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Atsuko Chiba, Klô Pelgag, La Sécurité, Les Louanges et plusieurs autres productions québécoises de qualité seront présentés à la Commission B.
Parmi les petits festivals régionaux de la province, celui de La Commission B à Saint-Casimir se distingue par sa programmation presque exclusivement québécoise, son volet brassicole et sa convivialité. La 11e édition, qui se déroulera cette année du 19 au 21 juin, donnera l’occasion d’apprécier Klô Pelgag, Les Louanges, La Sécurité et bien d’autres dans une atmosphère détendue et sans se ruiner. Avec l’attention portée aux familles autant dans la programmation que sur le site, petits et grands y trouveront tous leur compte en faisant le plein de découvertes musicales. On a eu la chance de s’entretenir avec le directeur artistique François Deschamps pour en savoir un peu plus sur les artistes et les activités qu’il a invités cette année!
Ce contenu est produit en partenariat avec LA VITRINE, qui relaie aussi La Commission B
PAN M 360 : Pourriez-vous nous présenter un peu La Commission B pour ceux et celles qui n’ont jamais mis les pieds à Saint-Casimir?
François Deschamps : C’est un petit festival qui a été créé il y a environ dix ans, de manière complètement organique, par la communauté et la brasserie de Saint-Casimir, afin de mettre sur pied un événement brassicole. Avec le temps, la structure et la direction s’est modifiée et c’est devenu un évènement musical à part entière mais qui a tout de même conservé un aspect brassicole puisque le samedi, plusieurs micro-brasseries d’un peu partout dans la province viennent toujours y exposer leurs produits. L’idée c’est vraiment de créer le plus beau des petits festivals, d’essayer de garder ça à l’échelle humaine où les gens peuvent venir profiter d’un week-end musical dans des lieux qui ne sont pas surchargés et qui sont conviviaux. Comme ça a lieu en plein cœur du village, c’est pas comme dans un champ rempli à pleine capacité haha!
PAN M 360 : Pouvez-vous nous parler un peu de la direction de votre programmation?
François Deschamps : On fait une très grande place à la musique québécoise, c’est la totalité de notre programmation à l’exception d’une formation française. Ça vient d’une volonté artistique mais aussi d’une réalité économique. Ça aurait été possible de programmer des groupes de l’extérieur et d’avoir des gros noms mais ça devient souvent une course à la nouveauté ou à la croissance et on n’avait pas envie d’aller là. On s’est centré sur la qualité et la découverte de ce qui se fait ici.
PAN M 360 : Est-ce un défi de monter une programmation (presque) exclusivement québécoise ou une fierté?
François Deschamps : Un peu des deux haha! C’était un défi mais le paysage musical a beaucoup évolué au Québec. C’est tellement talentueux ce qui se fait ici depuis quelques années qu’on pourrait faire sept jours de festival et on aurait encore des choix difficiles à faire alors qu’avant, on se faisait dire qu’on ne pouvait pas faire de festival si on avait pas de tête d’affiche internationale. On est axé sur des styles qui se retrouvent pas ou peu dans d’autres programmations estivales, dans la marge, car on veut initier les gens et proposer des choses qu’ils n’entendront pas ailleurs. Le mélange des genres marche bien dans notre cas et ça fait partie de l’identité du festival. Comme on est une gang de mélomanes à la programmation, on se fait plaisir et on essaie de créer des expériences enrichissantes.
PAN M 360 : Peux-tu nous parler un peu de tes coups de cœur de programmateur pour cette édition-ci?
Et bien on aura le rock progressif fusionné d’Atsuko Chiba, un groupe québécois qui commence à avoir une belle renommée à l’international et qui demeure étrangement assez méconnu ici : ils mélangent plusieurs influences donc le psych, le post-rock et même le hip-hop alors je pense que ça vaut vraiment le détour. Sinon, le spectacle de Philippe B dans la grande église du village risque d’être franchement magnifique, c’est définitivement un de ceux que j’ai le plus hâte de voir. Côté découverte, Alix Fernz et La Sécurité sont à ne pas manquer puisqu’ils font de plus en plus jaser. Pour ce qui est des têtes d’affiche, on aura Klô Pelgag et Les Louanges qui viendront faire un tour!
PAN M 360 : Les familles sont bienvenues lors du festival et d’ailleurs, vous avez pensé à eux dans la programmation je pense?
François Deschamps : Oui et bien comme on a, en parallèle, une programmation en salle à l’année longue où on a un volet jeunesse (avec lequel on fait de la médiation dans les écoles aussi), c’était logique et naturel pour nous d’en développer un dans le festival. On a adapté l’offre, et aussi l’espace avec le petit boisé, avec des spectacles et des ateliers pensés pour les plus jeunes où on a essayé d’avoir de vraies propositions artistiques, pas seulement des divertissements. On a des activités de cirque, un volet bricolage et des performances déambulatoires en plus de la classique activité de maquillage haha! Comme ça les plus petits peuvent aussi y trouver leur compte!
PAN M 360 : Quelles particularités est-ce que les gens de l’extérieur vont retrouver en s’aventurant à Saint-Casimir?
François Deschamps : La convivialité, l’espace et l’accessibilité sans se ruiner! Le fait que les places de camping sont gratuites plaît beaucoup aux adolescents et aux jeunes adultes alors que la gratuité des billets pour enfants est très appréciée par les familles. Il y a un café collaboratif qui est installé dans le milieu où les gens se rejoignent dès le matin et il y a de la musique sur la rue principale avant que la programmation enchaîne alors c’est vraiment vivant! Il faut dire que sur les 1500 habitants du village environ, une bonne centaine sont bénévoles pour le festival alors c’est vraiment un trip communautaire qui crée des liens! La preuve : beaucoup de gens s’informent sur la communauté ensuite, que ce soit par envie d’y déménager ou de s’y impliquer haha!
PAN M 360 : De quelle manière réussissez-vous à assurer la pérennité financière de l’évènement?
François Deschamps : Pour les festivals, la presque totalité des modes de financement est à court terme donc c’est hyper difficile de se projeter dans le futur et d’essayer d’avoir de la prévisibilité puisque chaque année, on est en attente de réponse de financement et c’est constamment à recommencer alors ça prend beaucoup de temps et d’énergie à l’équipe, qui ne peut pas être en train de s’occuper des autres aspects lorsqu’elle est en rédaction de demandes de subvention. Il y a même des réponses qui arrivent après l’évènement donc des fois c’est super stressant parce qu’on n’est pas certains de recevoir l’aide de tel ministère/programme alors même que le budget de l’édition est déjà dépensé. On n’a pas ou très peu de financement récurrent, peu importe le succès de l’édition précédente, ce qui est assez particulier puisque les subventionneurs nous demandent toujours de créer plus de nouveauté alors qu’on est toujours dans un mode de précarité qui épuise les équipes. On est à un courriel ou un refus de ne pas pouvoir tenir l’événement, chaque fois. De plus, pour les festivals en région comme nous, le financement privé est assez limité.
PAN M 360 : Les retombées économiques, pour la petite communauté de Saint-Casimir, doivent être assez importantes lors de cette réunion de quelques milliers de personnes?
François Deschamps : Absolument! Les restaurants et les bars sont pleins et il faut se planifier comme il faut pour réserver une chambre d’hôtel haha! Je pense que c’est 1,50$ de retombées pour chaque 1$ investi en culture? Il faudrait vérifier mais ça donne un bon coup de pouce à l’économie du village! Les commerçants sont contents, les villageois aussi et tout le beau monde de l’extérieur peut nous découvrir sous notre meilleur jour!
- Selon Radio-Canada en 2025, chaque dollar investi en culture en rapporte quatre, alors que selon le Conseil des Arts chaque dollar investi en rapporte six.























