Taverne Tour | Bernardino Femminieli sous étude

Entrevue réalisée par Loic Minty
Genres et styles : Alternative / disco / euro-disco

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Bernardino Femminieli est un personnage qui mérite d’être étudié. Que cette étude se fasse dans des revues psychiatriques ou dans des rapports de police dépend de la façon dont vous interprétez les propos de ce philosophe homoérotique et masochiste. S’agit-il du fantasme d’un schizophrène pervers ou d’une sorte d’évangile marxiste ? Dans un monde accablé par la culpabilité judéo-chrétienne et l’auto-punition rituelle, Bernardino Femminieli joue le rôle de Max Cady, l’antagoniste rusé qui fait fi de la morale conventionnelle. Depuis la sortie de L’Exil en 2016, il n’a cessé d’amplifier le caractère choquant de ce personnage. Avec le nouveau clip d’Apprenti Gendarme, il est difficile d’imaginer où il pourrait aller ensuite. Le choc se transforme en admiration. Le dégoût se transforme en rire. C’est de l’art. Non seulement parce qu’il vit désormais à Paris, mais aussi parce qu’il s’y consacre pleinement. Ce n’est clairement pas fait pour plaire aux masses.

Si on essayait de décrire la vidéo, cela semblerait incriminant. Il faut simplement la regarder :

Si la vidéo semble provocante, l’homme qui en est l’auteur s’exprime avec un calme désarmant. Hors scène, les tactiques choc laissent place à un humour pince-sans-rire, à des aveux sans détour et à quelques confessions romantiques. Nous avons interrogé Bernardino Femminieli sur les rituels, l’exil, le rejet, les fantasmes carcéraux et la Saint-Valentin.

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PAN M 360 : Avant d’enregistrer des voix sur un morceau ou de chanter en live, as-tu une préparation ou un rituel particulier pour te mettre dans l’ambiance ?

Bernardino Femminieli: En studio, j’aime boire une bière et avoir quelques notes sous la main. Pour les concerts, j’aime être seul avant le spectacle, si possible, et m’échauffer.

PAN M 360 : Pourquoi avez-vous décidé de vous installer en France ? Était-ce pour vous rapprocher de vos racines italiennes ?

Bernardino Femminieli: Pour de nombreuses raisons, mais surtout pour commencer une nouvelle vie ailleurs.

PAN M 360 : Sur votre dernier album sorti en 2024, tous les morceaux ont été produits à Paris, à l’exception de « La vie Gigi ! », produit à Grey Valley, un endroit isolé dans les Laurentides. Qu’est-ce qui est ressorti de cette session au Studio Panique ?

Bernardino Femminieli: C’est un disque particulier, enregistré en 2020 après le premier confinement. Julien Gasc m’a contacté pour réaliser un album en moins de deux semaines : il composait la musique et j’écrivais les paroles. C’était une sorte de road movie sur un homme brisé errant et rencontrant des gens à qui il confiait son cœur.« La vie, Gigi ! » est le seul morceau que j’ai composé avec Adrien Belkout, mon mentor spirituel, et Gasc. J’ai même invité Mr. Flash à y jouer et demandé à Dominic de mixer le morceau depuis chez lui, car je ne pouvais pas retourner au Canada. L’album a mis plusieurs années à sortir et a été catégoriquement rejeté et ignoré par tout le monde en France, alors même qu’il s’agissait d’un hommage à une France en quête de repères. Haha.

PAN M 360: Ce morceau a été mixé par Dominic Vanchesteing, avec qui vous avez collaboré sur L’Exil et plusieurs autres projets. Le public se demande : êtes-vous amoureux ?

Bernardino Femminieli: Oui. Depuis toujours.

PAN M 360 : Si vous pouviez ramener un musicien à la vie pour collaborer à votre prochain album, qui serait-ce et pourquoi ?

Bernardino Femminieli: Je pense qu’il vaut mieux laisser les morts où ils sont.

PAN M 360 : Si, par hypothèse, Bernardino Femminieli finissait en prison, quel crime aurait-il commis pour y arriver ?

Bernardino Femminieli: Torture et enlèvement. Sans rançon. Par principe.

PAN M 360 : Que répondez-vous aux personnes qui affirment que vous êtes le sex-symbol de notre époque ?

Bernardino Femminieli: C’est mignon!

PAN M 360 : À quoi peut-on s’attendre pour votre concert de la Saint-Valentin à la Taverne Tour ? Recommanderiez-vous d’y aller avec un(e) partenaire pour un premier rendez-vous ?

Bernardino Femminieli: Des chansons disco anachroniques anti-françaises. Évidemment. Je suis le dealer de breaks.

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