La Semaine du Neuf s’est conclue dimanche sur un concert d’improvisation libre, gracieuseté de Limules et No Hay Banda, voilà un signe des temps puisque ce qui fut longtemps associé aux musiques dites contemporaines était un prolongement de la culture occidentale de souche européenne,et donc de ladite musique classique radicalement transformé au fil des 100 dernières années. La pratique de l’improvisation avait été progressivement abandonnée en Europe au 19e siècle, la revoilà de plus en plus intégrée au corpus des musiques de création, bien au-delà du jazz (longtemps méprisé par le monde classique) et des formes plus simples que sont le blues ou le rock.
À mon sens, la meilleure partie de cette soirée dominicale du 15 mars fut la première, malgré les carences de la sonorisation dans un contexte de ténuité volontaire. Les sons émanant de la clarinette (Xavier Charles), de la basse électrique et objets sonores (Éric Normand), du piano (Barbara Dang), de la batterie (Peter Orins), de l’électronique (Anne-F Jacques) se sont fondus dans un long continuum dont il fallait s’imprégner dans un contexte pas tout à fait idéal à l’entreprise. M’étant déplacé pour photographier l’exécution , j’ai constaté que le son était nettement plus intelligible à proximité de la formation installée sur le flanc droit de la Sala Rossa. Il eut donc fallu une amplification plus adéquate pour rendre justice à cette impro collective. Mais bon, on a pu quand même se laisser imprégner de cette proposition aux vertus hypnotiques.

En deuxième partie, No Hay Banda: nadie nos quita lo bailado, un concept de la Colombienne Ana María Romano Gómez , compositrice, artiste sonore et artiste interdisciplinaire. Ainsi, la musicienne a lié son expertise aux improvisateurs.trice réunis par No Hai Banda : Pablo Jiménez, contrebasse, Lori Freedman, clarinette basse, Noam Bierstone, percussions + électronique, Daniel Áñez, ondes Martenot. Les trames de la compositrices devaient alors fusionner avec l’improvisation. Puissants effets de réverbération au programme, enregistrements de manifestations anti-impérialistes passés dans plusieurs « tamis » électroniques et autres fréquences diverses mises de l’avant par la compositrice et improvisatrice. L’équilibre entre sons électronique et exécution instrumentale a fait l’objet d’une d’une spatialisation suscitant cette question : comment sonoriser une proposition non instrumentale et ainsi fusionner idéalement avec les humains qui actionnent en temps réel des machines à sons mises au point avant (ou bien avant) l’époque actuelle?
Nous aurons d’innombrables occasions d’en débattre au fil des prochaines Semaines du Neuf, dont le Vivier peut se targuer d’avoir réussi sa 3e édition.























