FMA 2025 | Lena Chamamyan, « musicothérapie » acoustique et virage électro

Entrevue réalisée par Alain Brunet

renseignements supplémentaires

Lena Chamamyan est une habituée du FMA, elle s’y produit depuis les années 2000. Sa carrière avait commencé à Damas et dans les pays du Levant, bien avant la guerre civile l’oblige à quitter son pays pour ainsi poursuivre sa carrière hors des zones de violence. Établie en France où elle y a obtenu la citoyenneté, Lena Chamamyan a fait évoluer son art au gré de ses migrations. Plus encline aux sonorités nouvelles, c’est-à-dire à une mixité de sonorités électroniques et instrumentales inscrite dans les codes de la musique pop arabe ou même la musique arabe classique sans compter ses explorations flamenco ou jazz. De retour au FMA après s’y être absentée depuis l’automne 2022,  la chanteuse syro-française compte maintenir sa facture instrumentale acoustique. L’électro pourrait suivre au cours des années qui viennent.

Photo tirée du compte Instagram de Lena Chamamyan

CE DIMANCHE 9 NOVEMBRE, 5E SALLE DE LA PLACE DES ARTS

Publicité panam

PAN M 360 : Comment votre programme du FMA a-t-il été construit?

Lena Chamamyan : Ça fait quelques années que je n’ai pas donné mon propre concert ici. Mais je n’ai pas cessé pendant ce temps de donner mes concerts partout en Europe. Pour Montréal, j’ai préparé le même répertoire que je fais en Europe. Ce sont des chansons dédiées à la diaspora méditerranéenne.

PAN M 360 : Que voulez-vous dire par cet engagement?

Lena Chamamyan: Il y a des chansons qui sont conçues pour eux. Il y a des chansons qui racontent  la diaspora. Il y a aussi de nouvelles chansons, je suis en train de défendre des chansons de mon nouvel album.

PAN M 360 : Si on parle de votre nouvel album, comment a-t-il été produit? Quelle en  est la facture? Avec qui avez-vous travaillé?

Lena Chamamyan : C’est une autoproduction. J’ai fait appel à des producteurs d’âges différents, de 19 ans à 50 ans.  J’ai voulu montrer toute la culture arabe d’aujourd’hui tout en conservant l’usage de l’arabe littéraire dans les textes. J’ai voulu faire en sorte que ça marche toujours avec différentes propositions musicales. Alors j’ai mélangé les genres avec les chansons, certaines chansons folk ont été changées, les mélodies ont été retravaillées. Je l’ai fait dans plusieurs chansons, j’ai actualisé mes compositions que j’ai ensuite confiées à des producteurs arabes ou maghrébins d’âges différents et  de nationalité différentes.

PAN M 360 : Quelle est l’instrumentation?

Lena Chamamyan : Il n’y a que moi qui chante, il y a des guitares, des claviers, des cordes, du oud, de l’électronique. Il y a des producteurs d’Algérie, de Jordanie, mais surtout des Syriens exilés partout . J’ai voulu savoir leur influence, celle aussi qu’ils ont reçu dans dans la diaspora. Des producteurs comme Maher El Mallakh, Omar Alkilani, George Koita, OBADA Q, Shady Moanes, Ghaleb Zidan, Hello Psychaleppo…

PAN M 360 : En majorité, vous avez travaillé avec des producteurs à la page!

Lena Chamamyan : Oui, ce sont majoritairement des producteurs incluant l’électronique à leur travail.  Normalement, je travaille surtout en instrumentation acoustique mais j’ai changé mon style pour cet album.

PAN M 360 : Et ce dimanche au FMA? Allez-vous présenter votre nouveau matériel en mode électro?

Lena Chamamyan : Non. Ce sera la version acoustique. Il y aura des chansons anciennes, mieux connues, et il y en aura des nouvelles qui seront présentées pour la première fois sur scène, ici à Montréal.

PAN M 360 : Ce ne sera donc pas l’instrumentation de votre dernier album!

Lena Chamamyan : Non, pas du tout. Jusqu’à maintenant, je maintiens la version acoustique pour mes spectacles. Je n’ai pas encore fait une version électronique live, mais nous sommes en train de préparer ça.

PAN M 360 : Ce serait très intéressant de découvrir cet aspect de votre travail.

Lena Chamamyan : Oui, ce projet pourrait renouveler les choses.

PAN M 360 : Joseph Nakhlé, qui est à nos côtés, tu devrais penser à présenter la version électro de Lena à Orientalys , le pendant estival du FMA en août dans le Vieux-Port.

Joseph Nakhlé : Complètement. En plein air , on a déjà pensé à une version électronique de nos artistes invités au FMA

PAN M 360 : Et pour la version du dimanche 9 novembre?

Lena Chamamyan : Nous avons essayé, mais les musiciens pressentis n’ont pas obtenu de visa. Moi, j’ai maintenant la nationalité française depuis 2020.

Joseph Nakhlé : Si je peux ouvrir une parenthèse là-dessus, il y a cette année plus de refus de visas et nous avons un problème avec la soirée de clôture. Même Moeen Shreif de Beyrouth, qui est une méga vedette pop au Liban et dans le monde arabe, n’a pas encore obtenu son visa à quelques jours de l’événement. Il est pourtant venu chanter au Canada à plusieurs reprises. On souffre cette année par rapport à ça. Ça devient vraiment ridicule… Si ça met en cause notre soirée de clôture, on sortira un communiqué de presse et ainsi de suite.

PAN M 360 : Quelle est l’année de votre dernier passage au FMA?

Lena Chamamyan : J’y étais venue en 2022. J’étais aussi venue quelques fois auparavant. Aujourd’hui je crois qu’il y a une grande différence entre mes premiers spectacles au FMA et mon spectacle actuel. Au niveau du texte, au niveau de la musique, au niveau de tout.

PAN M 360 : Puisque vous avez la citoyenneté française depuis 2020 vous vivez en France?

Lena Chamamyan : Oui en bonne partie. Je vis entre Paris et Le Caire, où je joue un appartement car j’aime y passer l’hiver parce qu’il fait plus chaud et que j’y ai de très bons amis. Mais en été, ça devient trop chaud et donc je suis plutôt à Paris.

PAN M 360 : Il y a beaucoup de studios au Caire, vous y travaillez?

Lena Chamamyan : Je travaille plutôt en Europe et en Turquie avec les musiciens et producteurs.

PAN M 360 : Oui vous êtes une habituée du FMA. Je me souviens vous avoir parlé au début de votre carrière, lorsque vous viviez en Syrie.

Lena Chamamyan : Oui, ma famille vivait à Damas à l’époque. Mon père vient d’Alep mais j’ai grandi à Damas. Lors de mes premières années, mes chansons étaient plus mélancoliques et romantiques.

PAN M 360 : À l’époque de vos premiers concerts, c’était différent.

Lena Chamamyan : Maintenant, ma musique a beaucoup plus d’énergie.  Je crois qu’on a besoin de célébrer la joie. Il y a beaucoup d’énergie positive mais il y a aussi  plein d’énergie négative qui doit s’exprimer. Je pense qu’un concert est une séance de musicothérapie. 

PAN M 360 : Le contexte actuel est tellement difficile pour les Syriens et leurs voisins arabes, il faut penser à se soigner en exprimant sa colère et aussi sa joie.

Lena Chamamyan : Exactement!

Musiciens de Lena Chamamyan  au concert du FMA :

Arden Arapyan: Piano et direction musicale

Marwan El Boukhari: Basse

Nizar Tabcharani: Qanoun

Phyras Haddad: Percussions

Fadi Machreki: Percussions

Raffi Kevork Chouljian: Batterie

Nawar Helala: Trompette

Tout le contenu 360

Classica 2026 | 1001 histoires de guitare avec Tommy Dupuis

Classica 2026 | 1001 histoires de guitare avec Tommy Dupuis

FRANCOS 2026 | Évidences et pépites, Maurin Auxéméry défend sa prog

FRANCOS 2026 | Évidences et pépites, Maurin Auxéméry défend sa prog

Jeunesses Musicales Canada 2026-2027 : Mission musique pour tous

Jeunesses Musicales Canada 2026-2027 : Mission musique pour tous

SuperMusique X Le Vivier | La Chorale Joker et le langage des signes

SuperMusique X Le Vivier | La Chorale Joker et le langage des signes

FMCM 2026 | John-Henry Crawford, jeune artiste passionné

FMCM 2026 | John-Henry Crawford, jeune artiste passionné

Classica X Le Vivier |  L’hiver attend beaucoup de moi: l’opéra, le féminisme, l’hiver

Classica X Le Vivier | L’hiver attend beaucoup de moi: l’opéra, le féminisme, l’hiver

Classica 2026 | Notre-Dame de Paris symphonique et lyrique, libre vision de Simon Leclerc

Classica 2026 | Notre-Dame de Paris symphonique et lyrique, libre vision de Simon Leclerc

FMCM 2026 | Jens Lindemann, ex-Canadian Brass, se fait plaisir avec un big band tout Montréalais

FMCM 2026 | Jens Lindemann, ex-Canadian Brass, se fait plaisir avec un big band tout Montréalais

FMCM 2026 | Yoanna Prodanova revient à l’une de ses maisons

FMCM 2026 | Yoanna Prodanova revient à l’une de ses maisons

La vie est un parfum : conclusion de la Trilogie des odeurs de Jacques Kuba Seguin

La vie est un parfum : conclusion de la Trilogie des odeurs de Jacques Kuba Seguin

L’Entracte Cabaret Jazz : Un nouveau club 100% jazz ouvre ses portes à Montréal

L’Entracte Cabaret Jazz : Un nouveau club 100% jazz ouvre ses portes à Montréal

Classica 2026 | Rock symphonique: au tour de Supertramp!

Classica 2026 | Rock symphonique: au tour de Supertramp!

FMCM 2026 |  Cameron Crozman, la musique de chambre droit au cœur

FMCM 2026 | Cameron Crozman, la musique de chambre droit au cœur

La Commission B à Saint-Casimir: « complètement organique »

La Commission B à Saint-Casimir: « complètement organique »

Festival Énergik en Mauricie: musique, manèges, éco-responsabilité, communauté

Festival Énergik en Mauricie: musique, manèges, éco-responsabilité, communauté

FMCM 2026 | Trois midis avec Bach et Sirena Huang

FMCM 2026 | Trois midis avec Bach et Sirena Huang

Classica 2026 | Jorane & Oktopus, « Rêvances sans paroles »… et les mots de Gabriel Paquin Buki

Classica 2026 | Jorane & Oktopus, « Rêvances sans paroles »… et les mots de Gabriel Paquin Buki

Classica 2026 | La longueur sublime des Trios pour piano de Schubert

Classica 2026 | La longueur sublime des Trios pour piano de Schubert

Classica 2026 | Michel Legrand, chant lyrique, symphonie, jazz… Lorraine Desmarais raconte

Classica 2026 | Michel Legrand, chant lyrique, symphonie, jazz… Lorraine Desmarais raconte

La renaissance musicale de Mantisse

La renaissance musicale de Mantisse

SAT | Johnny Jewel de retour à Montréal pour le live set d’une œuvre vaste et impressionnante

SAT | Johnny Jewel de retour à Montréal pour le live set d’une œuvre vaste et impressionnante

Festival de la chanson de Tadoussac, culture, nature au coin du fjord et de l’estuaire

Festival de la chanson de Tadoussac, culture, nature au coin du fjord et de l’estuaire

Classica 2026 | « Le grand tango »: la passion de Denis Plante pour le bandonéon et le violoncelle de Stéphane Tétreault

Classica 2026 | « Le grand tango »: la passion de Denis Plante pour le bandonéon et le violoncelle de Stéphane Tétreault

Domaine Forget 2026 | Un été complet au paradis de la musique dans Charlevoix

Domaine Forget 2026 | Un été complet au paradis de la musique dans Charlevoix

Inscrivez-vous à l'infolettre

Inscription
Infolettre

« * » indique les champs nécessaires

Type d'abonné