Faculté de musique UdeM | Offenbach à l’atelier d’opéra

Entrevue réalisée par Chloé Rouffignac
Genres et styles : classique / opérette / période romantique

renseignements supplémentaires

À l’occasion de la production Orphée aux Enfers, l’atelier d’opéra de la Faculté de musique de l’Université de Montréal nous incite à plonger dans l’univers satirique de Jacques Offenbach. Robin Wheeler, codirecteur de l’atelier d’opéra, explore avec nous les raisons qui l’ont conduit au choix de l’opérette, son rôle pédagogique et les décisions artistiques qui ont mené au produit final. Robin évoque le travail de fond et les défis rencontrés pendant la saison. Cet entretien met en lumière la mission de la faculté avec ses étudiants, mettant en lumière l’importance du processus et l’équilibre crucial entre voix et orchestre. 

PAN M 360 : Pouvez-vous expliquer votre rôle au sein de l’atelier d’opéra ?

Robin Wheeler:Je suis professeur agrégé à la Faculté de musique et codirecteur de l’atelier d’opéra, que je dirige avec Richard Margeson, ténor de renommée internationale ayant eu une longue carrière dans le milieu lyrique. Chaque année, notre rôle consiste à choisir une œuvre, à constituer l’équipe artistique — notamment le metteur en scène — et à assurer l’encadrement musical des chanteurs. Pour ma part, je m’occupe principalement de la préparation musicale, cette année en collaboration avec la coach accompagnatrice Esther Gonthier, avec qui je partage également le travail instrumental.

PAN M 360: Pourquoi avoir choisi Orphée aux enfers cette année ?

Robin Wheeler: Après une production plus sombre l’an dernier avec Hänsel et Gretel, nous avions envie d’apporter davantage de légèreté. Dans le contexte actuel, il nous semblait important d’offrir au public une comédie. Offenbach s’imposait naturellement : il n’y a pas meilleur compositeur lorsqu’il s’agit d’opérette française. De plus, le choix d’une œuvre avec dialogues représente un défi formateur pour les chanteurs, qui doivent apprendre à passer de la voix parlée à la voix chantée, un aspect essentiel de leur formation.

PAN M 360: Le choix du français a-t-il aussi joué un rôle ?

Robin Wheeler: Absolument. Pour la majorité de nos chanteurs, le français est leur langue maternelle. Chanter dans sa propre langue permet une compréhension immédiate du texte et une expression plus naturelle. C’est un véritable luxe pour les interprètes, mais aussi un atout pour le public.

PAN M 360 : Pensez-vous que l’œuvre reste actuelle aujourd’hui ?

Robin Wheeler: Oui, sans aucun doute. Offenbach détourne le mythe d’Orphée et Eurydice avec beaucoup d’humour : les personnages ne correspondent pas aux attentes traditionnelles, et la morale est incarnée par le personnage de l’Opinion publique. Cette relecture satirique reste extrêmement pertinente. La musique, quant à elle, dialogue avec la tradition, notamment par des références à Gluck, tout en conservant une grande fraîcheur.

PAN M 360 : Comment la vision artistique s’est-elle construite avec le metteur en scène ?

Robin Wheeler: François Racine est un metteur en scène d’une grande expérience dans le monde de l’opéra. Il connaît très bien les chanteurs et les traite comme de véritables professionnels. La mise en scène reste relativement traditionnelle dans son esthétique, mais avec des ajustements subtils dans le texte pour renforcer l’actualité et l’humour. Son sens de la comédie et son respect de la musique en font un collaborateur idéal pour ce projet.

PAN M 360 : Quels sont les principaux défis musicaux de cette production ?

Robin Wheeler: L’un des grands défis est l’équilibre entre l’orchestre et les voix, d’autant plus que notre salle ne possède pas de fosse : l’orchestre joue devant la scène. Trouver la juste balance demande un travail constant. Par ailleurs, même si la musique semble légère, elle exige une grande précision rythmique. Offenbach donne l’illusion de la simplicité, mais tout repose sur une rigueur extrême.

PAN M 360: Quels apprentissages cette production offre-t-elle aux étudiants ?

Robin Wheeler: Au-delà de la représentation elle-même, c’est tout le processus qui compte : le travail depuis le mois d’octobre, la semaine technique très intensive, la gestion de l’endurance vocale et de l’énergie. Les étudiants, du baccalauréat au doctorat, partagent la scène et forment une véritable compagnie. Tous les solistes chantent également dans les chœurs, ce qui renforce l’esprit collectif et l’expérience professionnelle.

PAN M 360: Quel message souhaitez-vous transmettre au public ?

Robin Wheeler: J’aimerais que le public retienne avant tout la légèreté de l’œuvre et le plaisir qu’elle procure. L’opéra permet, pendant deux heures, d’oublier les préoccupations du quotidien. Voir la jeunesse, l’énergie et l’engagement de ces jeunes artistes est quelque chose de très précieux, autant pour le public que pour nous, enseignants.

PAN M 360 : Plus largement, quels sont selon vous les enjeux actuels de l’opéra ?Robin Wheeler: L’opéra est un art exigeant et coûteux, et les questions de financement sont bien réelles. Pourtant, je crois profondément à son importance, surtout dans des périodes difficiles. L’art offre un espace d’évasion, de réflexion et de beauté. Si l’opéra continue d’exister, c’est parce qu’il y a encore des artistes passionnés et un public prêt à se laisser toucher.

Tout le contenu 360

Codes d’Accès, Re:Configuré | Moodworms, vers d’humeurs dans le compost virtuel

Codes d’Accès, Re:Configuré | Moodworms, vers d’humeurs dans le compost virtuel

Codes d’Accès, Re:Configuré |  Antoine Desrochers-Godin et Zak Colello et la  |||Réfraction||| du verre

Codes d’Accès, Re:Configuré | Antoine Desrochers-Godin et Zak Colello et la |||Réfraction||| du verre

Codes d’Accès, Re:Configuré | Trevor Van de Velde et Jenn Mong aux commandes dans COCKPIT

Codes d’Accès, Re:Configuré | Trevor Van de Velde et Jenn Mong aux commandes dans COCKPIT

Codes d’Accès, Re:Configuré | Kirby Leitz présente Music for the Silenced and Introspective Soul

Codes d’Accès, Re:Configuré | Kirby Leitz présente Music for the Silenced and Introspective Soul

Oktoecho x FMA | Katia Makdissi-Warren, 25 ans de pratiques métissées et nouvelles collaborations symphoniques

Oktoecho x FMA | Katia Makdissi-Warren, 25 ans de pratiques métissées et nouvelles collaborations symphoniques

Guillaume Côté et Les Songes d’une nuit d’été : le chorégraphe nous parle de son rapport intime avec la musique

Guillaume Côté et Les Songes d’une nuit d’été : le chorégraphe nous parle de son rapport intime avec la musique

Jayleen McCarty : «Je ne suis pas née reine, je le suis devenue»

Jayleen McCarty : «Je ne suis pas née reine, je le suis devenue»

Akousma| Felix Deufel nous fait découvrir la richesse sonore inouïe de l’Arctique

Akousma| Felix Deufel nous fait découvrir la richesse sonore inouïe de l’Arctique

Akousma | Les Artefacts sonores de Roxanne Turcotte

Akousma | Les Artefacts sonores de Roxanne Turcotte

Akousma | Duo Audréanne Filion et Myriam Bleau : là où réel et virtuel se confondent

Akousma | Duo Audréanne Filion et Myriam Bleau : là où réel et virtuel se confondent

Akousma | Exzald S, la violence du calme

Akousma | Exzald S, la violence du calme

Akousma | Melanie Zhou : façonner le son, traduire l’émotion

Akousma | Melanie Zhou : façonner le son, traduire l’émotion

Akousma | Alex Brisson et l’exploration musicale du feedback

Akousma | Alex Brisson et l’exploration musicale du feedback

Mois du Créole 2026 | David Bontemps, entre piano et héritage de Dessalines

Mois du Créole 2026 | David Bontemps, entre piano et héritage de Dessalines

Le Vivier | Entre chaos, humour et musique, l’univers déjanté de Tonitruances

Le Vivier | Entre chaos, humour et musique, l’univers déjanté de Tonitruances

Ensemble Caprice au 9e : Dialogue avec l’Inde carnatique

Ensemble Caprice au 9e : Dialogue avec l’Inde carnatique

Une Cendrillon ressuscitée et pyrotechnique à la salle Bourgie

Une Cendrillon ressuscitée et pyrotechnique à la salle Bourgie

Mois du Créole 2026 | Pierre-Roland Bain : entre bilan et perspectives

Mois du Créole 2026 | Pierre-Roland Bain : entre bilan et perspectives

Akousma 2026 | Louis Dufort nous explique tout !

Akousma 2026 | Louis Dufort nous explique tout !

Palais Montcalm | Pierre Flynn avec quatuor à cordes, l’idée avait germé à Québec !

Palais Montcalm | Pierre Flynn avec quatuor à cordes, l’idée avait germé à Québec !

Prix Azrieli 2026 | Adrian Mocanu : l’encre qui s’évanouit et la mémoire des femmes troubadours

Prix Azrieli 2026 | Adrian Mocanu : l’encre qui s’évanouit et la mémoire des femmes troubadours

Jazz@vue | LéNo en continu, conversation piano-batterie, Brésil-Guadeloupe, ami-ami

Jazz@vue | LéNo en continu, conversation piano-batterie, Brésil-Guadeloupe, ami-ami

Prix Azrieli 2026 | Hana Ajiashvili : une énigme non résolue

Prix Azrieli 2026 | Hana Ajiashvili : une énigme non résolue

Prix Azrieli 2026 | Dalit Hadass Warshaw : une dernière lettre avant de mourir

Prix Azrieli 2026 | Dalit Hadass Warshaw : une dernière lettre avant de mourir

Inscrivez-vous à l'infolettre

Inscription
Infolettre

« * » indique les champs nécessaires

Type d'abonné