LaF : le trio du rap keb de retour en live avec un deuxième album

Entrevue réalisée par Jacob Langlois-Pelletier
Genres et styles : rap / rap keb

renseignements supplémentaires

Sous étiquette Disques 7ième Ciel, la formation montréalaise LaF a fait récemment paraître son deuxième album, Chrome. Les voilà à l’assaut du MTELUS, ce pourquoi nous avons ramené à l’ordre du jour cette interview mise en ligne en mars dernier.

Depuis la sortie de leur dernier EP Soin Entreprise en 2020, les trois rappeurs du collectif ont fait fleurir leur flow et leur plume en empruntant chacun la route solo. Jamaz a ouvert le bal avec Les Ennuis (2020), suivi de Bkay avec Midi-Pile (2022) et Mantisse avec Colin-Maillard (2022). Cette fois-ci, ils reviennent à la charge avec le bouquet de sonorités le plus assumé et diversifié de leur carrière.

Comme à l’habitude, le producteur montréalais Bnjmn.lloyd est omniprésent, mettant la table avec des sons complexes et atmosphériques. LaF a fait appel à d’autres artistes pour la création de ce projet : Blaise Borboën-Léonard y joue du violon, le rappeur SeinsSucrer s’éclate sur Le Champ des possibles et Pops & Poolboy de Clay and Friends ainsi qu’Hologramme ont donné un coup de pouce à la production. Aussi, la formation victorieuse des Francouvertes 2022, Rau Ze, se joint à LaF sur Blue Cheez, l’un des meilleurs morceaux de l’album.

Chrome est un projet ayant une identité visuelle et sonore assez sombre. Dans le premier droit de l’album, les trois hommes posent sur des instrus très chargés, grandement inspirés du UK Garage. Le rythme effréné de LaF dans des sons tels que Terrain Supérieur et Pièges fait écho au rythme de vie rocambolesque des trois mousquetaires du rap kéb au cours des dernières années. Toutefois, une certaine lueur d’espoir se manifeste au fil du projet, démontrant le cheminement personnel parcouru par les trois emcees.

LaF produira son nouvel album sur scène pour la première fois au MTELUS, le 14 avril prochain.  

PAN M 360 : Comment s’est déroulée la création de Chrome?

LAF : Avec l’arrivée de la pandémie, nous avons eu l’idée de se lancer en solo. En parallèle, nous avons débuté la création de Chrome en juillet 2020. On avait loué un chalet pour deux semaines et nous avons amené tout notre studio pour créer là-bas. C’est comme ça que nous fonctionnons en général pour les albums. Nous ne savions pas trop vers où on s’en allait, mais au fil du temps, nous avons accumulé des maquettes et le projet a pris vie. Tous nos autres projets ont été créés sur une période d’environ un an, en général. Pour Chrome, ça nous a pris près de trois ans. C’était important pour nous de se laisser respirer et ça se ressent dans l’album, dans les propos et dans la production. Nous avons fait plusieurs séances au chalet et nous avons peaufiné nos morceaux à Montréal. Les deux collaborations ont été réalisées dans la dernière année. Nous pensons que ce projet est un véritable miroir de nous-mêmes. C’est le résultat de nombreuses heures de remise en question et d’introspection. C’est un album qui est lourd de sens pour nous. C’est assez intense de se dire « Ok, on a terminé pour de vrai le projet. » Les derniers mois ont été super rock’n’roll pour nous, sur plein de facettes différentes et ça fait un énorme bien.

PAN M 360 : D’où proviennent le nom Chrome et l’identité visuelle du projet?

LAF : Lorsque nous étions en tournée, Mantisse a eu l’idée d’avoir une seule couleur pour notre album. Nous étions tous d’accord qu’on voulait avoir quelque chose de très uni et absolu. C’est là que nous avons eu l’idée de faire usage du chrome et du métal fondu en guise d’esthétique. À ce moment-là, nous étions encore au début de la création et nous nous sommes tout de suite accrochés au concept. Ensuite, plus on créait, plus on se rendait compte que l’album allait être non seulement visuellement sombre, mais aussi sombre au niveau des paroles. On parle quand même de nos angoisses individuelles et en tant que groupe. On a vieilli au cours des dernières années et c’est certain qu’on voit la vie différemment. Veux, veux pas, ça clash avec nos anciens projets qui étaient plus lumineux. Il y a quand même des morceaux plus lumineux dans la deuxième moitié de l’album, mais en général c’est assez sombre. Les deux vidéoclips qui sont déjà sortis sont dans le même élan, mais le prochain aura davantage de lumière.

PAN M 360 : Que raconte Chrome?

LAF : Chrome, c’est un peu la suite logique de la pandémie et de notre arrivée à la mi-vingtaine. Ce projet reflète une certaine prise de conscience qui s’est manifestée chez chacun d’entre nous et les changements dans nos vies. Ça parle des périodes d’indécision et de notre vision de l’avenir. Je pense qu’on s’est resserré autour de ça et ça a défini beaucoup. Nous n’avions pas nécessairement prévu que l’album ait des moments plus sombres et d’autres, plus lumineux, c’est juste le reflet de nos vies. En gros, c’est un recueil des émotions et des processus que nous avons vécus au cours des dernières années. La création de Chrome c’était un long parcours, une sorte de pèlerinage.

PAN M 360 : Les productions du premier droit du projet sont très rythmées et très inspirées par le UK garage. Est-ce que cela fait en quelque sorte écho à votre style de vie au cours des dernières années?

LAF : Ouais, 100%, les dernières années ont été intenses. Il y a eu la pandémie qui était une période d’incertitude pour nous et nous avons aussi fait beaucoup de shows dans les dernières années. C’est beaucoup de haut et de bas, beaucoup d’émotions. C’est vrai que c’est un peu la folie pour les premières chansons, le début de l’album est 100% clairement plus intense. Après, ce n’est pas nécessairement que c’est plus smooth, mais c’est assurément plus digérable. Mais c’était voulu, c’était dans l’idée de refléter un peu le chaos que nous avons vécu tous ensemble et les éclaircies qui s’en suivent.  Il y a eu un moment dans le début du processus de l’album où on a eu un intérêt en termes de production autour du UK Garage, puis des productions genre up-tempo, drum and bass. Après ça, nous sommes partis dans plein d’autres directions. C’est clair qu’il y a clairement eu dans le début de production un élan vraiment assez intense. Ces sessions-là de musique étaient super intenses et on passait à travers plusieurs émotions pendant la création.  Il y avait une espèce de tourbillon dans le studio et on est devenu assez investi dans la musique.

PAN M 360 : Qu’est-ce que vos aventures respectives en solo vous ont apporté pour votre création en tant que LaF?

LAF : Ça nous a surtout apporté une meilleure connaissance de nous-mêmes. Ça nous a permis d’avoir un oeil nouveau sur la création et d’avoir plus de facilité à essayer de nouvelles choses. Ça nous a clairement donné davantage confiance et le goût d’amener LaF à un autre niveau. C’était bien de voir que nous étions capables de créer par nous-mêmes et de connaître nos capacités personnelles. Ça nous a permis de respirer un peu et ça nous a assurément aidés par la suite.

PAN M 360 : Comment est née votre collaboration Blue Cheez avec Rau Ze?

LAF : Nous avons plusieurs amis en commun avec la chanteuse de Rau Ze, Rose Perron, et nous avons suivi de près son parcours aux Francouvertes. Depuis plusieurs années, nous allons toujours aux soirées des Francos. Nous avons tous été très impressionnés par ses prestations. Nous l’avons croisé au festival La Noce à Chicoutimi et on a passé du temps avec elle. Nous nous sommes vraiment bien entendus avec elle. Pendant la création de l’album, on a eu l’idée de l’inviter sur le morceau. On se disait qu’elle pourrait vraiment bien faire sur la production de Blue Cheez. La création était super facile avec elle et son collègue Félix Paul. On est vraiment content du résultat.

PAN M 360 : Est-ce que d’autres projets solo sont en vue? Est-ce que vous souhaitez vous concentrer sur LaF dans le futur?

LAF : Nous ne savons pas vraiment pour l’instant, seul l’avenir nous le dira! LaF c’est un collectif artistique, mais c’est avant tout un groupe d’amis qui adorent faire de la musique ensemble. C’est un peu comme un foyer qui ne s’éteint jamais. C’est certain que les projets solos, ce n’est pas terminé. On va toujours s’arranger pour que nos carrières solo et LaF ne se chevauchent pas. Nous pensons que nos projets individuels complètent LaF. Ce collectif est notre projet de vie, et nous allons le défendre comme si c’était notre premier né.

Tout le contenu 360

DES hymnes à l’amour du côté de Bohème

DES hymnes à l’amour du côté de Bohème

Suoni per il popolo | Le jazz incendiaire et engagé de Irreversible Entanglements

Suoni per il popolo | Le jazz incendiaire et engagé de Irreversible Entanglements

Suoni per il popolo | On pique un jasette avec une légende de la musique contemporaine : Howard Skempton

Suoni per il popolo | On pique un jasette avec une légende de la musique contemporaine : Howard Skempton

Tali Rose partage son Piknic Electronik

Tali Rose partage son Piknic Electronik

Festival Classica pour enfants | Denis Gougeon et Julie Daoust nous causent « biscuits, tempêtes et mélodies »

Festival Classica pour enfants | Denis Gougeon et Julie Daoust nous causent « biscuits, tempêtes et mélodies »

Festival Classica – Fauré et Dubois au siècle dernier

Festival Classica – Fauré et Dubois au siècle dernier

Habitat Sonore au Centre Phi| Playlist estivale et lieu idéal pour l’écoute active et immersive

Habitat Sonore au Centre Phi| Playlist estivale et lieu idéal pour l’écoute active et immersive

Piknic Électronik | Pretty Privilege, transidentité,  joie, insolence

Piknic Électronik | Pretty Privilege, transidentité, joie, insolence

Suoni | Sarah Davachi et l’enjeu d’être jouée par No Hay Banda

Suoni | Sarah Davachi et l’enjeu d’être jouée par No Hay Banda

Suoni Per Il Popolo | The Jellicle Kiki Ball

Suoni Per Il Popolo | The Jellicle Kiki Ball

Centre PHI | KALLITECHNIS incarne sensualité et introspection.

Centre PHI | KALLITECHNIS incarne sensualité et introspection.

Festival Classica – Hommage à Queen

Festival Classica – Hommage à Queen

Vincent Lauzer parle de la programmation de Montréal baroque 2024

Vincent Lauzer parle de la programmation de Montréal baroque 2024

Au Gala de la Terre, l’Orchestre de l’Agora, Natasha Kanapé Fontaine, Claudie Bertounesque, Richard Strauss, Élizabeth St-Gelais | Nicolas Ellis explique

Au Gala de la Terre, l’Orchestre de l’Agora, Natasha Kanapé Fontaine, Claudie Bertounesque, Richard Strauss, Élizabeth St-Gelais | Nicolas Ellis explique

Bell Orchestre immersif et interactif: House Music devient Sound House à la SAT

Bell Orchestre immersif et interactif: House Music devient Sound House à la SAT

Festival Classica | La parole de Georges Sand, les mots de Denis Plante

Festival Classica | La parole de Georges Sand, les mots de Denis Plante

Festival Classica | Un anniversaire symphonique pour Starmania et Jacques Lacombe

Festival Classica | Un anniversaire symphonique pour Starmania et Jacques Lacombe

Festival Classica | Un hommage à Théodore Dubois signé Lavigueur et Sinfonia

Festival Classica | Un hommage à Théodore Dubois signé Lavigueur et Sinfonia

Dumai Dunai sort son premier album… et en cause

Dumai Dunai sort son premier album… et en cause

SAT Dômesicle | Elena Colombi, beaucoup de la tête pour le corps

SAT Dômesicle | Elena Colombi, beaucoup de la tête pour le corps

Humidex Records fête ses cinq ans à la SAT!

Humidex Records fête ses cinq ans à la SAT!

Jill Barber : en français encore et toujours!

Jill Barber : en français encore et toujours!

Festival Classica – Piazzolla, de New York à Paris

Festival Classica – Piazzolla, de New York à Paris

38e Nuits d’Afrique | Sépopo Galley explique la programmation

38e Nuits d’Afrique | Sépopo Galley explique la programmation

Inscrivez-vous à l'infolettre