Stranger Than Kindness : 49 minutes et 49 secondes avec Nick Cave

Entrevue réalisée par Alain Brunet

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Le premier étage du Studio TD, nouveau nom donné à L’Astral pour des raisons éminemment commanditaires, a été transformé en musée : sous le titre Stranger Than Kindness, une exposition consacrée à Nick Cave y est présentée à compter du vendredi 8 avril. 

Initialement pour le Black Diamond, l’extension moderne de la Bibliothèque royale danoise à Copenhague, cette exposition a été imaginée par la commissaire Christina Back avec le principal intéressé en tant que co-commissaire et co-designer. L’exposition présente des centaines d’objets cumulés ou créés au cours de six décennies. Voilà une incursion unique dans l’univers créatif de Nick Cave, à travers cette exposition atypique. Au-delà des évocations du célébrissime personnage, on s’y penche sur ce qui façonne une existence et sur ce qui construit un être humain.

Jamais Montréal n’aura vécu une telle immersion dans l’univers de l’écrivain et avant-rockeur australien, un des plus brillants de l’époque actuelle. Puisque le Montréalais Victor Shiffman, à qui l’on doit la fameuse exposition consacrée à Leonard Cohen, a produit cette exposition, nous avons l’insigne honneur d’accueillir l’événement qui fut précédé d’une paire de concerts mémorables à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, concerts orchestrés le week-end dernier par Warren Ellis etr Nick Cave, auxquels se sont adjoints trois choristes et un multi-instrumentiste. 

L’esthétique de Carnage,  offrande discographique menée par Cave et Ellis à titre de duo, dominait  un répertoire essentiellement constitué de cet enregistrement paru en 2021 et aussi de chansons des Bad Seeds écrites au cours de la dernière décennie sous la direction musicale du même Warren Ellis, sans qui Nick Cave ne serait pas ce qu’il est musicalement aujourd’hui.

Ainsi, plusieurs journalistes montréalais issus des médias institutionnels ou indépendants (Radio-Canada, CBC, The Gazette, La Presse, PAN M 360, Sors-Tu, etc.) ont eu droit à une conversation de 49 minutes et 49 secondes avec Nick Cave, au cœur de l’exposition lui étant consacrée. En voici la plupart des citations, évidemment traduite et adaptées par PAN M 360.

Crédit photos: Jérôme Bertrand

Arrivée de Nick Cave dans cette pièce illustrant le bureau de l’artiste, les photographes font leur travail.

« Que faites-vous dans mon bureau ?  Oh, bien, prenez les photo. Bonjour tout le monde, je suis Nick Cave. Bonjour!  Et oui, c’était notre dernier spectacle de la tournée. On m’excusera si j’ai l’air un peu distrait ou épuisé… C’est juste parce que je le suis. Alors, que voulez-vous savoir ? Est-ce que porter des masques est un choix individuel ou une règle ? Une règle ?  C’est un peu bizarre… mais je ne sais pas comment ça marche ici. »

Sur le clavier de Warren Ellis au concert :

« Je pense que c’est un synthétiseur à 300$ que Warren a trouvé et qui a un très beau son, un son émotionnel, instantanément mélancolique, mais aussi édifiant. Il est donc très difficile de s’en débarrasser ! »

Corrélation possible entre le répertoire du concert donné à Montréal et cette exposition, soit un répertoire rétrospectif de la dernière décennie et la rétrospective d’une vie entière :

« Je ne sais pas… Pour un artiste qui a fait 20 albums ou écrit 250 chansons, ou peu importe, la plupart des chansons étaient celles  que nous avons jouées au cours des dernières années. C’est inhabituel, je pense. Ce que nous avons essayé de faire, c’est d’offrir un spectacle qui se concentre sur un travail proche d’aujourd’hui. Et donc, c’est à peu près les trois ou quatre derniers albums. 

« Mais il y a aussi quelque chose qui est parallèle à cette exposition, parce que c’est assez étrange pour moi de marcher à travers cette exposition, je pense qu’elle montre très clairement la vie d’une personne très absorbée par elle-même, créative, qui a eu une sorte de rupture violente dans sa vie ou même une série de ruptures violentes. Et cette pièce dans laquelle nous nous trouvons actuellement est la fin de quelque chose. 

« Je n’avais pas réalisé, même avant de la traverser, que cette pièce était représentative d’une sorte d’auto-absorption, auto-absorption artistique sans prêter attention à autre chose.

« Et puis vous passez cette porte derrière moi, et tout change, et je pense que je vis de l’autre côté de cette porte. Et m’asseoir ici maintenant, c’est, c’est comme, il y a un étrange sentiment de déconnexion envers ça. Je pense que beaucoup de gens, beaucoup de fans aiment cette période. Ils aiment toutes ces choses, ils aiment ma musique plus ancienne, ses formes plus vieilles, les associations du passé, les anciens musiciens des Bad Seeds. Tout ce genre de choses, cette exposition représente ça aussi. Mais il y a quelque chose qui se passe, hors de mon contrôle, quand tu passes cette porte. Et cela exige de moi de faire une forme différente de musique. Et je suis personnellement très fier que nous ayons continué à suivre la vérité des choses, où qu’elle puisse mener. Et je pense que cette exposition rappelle très bien que la musique devient juste plus calme et plus réfléchie. »

Sur  le concept et l’intention de tout ce travail de collection d’objets devenus un projet d’archivage : 

« J’ai dû avoir une idée à l’époque… Comme ces choses disposées dans cette pièce de Berlin, des trucs que j’ai évidemment valorisés, comme ces petits livres que j’ai faits et gardés parce que je pensais juste qu’ils étaient beaux. Mais surtout, ce sont des piles et des piles de déchets que Christina (commissaire de l’expo) a dû passer en revue, et, et radicalement triés afin de trouver les bons. Donc ce n’est pas comme si j’avais grand-chose à redire à Susie, ma femme a tout conservé. Elle a retiré tranquillement tous mes trucs et les a mis dans un entrepôt. Il y avait donc des conteneurs de stockage dont je n’étais même pas vraiment au courant, ma femme était plus intéressée que moi par la conservation. Donc ces choses proviennent des 25 dernières années, mais ces petites choses dans la chambre de Berlin sont juste de petites choses. »

Comment Nick Cave se sent dans les lieux physiques de cette exposition lui étant consacrée :

« Il y a une certaine impression de détachement, c’est un peu comme un musée. Mais en même temps, il y a eu beaucoup de travail qui a été fait dans cette pièce, et ces derniers jours, j’en ai ajouté de nouvelles. Et il y a de nouveaux trucs que j’avais dans les poches, il y a une lettre de Tom Waits sur mon lit que j’ai reçue il y a quelques semaines en tournée. Donc cette pièce ressemble à une pièce qui peut continuer à changer au fur et à mesure que l’exposition suit son cours. De ville en ville, elle peut s’agrandir, cette pièce dans laquelle nous nous trouvons peut s’agrandir.  Parce que j’ai fait plus de choses depuis, des céramiques par exemple. Et j’espère que le dernier couloir de l’expo, le couloir de la gratitude, pourra grandir et sera différent de ce qu’il était à Copenhague – la première ville où l’exposition s’est tenue. »

Sur la présence marquée de Leonard Cohen dans l’exposition, sur l’impact de l’artiste montréalais chez Nick Cave.

« Quand j’avais environ 14 ans, en Australie, dans cette petite ville de campagne où j’ai grandi (Warracknabeal) et que j’avais quittée pour y retourner en été pendant les vacances scolaires, j’avais une amie légèrement plus âgée que moi. Elle m’avait invité chez elle, elle m’avait fait écouter Songs of Love and Hate dans cette pièce très sombre, avec des cartons sur les fenêtres. Et elle m’avait dit d’écouter ce qui est là d’une certaine manière, tout au long de cette exposition, à travers ces re-créations de moments importants. On n’en fait pas tout un plat, mais c’est pour ça que Leonard Cohen est là sur la platine dans la pièce. 

« J’étais un gamin bizarre qui grandissait dans une ville de campagne australienne, j’avais l’impression de ne pas être à ma place, de ne pas comprendre les mêmes choses que les gens de cette petite ville de campagne. Puis j’ai entendu Avalanche, la première chanson de cet album. Ce fut pour moi un changement sismique. Soudain, j’ai eu le sentiment d’être compris par quelqu’un. Cette voix est devenue la voix d’un ami. Cela m’a suivi pour le reste de ma carrière. Vous mettiez Leonard Cohen plus que d’autres sur un manche de guitare, il y avait toujours le ton de sa voix, il y avait toujours cette impression d’écouter un ami sage. Et ouais, c’est pourquoi ce fut un moment énorme pour moi d’écouter cette chanson. Et de comprendre qu’il y avait quelque chose d’autre qui mettait des mots sur mes propres sentiments d’angoisse, de colère et d’amour. »

Sur les livres observés dans la place : Nabokov, Dostoïevski et autres écrivains qui ont inspiré son oeuvre.

« Je dois dire avoir été époustouflé par Crime et châtiment. J’avais étudié ce livre à l’école,  grâce à un super professeur de littérature qui m’avait incité à faire une plongée profonde dans ce bassin littéraire. Ça m’avait vraiment changé, ça avait eu une énorme influence sur cette idée de vivre sa vie hors de ce à quoi on s’attend de vous. Et je veux dire, Raskolnikov (le personnage principal de Crime et châtiment)  l’a fait à sa manière. Pour moi, en tant qu’Australien, il y avait cette idée de vivre au-delà des attentes des autres, à qui on a dit de fermer sa gueule, de garder la tête baissée et de ne pas faire d’histoires. C’était un livre très inspirant à cet égard.

« Et oui, ces livres sont les pierres de touche pour nous tous, issus de ma génération. Des choses importantes auxquelles s’accrocher. Et voilà pour moi l’une des choses relatives à cette exposition, je sens personnellement qu’elle a le devoir de transmettre ces informations, même si elles ne sont peut-être plus appréciées de la même manière que lorsque j’étais jeune. Les temps changent et les gens recherchent autre chose. En vieillissant, je me vois comme une sorte de dépositaire de ces objets de valeur. Laisser venir ces choses que les gens oublient facilement. Il ne faut pas beaucoup de temps pour que quelqu’un soit oublié. On se dit : « Comment peut-on oublier Leonard Cohen ? » Mais il n’y a pas longtemps, je parlais des Sex Pistols à un jeune de 18 ans et il m’a dit : « Ouf ! ». Ça ne prend pas longtemps pour oublier. Et ça vaut donc la peine de s’accrocher à ces trucs. Vous avez peur de monter à bord ? Personnellement, ça ne me dérange pas vraiment à cet égard, parce que j’ai ma propre exposition. »

Sur la présence de mèches de cheveux parmi les objets de l’exposition :

« Il y a ces mèches de cheveux particulières que j’avais trouvées dans un marché aux puces à Berlin. Il y en avait trois, elles étaient de la même longueur, et cousues cousues à leur partie supérieure. Donc une, deux ou trois femmes, je n’ai jamais pu le savoir, s’étaient fait couper les cheveux simultanément. Et cela a suscité chez moi des idées sans fin sur ce qui était réellement arrivé à ces femmes. Vous savez, le personnage du livre que j’avais écrit à Berlin (And the Ass Saw the Angel) avait aussi ces mèches de cheveux, elles sont très présentes dans le livre. Parce que la vie réelle se fond dans ce livre en particulier. C’est donc assez incroyable d’avoir pu conserver ces cheveux. D’ailleurs, ma femme m’a confié un petit sac à cordon avec ses propres cheveux qu’elle a coupés, afin que je les emmène avec moi en tournée. Je ne sais pas exactement ce que ça veut dire ou à quoi s’attendait-elle ce que je fasse avec. Quoi qu’il en soit, ils sont dans ma valise. (rires) »

Sur l’ajout d’une lettre de Tom Waits qu’il a reçue récemment :

« Tout ce qui vient, tout ce que je trouve, tout ce que j’ai ou que je reçois et qui peut être d’un intérêt occasionnel peut se retrouver dans l’exposition. Dans ce couloir de la gratitude, des choses particulières ont une importance massive, comme ce mot de Leonard Cohen, par exemple, reçu après la mort de mon fils: « Je suis avec toi, mon frère ». Voilà quelque chose d’extraordinaire à recevoir, si simple ! Ça m’a parlé plus que tout ce qu’on m’a dit à l’époque. Donc tout ce qui se trouve dans cette pièce a une importance énorme, une référence à Elvis Presley (mon influence première) ou cette lettre de Tom Waits que je n’ai jamais rencontré – je vais le faire bientôt à New York, dans le contexte d’une commémoration du regretté producteur Hal Willner. »

Sur la véracité de la reproduction des lieux réels, sur sa façon de travailler en ces lieux réels :

« En fait, c’est presque identique. J’avais un bureau comme celui-ci, je venais au bureau, je travaillais au bureau, c’était séparé du reste de ma vie. C’est devenu quelque chose que je ne pouvais plus faire, parce que j’avais l’impression de ne plus pouvoir le faire. Le sacrifice artistique, s’asseoir là et travailler sur des choses,  cette vague idée de son propre génie créatif, ou peu importe ce que c’est, toutes les relations que vous avez et qui se désintègrent parce que vous êtes tellement concentré sur votre travail, et vous n’êtes jamais là. Je l’ai réalisé après coup, j’ai découvert que ce n’était plus moi. Il y avait d’autres choses de mon travail que je trouvais plus importantes. Alors désormais, je ne travaille pas de la même façon, je travaille encore tous les jours, du matin au soir, mais je ne le fais pas de la même façon, pathologiquement absorbé par moi-même. »

Sur la motivation de rassembler tous ces objets dans une exposition :

«  Je ne peux pas vraiment le dire. Ça veut dire quelque chose, non ? Ça en dit long sur quelqu’un qui a eu  le sens de l’importance de soi, c’est peut-être un peu exagéré. Je ne sais pas si c’est une blague ou si c’est pour de vrai. Qu’en pensez-vous? « 

Sur la photo de Monica Lewinsky, accroché dans l’exposition :

«  Elle a été prise par la photographe Polly Borland, qui est une très bonne amie à moi et qui a pris beaucoup de photos de moi. Elle a pris une photo de Monica Lewinsky qu’elle m’a donné, cette photo se trouvait sur un mur de mon bureau. Je ne sais pas pourquoi elle est ici mais j’aime beaucoup cette photo. Il y a ce regard… »

Sur l’état d’esprit nettement moins sombre de Nick Cave, observé au concert comme en conférence de presse :

« Vous savez, il y a beaucoup de raisons d’être heureux en ce moment, surtout pour un groupe de musiciens en tournée. Parce qu’à ce stade, nous avons réussi à tourner en Angleterre,  dans une partie de l’Europe et en Amérique du Nord sans attraper la COVID.  Au début, nous avons tourné dans une bulle, alors que plus récemment, nous n’avons vraiment suivi de protocole, Nous nous sommes ajustés au fur et à mesure. C’est assez étonnant, en fait. Personne ne va assurer votre tournée, c’est une affaire très risquée que de partir en tournée de nos jours, mais nous croyons que le moment est très spécial pour être en tournée. Le public réapprend à être un public, il y a un certain sentiment de danger au sein du public, soit être assis là dans un groupe de personnes au sein d’une pandémie. Il y a aussi un aspect joyeux dans le fait de pouvoir monter sur scène et de faire de la musique. Personnellement, cela me rend beaucoup plus heureux ces jours-ci que je ne l’ai jamais été. J’ai juste trouvé un moyen d’y parvenir.

«  Ce bonheur a été durement gagné, c’est un bonheur gagné, peut-être un suicide. Je pense que ça parle juste de la valorisation des choses, de monter sur scène, de jouer sa musique, d’être entouré d’amis et de jouer devant des gens qui sont venus pour te faire sentir que ce sont des moments spéciaux, des moments de joie. De manière générale, c’est comme ça que je vois les choses ces jours-ci. Je pense qu’en vieillissant, la chose à faire consiste à éliminer les choses inutiles. Où que je sois c’est un énorme privilège d’être sur scène et de donner un concert. C’est ce que nous ressentons lorsque, comme le week-end dernier nous avons pu donner des concerts émouvants, très personnels, très intimes, vulnérables. Et oui j’adore voir ce que Warren (Ellis) nous offre avec ces musiciens et chanteurs magnifiques C’est une sorte d’héritage, c’est vraiment quelque chose. »

Sur ce qui a aussi été extirpé de sa maison :

«  Un groupe de Vikings (rires) est venu chez moi et a tout emporté, vidé mes tiroirs, pris mes livres, décroché mes peintures des murs, roulé les tapis, et tout ça se trouve ici (dans l’exposition). Et donc, bizarrement, j’ai accumulé des livres différents ces derniers temps. Il n’y a pas autant de fiction, il y a d’autres types de livres, des livres religieux par exemple. 

Sur son intérêt pour le sacré, le mystique, le religieu, le gospel et la musique sacréedans sa musique, les objets et livres religieux dans l’exposition, sur la tension entre croyance et incroyance.

« Oui, il y a une tension. Je pense que c’est dans cette tension que le moteur spirituel de mon travail existe, c’est au cœur de cette tension qu’il se trouve. Ce que j’aime particulièrement dans le christianisme, c’est qu’il laisse beaucoup de place au doute. Et donc je me vois essentiellement comme une personne religieuse, bien que j’aie de sérieux doutes sur certains aspects. Mais je crois être arrivé à un point où j’ai réalisé que j’avais passé toute ma vie d’adulte, et même mon enfance, à me débattre avec l’idée de l’existence Dieu et autres idées connexes. Finalement, il me semble que cette lutte est l’expérience religieuse elle-même. L’idée de savoir si Dieu existe ou si Dieu a existé devient pratiquement un détail technique. L’impulsion religieuse a toujours été présente, elle est partout, ce n’est pas un phénomène occasionnel. Je pense que cela devient juste de plus en plus fort. »

Sur l’artiste absorbé par lui-même : 

« Quand on est jeune, surtout quand on fait de l’art, on part du principe que l’art est tout. C’est ce dont il s’agit. Et la vie de l’artiste est quelque chose d’exalté, l’état suprême. Et, en fait, tout le reste souffre en conséquence, vos relations avec vos enfants, avec votre femme, avec vos amis ou dans votre implication citoyenne. J’ai découvert à la dure qu’il y avait d’autres choses plus importantes pour moi que l’expérience créative.

« Cela ne signifie pas que ma vie n’explose pas dans toutes les directions à travers mon travail artistique. Sur le plan créatif, il y a tellement de choses qui se passent en ce moment. Mais je pense que lorsque vous serez sur votre lit de mort, ou quelque chose comme ça, que j’ai écrit The Mercy Seat ne sera peut-être pas la chose la plus importante que vous sachiez. Quand je m’asseois avec ma femme, je ne lui dis pas, chérie j’ai écrit The Mercy Seat (rires). Il y a autre chose, je pense. Quand vous passez la porte derrière ce bureau, il y a autre chose et c’est aussi ce que cette exposition essaie de dire.

« Pièce par pièce, cette exposition représente une série de ruptures :  l’enfance, être envoyé en ville pour aller à l’école, les années Berlin… voilà une série d’états d’être qui s’effondrent et s’étiolent, et passent aux suivants. Et cela corrobore l’idée selon laquelle rien ne semble très stable  mais…  il y a quelque chose derrière cette porte du bureau qui me semble plus stable : ma famille, ma femme, mes enfants, mes amis. »

Sur la distinction entre le travail et le moi profond.

« Le travail créatif a sa propre vie, et il a sa propre compréhension de la direction qu’il doit prendre. En ce qui me concerne personnellement, l’intention est différente. J’ai l’impression que l’intention doit consister en une certaine gradation. C’est au-delà de moi-même, au-delà d’une sorte d’agrandissement de mon propre moi au sein duquel résider

 un énorme potentiel pour améliorer les choses et faire du bien aux gens. Je comprends ça parce que je le comprends pour moi-même; je comprends à partir de l’art, de la musique et autres choses créatives. Ça m’aide énormément. Et je ne sais pas comment m’arrêter là. J’essaie de faire une chanson avant le dimanche, le dimanche semble toujours arriver si vite. » 

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