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La tournée Gonzo de Boslen débarque à Montréal

Interview réalisé par Jacob Langlois-Pelletier
Genres et styles : hip-hop

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Une semaine après la sortie de son titre Fallen Star, le rappeur canadien Boslen a lancé sa tournée Gonzo au Newspeak, vendredi dernier.

Né à Chilliwack en Colombie-Britannique, Boslen qualifie sa musique d’« inspirante et débordante d’énergie ». En 2018, le jeune Canadien quitte l’école et s’installe à Vancouver. C’est à ce moment qu’il crée ses deux premières mixtapes, Motionless et Motionless II. Depuis ce temps, Boslen roule sa bosse et ne cesse de grandir musicalement.  

Sur étiquette Capitol Records en 2021, il lance DUSK to DAWN, un projet de 12 chansons. Dans cet album, Boslen navigue avec aisance entre la trap, la pop, le punk, le rock et bien sûr le rap. De par ses flows diversifiés, sa voix enrobante, ses paroles percutantes et son univers déjanté, Boslen semble posséder tous les atouts pour connaître du succès dans le monde du rap. Depuis sa sortie, DUSK to DAWN cumule un peu plus de 17 millions d’écoutes en ligne.

Le 29 avril dernier, le rappeur canadien a sorti, en collaboration avec le producteur Y2K, le titre Fallen Star, un morceau étincelant et puissant. Ce printemps, le rappeur de 23 ans lancera son projet Gonzo. Après s’être percé le tympan droit lors de l’enregistrement de sa chanson Levels, Boslen souhaite approcher la création musicale différemment. « Dorénavant, j’entends moins les basses fréquences. De ce fait, je dois me fier encore plus sur ma base mélodique et tourner cela à mon avantage », dit-il.

Vendredi dernier, Boslen a donné le coup d’envoi de sa tournée au Newspeak, à Montréal. Au cours de ce périple, le rappeur se produira dans six villes canadiennes, dont Toronto et Vancouver, pour ensuite s’envoler vers Europe pour quatre spectacles. « J’adore la culture montréalaise et j’ai extrêmement hâte au show », nous a-t-il indiqué avant le spectacle, le sourire aux lèvres. Pour en savoir plus sur son passage à Montréal et son prochain projet Gonzo, Pan M 360 s’est entretenu avec lui.


PAN M 360 : Comment décrivez-vous votre musique?

BOSLEN : Je dirais que j’explore plusieurs genres musicaux. Je veux que mes chansons inspirent mes auditeurs. Par le passé, ma musique parlait beaucoup de vulnérabilité et du désir de s’échapper. Maintenant, avec mon prochain projet Gonzo, je souhaite que mes morceaux soient remplis d’énergie et traversent le « quatrième mur » entre les auditeurs et moi. Je veux mieux comprendre et maîtriser le pouvoir d’influence et d’inspiration que ma musique peut avoir. Dorénavant, la plupart des choix de mots et d’instrumentales que je fais ont pour but d’inspirer et d’être le plus authentique possible. Je souhaite que les gens voient que je suis une vraie personne, que ce n’est pas seulement un masque. Ceci est extrêmement important pour m’assurer qu’après ma mort, j’ai laissé un héritage inspirant pour les gens qui m’écoutent.

PAN M 360 : Quelles sont vos influences musicales?

BOSLEN : Honnêtement, mes influences varient chaque jour. Depuis quelque temps, j’écoute beaucoup de Baby Keem, Naomi Wild et Sebastian Reynoso. Ça peut paraître étrange, mais ce sont souvent les artistes méconnus ou qui commencent à être connus comme moi qui m’inspirent le plus. Je suis extrêmement compétitif, non pas dans le sens que je souhaite à tout prix avoir plus de succès qu’eux, mais plus que je me demande pourquoi je ne suis pas aussi talentueux qu’eux, alors que nous sommes au même stade dans notre carrière. Ça me pousse à travailler fort et à me surpasser.

PAN M 360 : En quoi la création de Gonzo a été différente de celle de votre dernier album, DUSK to DAWN?

BOSLEN : Pour la création de DUSK to DAWN, j’étais accompagné de Justsayin. Il a joué le rôle de producteur exécutif pour tout l’album. Au début de la pandémie, la seule chose que nous avions et pouvions faire était d’enregistrer dans mon studio. On est restés enfermés jour et nuit à l’intérieur du studio. C’est de là que le concept du projet est venu. Tout au long de la création, c’était moi qui donnais tout ce que j’avais avec une seule et unique personne. Nous avions tous les deux la même vision et nous poussions dans la même direction.

Dans le cas de Gonzo, j’étais beaucoup plus indépendant. Lors de mon séjour de deux mois à Los Angeles, j’ai rencontré de nombreux beatmakers à qui je n’avais jamais parlé, puis j’ai travaillé avec eux. À chaque rencontre, j’ai dû expliquer ma vision artistique et ce que je recherchais. Cette fois-ci, c’était moi qui décidais ce que je voulais; j’indiquais aux producteurs musicaux ce qui me manquait. C’était une expérience extrêmement différente. Ça m’a appris à être plus efficace et habile avec mes mots. De plus, j’ai aussi appris à ne pas perdre mon temps lorsque je crée.

PAN M 360 : Comment est né Fallen Star, votre collaboration avec le producteur musical Y2K?

BOSLEN : Il y a quatre mois, j’étais à Los Angeles et je l’ai rencontré pour la première fois. Y2K, c’est un peu comme les magiciens que l’on voit dans les dessins animés, ceux qui mélangent les éléments les plus inusités et qui produisent un résultat parfait. Il est tellement rapide et efficace. Je peux dire un seul mot ou bruit comme « dah » et il est en mesure de transformer le tout en une chanson. C’est un génie musical. Je le respecte énormément et je m’estime chanceux d’avoir travaillé avec lui. Lors de notre deuxième séance d’enregistrement, on a fait trois ou quatre chansons et il m’a joué la mélodie de Fallen Star. Je lui ai demandé de la refaire jouer à plusieurs reprises. La phrase « Found myself just looking for the stars » m’est venue à l’esprit. À partir de ça, nous avons continué à bâtir la chanson et sommes arrivés au résultat final.

PAN M 360 : Dans l’une de vos récentes publications Instagramconcernant Fallen Star, vous avez dit que « le monde a besoin d’entendre plus de ce genre de musique ». Que vouliez-vous dire?

BOSLEN : L’autre jour, j’ai eu une bonne conversation avec une personne qui m’inspire énormément et elle me disait la même chose. Elle me raconte que les musiques d’aujourd’hui se ressemblent énormément et que ce n’est pas inspirant pour les auditeurs. Évidemment, c’est très subjectif et je respecte ceux qui aiment écouter ce genre de musique. J’essaie de créer des chansons qui ressemblent à celles de Kid Cudi, Kanye West, The Weeknd et Post Malone. Ce sont tous des artistes qui se soucient des détails et je trouve ça extrêmement important. J’essaye de faire de la musique inspirante et intemporelle.

PAN M 360 : Quelle est l’importance des clips musicaux dans votre processus créatif?

BOSLEN : Pour moi, c’est primordial pour un artiste de donner une représentation visuelle de son art. À plus forte raison parce que nous passons devant nos écrans. C’est nécessaire de fournir un support visuel aux auditeurs, pour leur permettre d’être transportés dans notre monde plus facilement. C’est presque de la triche, tellement c’est efficace pour rapprocher l’artiste et ses fans. De plus, si c’ est exécuté avec brio, les clips vont bien vieillir et inspirer les générations futures.

PAN M 360 : Pourquoi était-il important pour vous d’être en tournée au Canada?

BOSLEN : C’était la chose la plus importante pour moi. Il était dans mes priorités de redonner quelque chose aux Canadiens et de rencontrer mes auditeurs. Faire des spectacles, c’est vraiment différent des réseaux sociaux. C’est plaisant d’avoir un certain nombre de J’aime et de commentaires, mais c’est important pour moi de donner mon art directement aux gens. Je veux leur faire vivre une expérience et démontrer pourquoi je crée de la musique. Avec cette tournée, je veux redonner aux gens et créer des « fans du premier jour ». C’est grâce à ça que je serai capable de remplir des arénas, un jour.

PAN M 360 : Quelle est votre relation avec Montréal?

BOSLEN : C’est une ville superbe. J’adore la culture montréalaise et le style vestimentaire des gens. Ils s’habillent différemment de chez moi, à Vancouver. J’adore et admire ça. La première fois que je suis venu à Montréal, j’ai regardé les panneaux d’arrêts et je ne comprenais pas pourquoi il n’était pas écrit « STOP ». Je trouvais ça drôle. Je ne parle pas couramment le français, tout ce que je suis capable de dire c’est « Bonjour » et « Est-ce que je peux aller à la toilette? »! De plus, la vie nocturne est incroyable à Montréal.

PAN M 360 : Quelle est la collaboration dont vous rêvez?

BOSLEN : Ce serait assurément Kid Cudi, et je sais que ça va arriver. Il a littéralement sauvé ma vie. Quand j’étais adolescent et que je me cherchais, je n’avais personne à qui parler. Sa musique m’a sauvé et m’a permis de traverser plusieurs moments difficiles. Cudi a vraiment créé un lien avec ses auditeurs. Il abordait des sujets qui me touchaient réellement, au lieu de parler d’autos, de femmes et d’argent. Les jeunes ont besoin de ça. Quand j’ai grandi, je n’ai pas toujours eu la présence d’une figure paternelle et la musique de Kid Cudi a été là pour moi, quand j’en ai eu besoin.

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