis ton projet solo. On voit que l’accent va être vraiment plus mis sur la chanson, l’approche sur les textes, plutôt que d’avoir des gros solos, d’avoir des grosses envolées musicales dans le funk, disco, tout ça qu’on voyait avec Comment Debord. Ça me porte à poser la question au niveau des influences. On parle de quel genre d’influence, au niveau de qu’est-ce qu’on cherche à un peu puiser de l’inspiration?
Rémi Gauvin: C’est sûr qu’il y a beaucoup de trucs folk. Je suis un fan invétéré de Bob Dylan, évidemment. Je tripe sur John Prine, je tripe sur JJ Cale. Vraiment des influences comme le folk, un peu de country aussi. Je tripe sur Townes Vincent. C’est sûr que ça, c’est des influences majeures. Je tripe sur Michael Hurley aussi.Je pense qu’il est décédé récemment, mais qui faisait une espèce de folk super touchant, super vraie. Ça, ce sont des influences. Au niveau de la musique québécoise, les textes, je pense que c’est un peu les mêmes influences que ce que j’avais dans le sens où je nomme tout le temps Stéphane Lafleur de Avec pas d’casque et Richard Desjardins. Ce sont des influences majeures. Au Québec, j’ai vraiment tripé sur Ariel Soucy aussi récemment, plus récemment sur la scène folk. Récemment, j’ai découvert un artiste qui s’appelle Ada Léa, qui est montréalaise. J’adore ce qu’elle fait. Vraiment, je trouve ça incroyable. Je tripe sur Big Thief. Ça m’amène à penser aussi à des influences au niveau du son plus indie. Moi, je viens de là aussi. Quand j’étais au secondaire, au Cégep, avec mes bons chums, on allait voir des shows d’indie à Montréal.
On partait de la Rive-du-Sud vers le Cégep. Je dirais Cégep-Université, début de la vingtaine, tout ça. Je viens de là et je pense que j’ai envie de retrouver ça dans les productions aussi, ce petit côté-là et le son de Montréal.
PANM360: Le retour au indie montréalais peut-être ?
Rémi Gauvin: C’est ça aussi. Warren, c’est Plants and animals. C’est cette époque-là, c’est ce son-là. Il y a quelque chose naturellement qui me ramène à ça. Il y a beaucoup de musique des années 90 qui est populaire en ce moment aussi. Je suis retombé avec Pete dans Mazzy Star. C’est vraiment une influence. J’adore Mazzy Star. Sinon, pour revenir aux grands classiques montréalais, je suis aussi un grand fan de Léonard Cohen. C’est ça. Je dirais que ce sont peut-être les influences majeures. Ça tourne autour de ces artistes-là.
PANM360: Pas trop de chansons françaises du type Brassens, Moustaki, Brel, Gainsbourg?
Rémi Gauvin: C’est sûr que ça, c’est des artistes que j’ai écouté à la corde. Dans le sens où c’est de la chanson, oui. Après, d’un point de vue esthétique, je ne pense pas tout à fait. Mais en même temps, de la chanson, ça reste de la chanson. C’est une contrainte créative vraiment intéressante de se dire qu’on met le texte de l’avant ; des refrains, des verses, un petit bridge. C’est un peu le genre de matière avec laquelle j’ai envie de travailler. Les chansons françaises, d’une certaine manière, oui, mais je pense que ce que je fais, c’est résolument québécois et ça va toujours l’être. En français, évidemment pour ce que j’écris. Récemment, j’ai quand même peut-être une idée d’un cover en anglais. En tout cas, quelque chose de montréalais, je me disais, peut-être que je peux me le permettre. On va voir. Oui, de la chanson. Je pense que c’est ça. La chanson, de la chanson folk, qui a des petites influences un peu country. Mais je ne pense pas que je vais faire du country, mais peut-être avoir une coupe de tounes un peu plus country. Ça se pourrait aussi.
PANM360: Puis en finissant, est-ce qu’il y a quelque chose que tu peux nous révéler sur ton projet solo ? Une petite nugget, d’un petit scoop ou un petit détail au niveau de quoi ça va parler ? Un des thèmes ?
Rémi Gauvin: Bien, c’est sûr que j’ai envie de me permettre d’aller dans des zones plus intimes, plus sensibles. Puis c’est sûr que dans Comment Debord, je n’ai pas parlé beaucoup d’amour, mettons. Je pense que j’avais vraiment envie, quand j’ai commencé à faire de la musique, d’écrire sur autre chose. Je me faisais quasiment un point d’honneur d’aborder d’autres sujets. Puis je pense que la réalité me rattrape. (rires) Fait que finalement, j’en parle un petit peu plus. Peut-être que c’est inévitable. C’est peut-être une certaine maturité avec ça, je ne sais pas. Peut-être que finalement, je réalise que je ne suis pas mieux que tout le monde. Il faut bien aborder les vrais sujets comme l’amour, finalement.
PANM360: Et bien Rémi, on a bien hâte à dimanche. On va voir la première partie d’Unessential Oils. Ça va être un plaisir d’entendre ces nouvelles chansons-là.
Rémi Gauvin: Ça ne sera pas trop long. Je dois faire ça court pour que Patrick Lagacé soit content.
PANM360: (Rires) ´Pas trop long les premières parties’. C’est tout un plaisir, mon cher ami.
Rémi Gauvin: Merci beaucoup, mon ami.
PANM360: Bye-bye.























