hip-hop / pop

Francos 2026 | Stattz au centre d’une convergence

par Samuel Lemieux

Le 13 juin 2026, au Studio TD, Statzz s’inscrivait dans la programmation dense des Francos de Montréal qui, année après année, transforme le centre-ville en vitrine vivante de la musique francophone . Mais ce soir-là, ce n’était pas seulement un concert : c’était une convergence.

Dès l’ouverture, l’ambiance est claire — on est dans un espace où le rap québécois se déploie dans toute sa diversité. Statzz n’est pas seul : autour de lui gravitent des figures fortes comme Loud, FouKi, GreenWoodz, Alexe, Zagata et Mahéja . Et plutôt que de simples apparitions, ces présences deviennent rapidement des extensions naturelles du spectacle.

Statzz arrive avec une énergie contrôlée, presque introspective. Il ne cherche pas à exploser immédiatement, mais à installer un climat. Ses morceaux s’enchaînent avec une fluidité qui donne l’impression d’un récit en construction — quelque chose de personnel, mais jamais fermé.

Puis viennent les premières ruptures.

Un invité entre en scène sans transition. La réaction est instantanée : cris, téléphones levés, mouvement dans la foule. L’énergie change de texture. Là où Statzz construisait dans la retenue, l’arrivée de Loud impose une assurance tranchante, presque frontale. Le contraste fonctionne parfaitement — deux présences différentes, mais complémentaires.

Un peu plus tard, FouKi débarque avec sa vibe plus légère, presque solaire. Et soudain, la salle respire autrement. Les rythmes deviennent plus souples, le public se met à bouger différemment. Ce n’est plus seulement un concert, c’est un espace partagé, une célébration qui oscille entre intensité et relâchement.

GreenWoodz ajoute une autre couche, plus mélodique, plus introspective,  ramenant le spectacle vers quelque chose de plus intérieur, comme une vague qui se retire avant de revenir plus forte.

Ce qui frappe, ce n’est pas juste la succession des performances, mais la façon dont elles s’imbriquent. Rien ne semble forcé. Chaque apparition agit comme un déplacement naturel du spectacle, une évolution plutôt qu’une interruption.

Sur scène, Statzz reste le point d’ancrage. Même lorsque l’attention se disperse vers les invités, il garde le contrôle du fil narratif. Il observe, il laisse l’espace exister puis revient, toujours au bon moment.

La foule, elle, suit chaque transition. Il n’y a pas de perte d’attention, seulement des variations d’intensité. Le public ne consomme pas le show : il le vit, il le traverse.

Finalement, ce qui reste, c’est cette impression de collectif. Statzz n’a pas cherché à porter le spectacle seul — il a construit autour de lui, avec les autres, une soirée qui reflète exactement ce que les Francos permettent de mieux : des rencontres, des croisements, des moments impossibles à recréer ailleurs.

Ce soir-là, au Studio TD, le rap québécois n’était pas juste représenté.

Il était en mouvement.

Crédit photo: Productions Novak

Publicité panam

chanson keb franco / indie pop / synth-pop

Francos 2026 | Robert Robert ne performe pas, il installe

par Samuel Lemieux

Le 12 juin 2026, en plein lancement des Francos de Montréal, ce festival qui transforme chaque été le Quartier des spectacles en laboratoire vivant de la musique francophone,  Robert Robert prenait place à 22h30 au Pub Brasseur de Montréal, dans le cadre des Soirées chaudes. Une scène plus intime, presque compressée, parfaite pour un artiste qui joue précisément avec les frontières entre proximité et distance.

Dès les premières minutes, le ton est donné : on n’est pas dans un spectacle frontal. Robert Robert ne performe pas, il installe. Une ambiance moite, nocturne, où les beats électroniques servent moins à faire exploser la foule qu’à la maintenir dans un état suspendu.

La musique pulse, mais jamais de manière évidente. Chaque drop semble retenu, chaque montée volontairement incomplète. On danse, oui — mais comme si quelque chose empêchait l’explosion totale. Et c’est précisément là que le show trouve sa force.

Sur scène, l’artiste Arthur Gaumont-Marchand reste fidèle à sa signature : une présence presque détachée, comme s’il observait son propre spectacle de l’extérieur. Cette distance crée un contraste fascinant avec la chaleur de la foule, de plus en plus dense à mesure que la nuit avance.

Rapidement, l’espace devient trop petit pour contenir l’énergie. Le public déborde légèrement vers l’extérieur, les regards s’accrochent, les corps suivent le rythme sans vraiment chercher à comprendre. C’est un concert qui ne demande pas d’être analysé, mais vécu — presque physiquement.

Les morceaux s’enchaînent comme des fragments d’un même état. Pas de cassure nette, pas de moment clairement défini comme “le hit” : tout est dans la continuité, dans cette sensation d’être pris dans un flux constant. Une approche qui reflète bien la trajectoire de Robert Robert, passé de DJ à artiste pop-électronique, toujours en équilibre entre club et introspection.

Ce qui marque surtout, c’est cette capacité à maintenir une tension sans jamais la résoudre complètement. Là où d’autres cherchent le climax, Robert Robert semble préférer l’entre-deux — cet instant juste avant que tout bascule.

Aux Francos, dans un festival souvent marqué par les grandes envolées et les refrains fédérateurs, ce choix artistique tranche. Et c’est précisément pour ça qu’il reste.

Ce soir-là, au Pub Brasseur, Robert Robert n’a pas livré un concert à consommer.

Il a créé une immersion interactive au sein de son monde musical.

Crédit photo : Productions Novak

Publicité panam
baroque / classique occidental / violon

FMCM 2026 | D’un midi avec Sirena Huang et Bach

par Alexandre Villemaire

Quoi de plus relaxant pour les oreilles et de mieux pour ouvrir la moitié d’une journée de fin de semaine chaude et ensoleillée que la musique de Bach ? Dans le cadre serein (et frais) de la Salle Bourgie, la violoniste Sirena Huang est venue parachever une série de trois courts concerts du midi, commencée le mardi 9 juin et le jeudi 11 juin dernier, où les œuvres pour violon seul de Johann Sebastian étaient à l’honneur.

Lauréate du prestigieux concours d’Indianapolis en 2022, Sirena Huang, que nous ne connaissions pas avant de venir l’entendre en ce samedi midi, possède une feuille de route bien garnie et des plus enviables, s’étant produite comme soliste avec de nombreux ensembles prestigieux, notamment l’Orchestre philharmonique de New York, l’Orchestre de Cleveland, ainsi que ceux de Baltimore, de Shanghai, Evergreen, de Taïwan et de Singapour, sans oublier la Staatskapelle de Weimar en Allemagne. Elle nous a été également présentée par Dennis Brott, fondateur et directeur artistique du Festival de musique de chambre de Montréal, comme une des meilleures violonistes qu’il lui ait été donné d’entendre. Le court programme qui avait été conçu par la violoniste pour cette dernière séance opposait la Sonate pour violon nᵒ 3 en do majeur et la Partita en ré mineur de Johann Sebastian Bach. C’est un contraste entre la lumière et l’ombre, la chaleur et l’intériorité qui nous a été donnée d’entendre.

Il y a indéniablement un caractère lumineux à cette sonate du Kantor de Leipzig. Le premier mouvement introduit un aspect méditatif avec sa ligne mélodique descendante soutenue par un ostinato rythmique donnant au mouvement un aspect minimaliste qui ne nous évoque pas immédiatement Bach. Le deuxième est une prouesse technique en soi avec sa double fugue et ses multiples entrées de sujets que Huang cisèle à la perfection pour les rendre intelligibles. Tout cela, en assurant un contrôle des dynamiques et des nuances qui entretient constamment l’intérêt de la ligne musicale. Le quatrième et dernier mouvement, vivant et solaire, de la sonate est également un des moments qui nous a permis de voir et de goûter à la dextérité et à la technique de Sirena Huang, alors qu’elle a enfilé avec aisance une ligne musicale qui était un véritable feu roulant motivique à l’archet.

La Partita introduit un caractère introspectif à la dernière portion de ce récital. L’œuvre aurait été composée par Bach suite au décès de sa première femme Maria Barbara. C’est donc la mort et le deuil qui traversent cette œuvre. Le caractère plaintif dans la Sarabande est magnifié par les figures de notes haletantes et la manière dont les frottements entre les notes sont amenés. Mais, c’est l’immense Chaconne venant clore le mouvement qui retient l’attention et qui s’inscrit comme sommet de la performance de Huang. C’est une œuvre qu’elle maîtrise depuis longtemps et, de son aveu, qu’elle a probablement apprise trop jeune. Qu’à cela ne tienne, l’avoir abordé sans en avoir mesuré l’ampleur et la difficulté dans le passé, fait qu’aujourd’hui cette pièce, elle l’habite totalement. Le son est élégant et intense à la fois, les nuances sont signifiantes et magnifiquement contrôlées pour donner de la dimension et de la rondeur à cette œuvre dont le parcours musical se renouvelle sans cesse. Alors que l’on croit qu’on arrive à un moment cadentiel final, une nouvelle phrase est lancée par le violon et toujours avec une intensité renouvelée par Sirena Huang.

Que ce soit par son aisance sur scène, sa maîtrise technique, son jeu enlevant et senti, sa sonorité ample et précise, la jeune violoniste a conquis le public de la Salle Bourgie en menant à terme une série de concerts accessibles et rafraîchissants de haute qualité.

Publicité panam
Hip Hop / rap / rap keb / rap-pop

Francos 2026 | Kinji00 précis, maîtrisé, imprévisible

par Samuel Lemieux

Au cœur du Quartier des spectacles, les Francos de Montréal — festival majeur dédié à la musique francophone depuis 1989 — offrent chaque année un terrain de jeu où cohabitent figures établies et propositions émergentes. C’est dans cet espace de liberté que Kinji est monté sur scène, livrant une performance aussi maîtrisée qu’imprévisible.

Dès les premières minutes, une tension s’installe. Kinji ne cherche pas l’adhésion immédiate : il construit plutôt une atmosphère, un climat sonore qui oscille entre introspection et montée d’énergie. Le public entre progressivement dans cet univers, happé par une direction artistique cohérente et assumée.

Mais ce qui a véritablement marqué la soirée, ce sont les ruptures inattendues. À plusieurs reprises, le spectacle s’est ouvert à l’imprévu : apparitions surprises, interventions spontanées, moments où la scène cessait d’être strictement contrôlée pour devenir un espace de collision créative.

Un premier invité surgit sans annonce, déclenchant une réaction immédiate dans la foule — un mélange de surprise et d’excitation. L’alchimie est instantanée : loin de briser le rythme, cette présence vient amplifier la dynamique déjà installée. Plus tard, une autre intervention inattendue vient transformer la scène en moment presque collectif, comme si la frontière entre artistes et public devenait temporairement floue.

Ces prestations surprises n’étaient pas de simples ajouts anecdotiques. Elles participaient pleinement à la structure du spectacle, renforçant cette impression d’instabilité maîtrisée. Kinji semble comprendre que, dans un contexte comme les Francos, l’énergie d’un show ne repose pas uniquement sur l’exécution musicale, mais sur la capacité à créer des moments uniques, impossibles à reproduire.

Sur scène, l’artiste reste fidèle à lui-même : une présence à la fois contenue et magnétique. Il ne force jamais l’attention, mais la capte naturellement, laissant les variations du spectacle — y compris ces apparitions inattendues — parler d’elles-mêmes.

La foule, d’abord observatrice, finit par se laisser emporter. L’énergie ne surgit pas d’un coup : elle s’accumule, se transforme, puis explose par vagues successives. Chaque surprise agit comme un catalyseur, relançant constamment l’engagement du public.

Ce qui ressort au final, c’est une proposition cohérente malgré son apparente imprévisibilité. Kinji ne livre pas un simple concert, mais une expérience mouvante, où chaque élément — musique, présence scénique, interventions surprises — contribue à créer un tout organique.

Aux Francos, Kinji n’a pas seulement performé. Il a pris le risque du vivant, de l’instant, de l’inattendu — et c’est précisément là que le spectacle a trouvé toute sa force.

garage-rock / punk rock / rock

Francos 2026 | Breastfeeders de nostalgie

par Samuel Lemieux

Aux Francos de Montréal, certaines soirées sentent la découverte, d’autres la nostalgie. Et puis il y a Les Breastfeeders : un groupe qui n’a jamais eu l’air de choisir entre les deux.

Le 13 juin 2026, sur la scène extérieure du Parterre du Quartier des spectacles, ils livrent exactement ce qu’on attend d’eux — et surtout, ce qu’on n’ose plus toujours demander à un groupe de rock : du désordre maîtrisé.

Dès les premières minutes, le ton est donné. Ça joue vite, ça joue fort, et surtout ça joue comme si le temps n’avait aucune importance. Le mélange garage rock, yéyé, punk et rock’n’roll — signature du groupe depuis leurs débuts — ne cherche pas la propreté. Il cherche l’impact.

Et ça fonctionne.

Le public, déjà dense malgré l’heure, répond immédiatement. Il n’y a pas de montée progressive ici : on est projeté directement dans le son. Les guitares saturent l’espace, la batterie cogne sans retenue, et les voix semblent parfois se battre contre elles-mêmes pour garder une ligne droite.

Le set alterne entre morceaux rapides et explosions encore plus rapides. On reconnaît des titres comme « J’pourrais pas vivre avec toi », « Vivre et exister », et « Ça ira », qui prennent sur scène une forme plus abrasive que sur album. Tout est plus sale, plus direct, plus vivant.

Sur scène, Les Breastfeeders ne cherchent pas la performance millimétrée. Ils fonctionnent comme une machine collective légèrement incontrôlable. Les échanges entre musiciens sont minimaux, mais l’énergie, elle, circule en permanence. Rien n’est figé.

Et c’est peut-être là leur force principale : ils ne jouent pas un spectacle, ils rejouent une urgence.

Dans le contexte des Francos, où une partie de la programmation flirte avec la pop calibrée ou les formats plus sages, leur présence agit comme un rappel. Le rock peut encore être frontal. Bruyant. Imparfait. Et totalement assumé.

Bien sûr, tout n’est pas parfaitement ajusté. Certains passages se ressemblent, les transitions sont quasi inexistantes, et l’ensemble peut donner une impression de bloc uniforme. Mais ce serait mal comprendre le projet : Les Breastfeeders ne cherchent pas la variation, ils cherchent la continuité dans la tension.

Et quand ils tiennent cette tension, le public suit sans effort.

Finalement, le concert ne se termine pas vraiment : il s’arrête. Brutalement, sans cérémonial, comme il avait commencé. Et dans ce genre de performance, c’est presque logique.

Aux Francos, Les Breastfeeders n’ont pas revisité leur passé. Ils ont simplement rappelé que le garage rock, quand il est joué sans filtre, n’a pas besoin d’être modernisé pour rester pertinent.

Photo: Jean-François Savaria (jfsavaria)

opéra contemporain

Classica X Le Vivier | L’hiver m’attendait au tournant… un 14 juin

par Ariel Rutherford

Dimanche 14 juin, 15h, Studio-Théâtre des Grands Ballets, édifice Wilder. Accompagné d’une amie mélomane, je viens découvrir l’opéra L’hiver attend beaucoup de moi,  livret de Pascale Saint-Onge et musique de Laurence Jobidon. 

Il s’agit de la première représentation sur une scène québécoise de cet opéra créé en 2018 à l’initiative d’Opéra Magnolia (alors Opéra M3F)  mais reportée pour cause de pandémie. Initialement une œuvre pour deux solistes (ici Kristin Hoff, Mezzo-Soprano et Marianne Lambert, Soprano) avec accompagnement au piano, nous découvrons aujourd’hui une version remaniée accompagnée de six instrumentistes de l’ensemble Paramirabo, dirigé pour l’occasion par Mélanie Léonard.

D’entrée, une vision saisissante : sur la scène, d’énormes pans de plastique diaphanes pendent du plafond, linceuls encadrant un décor dévasté, arrière-cour abandonnée ou dépotoir sauvage. « Wow » laisse échapper mon amie. Alors que nous prenons place, les haut-parleurs diffusent des sont venteux. Nous voilà un peu dans un autre monde.

Avant l’opéra, une œuvre en ouverture: Rien n’est dit – tout est engagé, composition pour six instruments de Laurence Jobidon, commandée par Paramirabo et présentée en première mondiale.

Débute cette première pièce. C’est un petit bijou. Il s’ouvre sur un motif rythmique sinueux, comme suivant le cours ondulant d’une rivière gelée, instaurant une atmosphère de forêt enneigée. Les passages qui s’y succèdent comme autant de tableaux sont entraînants: parfois calmes, apaisants, mais aussi inquiétants, tendus. On navigue en eaux vives. Jouant avec les leitmotivs, on ne tombe pourtant pas dans la monotonie, il y a toutes sortes d’embellissements, de petites touches sonores impromptues, alors même que la pièce nous entraîne dans des territoires inattendus, au fond des bois.

 Je confesse avoir un faible pour l’usage ici fait des percussions, toujours judicieux mais néanmoins joueur, comme cette inattendue mais bienvenue quasi marche militaire, dans la 2e moitié de la pièce. Excellent.

L’atmosphère hivernale ainsi venue, voici la pièce maîtresse : L’hiver attend beaucoup de moi. Et la musique s’installe, intrigante, déconstruite : non pas un flot continu de notes, mais comme des pas mal assurés sur un sol gelé. Apparaît une ombre, projetée sur les grands pans de plastique nous cachant l’arrière-scène. C’est Léa (Marianne Lambert) qui, dans sa fuite désespérée, pénètre sur scène précédée de son ombre. Bientôt rejointe par Madeleine (Kristin Hoff), sa guide, annoncée par la lampe torche qu’elle brandit. Ombre et lumière. Nous sommes à présent au cœur de l’hiver, dans un bois hanté par les ombres, les murmures du passé, et la violence. Au loin, peut-être, un refuge, une maison brûlante, qui saurait les réchauffer.

On explore ici la violence faite aux femmes. Ce n’est pas un thème joyeux, et il s’agit de nous faire ressentir les émotions de ces deux femmes hantées. La pièce qui se dévoile à nous est ainsi construite sur un jeu de dissonances et convergences, chaos et mélodies. Cela se joue autant dans la relation entre l’orchestre et les solistes qu’entre les solistes elles-mêmes. 

Particulièrement marquant sont certains passages chantés en cœur, mais où un unique mot diverge, ou parfois la phrase entière. Une excellente manière de mettre à la fois leurs similarités et différences en exergue. Véritable moteur de l’œuvre, l’orchestration joue un rôle similaire. Parfois, l’ensemble paraît se désagréger, chaque instrument partant dans propres partitions syncopées, accompagnant l’errance des héroïnes, y faisant échos en canon. 

En d’autres moments, la musique se fait au contraire déterminée, réunie en un même motif énergique, en contrepoint du chant, nous entraînant dans les méandres de l’histoire et elles, Léa, Madeleine, vers le prochain tournant, malgré le désarroi qui résonne dans leur chant.

Un mot sur le texte et la mise en scène : Le décor est saisissant, j’oserais dire magnifique, et la scénographie très efficace. Dès les premiers instants, elle nous happe et traduit parfaitement l’abattement et le dénuement des deux femmes qui se démènent sous nos yeux, tout en mettant l’accent sur les divers moments clés, par un usage parcimonieux des effets d’éclairage.

Les images du texte sont fortes, ces murmures dans les bois, ces murmures fantômes qui suggèrent des visions d’outre-tombe, cette maison brûlante mais pourtant salvatrice, chèrement espérée et ce verger qui fait figure de paradis. Ce symbolisme me paraît pourtant par moment desservir le spectacle, amenant un certain manque de clarté dans la structure générale.

On ne sait trop si les protagonistes sont restées frappées de stupeur dans la clairière initiale, ou bien si elles cahotent malgré tout sur un chemin forestier. Cette incertitude est renforcée par la mise en scène qui, visant à évoquer l’itinérance, amène les deux interprètes à souvent demeurer immobiles, assises, prostrées, couchées au sol, emmitouflées dans les débris.

 Cela nous offre un univers visuel marquant, assurément, mais qui renforce ce sentiment d’immobilité, ce qui peut s’avérer frustrant. De fait, une certaine monotonie s’installe dans le dernier quart de l’œuvre. On est ainsi laissé sur une fin ouverte, qui demeure troublante, mais qui ne me satisfait pas complètement, faute de savoir si nous sommes bel et bien arrivés quelque part, nous demandant ce qu’il est advenu de ce fameux refuge, cette maison brûlante qui semble être simplement disparue.

dream-pop / Indie

Francos 2026 I Grand Eugène, petit groupe dream pop, prêt à monter sur la grande scène

par Stephan Boissonneault

J’ai découvert Grand Eugène, ce projet indie dream pop né de la collaboration entre Melyssa Lemieux et Jérémie Lachance, il y a deux ans au FME, et ce concert était alors beaucoup plus intime et discret. Mais leur première partie sur la scène « Francos Loto-Scène Québec » prouve que ce projet a désormais sa place sur une grande scène.

Par une douce soirée de samedi, Grand Eugène nous a fait découvrir les morceaux de son dernier album, Deux places au cimetière, devant un public composé d’enfants, de vieux rockeurs québécois, de punks et de passants. Le mélange indie aux accents jazzy était parfaitement maîtrisé, tout comme les riffs de guitare de Lachance et les envolées au piano du claviériste (dont je ne trouve le nom nulle part). Lemieux a une voix douce et fluette (elle aurait peut-être pu chanter un peu plus fort), parfaite pour les vagues de dream pop, à mi-chemin entre Hope Sandoval de Mazzy Star et Emmanuelle Proulx de Men I Trust, mais tout cela en français, bien sûr.

C’était pour moi la meilleure façon de démarrer les Francos de cette année.

dance-pop / french pop / pop-rock

Francos 2026 I Zélie, jeune merveille à découvrir !

par Stephan Boissonneault

Le groupe avec lequel j’étais aux Francos ce week-end dernier cherchait quelque chose d’un peu plus entraînant que le « dad rock » psychédélique des Breastfeeders ; nous nous sommes donc dirigés vers la scène principale des Francos pour voir Zélie, une star montante de la pop parisienne. Des lèvres et des dents géantes et ensanglantées pendaient de la toile de fond tandis que Zélie, vêtue d’un t-shirt noir à franges et de genouillères, courait et bondissait sur scène.

Je ne savais pas du tout qui était Zélie, mais au bout de 15 minutes de concert, j’étais captivé par son athlétisme, mis en valeur par des pas de danse chorégraphiés pendant les passages instrumentaux, et par sa voix puissante. Sa maîtrise vocale est impressionnante : elle passe avec aisance d’un murmure haletant au falsetto, en passant par le rap français et un cri hymne teinté d’un léger effet de delay. Elle a conquis le public en quelques minutes à peine avec CE CORPS.

Après quelques recherches, j’ai appris que Zélie était en tournée pour promouvoir son dernier album, LE CŒUR ET SA DICTATURE, et qu’elle avait suivi une formation classique rigoureuse en danse au Conservatoire de Paris. Cela s’explique parfaitement, car ses mouvements de danse sont un véritable spectacle, mais, accompagnée d’un groupe soudé composé d’une guitare, d’un piano, d’une basse et d’une batterie, cette auteure-compositrice-interprète de 25 ans est tout simplement exceptionnelle.

Photo Benoît Rousseau

chant lyrique / classique moderne / pop-opéra / post-romantique

Classica 2026 | Notre-Dame de Paris, reconstruction réussie

par Alain Brunet

Notre-Dame de Paris, le fameux musical signé Luc Plamondon et Richard Cocciante, inspiré de l’œuvre de Victor Hugo publiée en 1831, approche la trentaine et s’inscrit désormais parmi les classiques de la francophonie. Sous la forme symphonique d’une version concertante pour chanteuses et chanteurs lyriques, l’occasion était venue: Marc Boucher, directeur artistique du festival Classica, a mené son idée à bon port, Simon Leclerc en a piloté le vaisseau jusqu’à la cocathédrale Saint-Antoine-de-Padoue à Longueuil, en cette magnifique soirée du vendredi 12 juin.

Le maestro et arrangeur/orchestrateur/compositeur a effectivement respecté le texte, tout autant que la mélodie en conférant aux chansons une riche proposition harmonique. Les meilleurs procédés orchestraux du post-romantisme, de l’impressionnisme et des débuts de la musique classique moderne sont parfaitement maîtrisés par Simon Leclerc. 

On se trouve au cœur de cette symphonie moderne restée fidèle au système tonal, pour le plus grand plaisir de la majorité mélomane, de Prokofiev à Ravel en passant par Bernstein. On s’en délecte!

Pour l’occasion, le maestro québécois devait travailler avec le Nouvel Opéra Métropolitain (OPM) et l’Orchestre Classique de Montréal (OCM), constitué d’une cinquantaine d’interprètes de bon niveau et qui participent à cette actuelle explosion symphonique sur le terrain de la pop culture.

La sélection des solistes était soignée : la soprano Natacha Demers (Fleur-de-Lys), la mezzo-soprano Rose Naggar-Tremblay (Esmeralda), le ténor Emmanuel Hasler (Quasimodo), le baryton Gino Quilico (Frollo), le baryton Pierre Rancourt (Gringoire), le baryton Anas Séguin (Clopin), le baryton Thomas Vinal (Phoebus).

En incluant l’ouverture, 24 des 52 airs de la production originelle ont été repensés dans un contexte symphonique et lyrique. Ç’aurait pu être précieux et empesé, il n’en fut rien.

Les deux solistes les plus importants du programme ont en ont littéralement transcendé la proposition. Rose Naggar-Tremblay est une surdouée de l’art vocal, sa tessiture est hallucinante car elle peut atteindre les registres d’une soprano et d’une contralto. Qui plus est, sa présence scénique et sa grande sensualité sont idéales pour le rôle d’Esméralda. Le ténor français Emmanuel Hasler a été aussi bouleversant dans le rôle de Quasimodo, peut-être le plus incarné de tous les rôles dans cette relecture de Notre-Dame de Paris. Sa superbe technique était exclusivement au service de l’art et de l’émotion, elle disparaissait au profit de la trame dramatique et des grands airs lui étant attribués. On retiendra aussi la très belle performance de Natacha Demers, excellente soprano. Enfin bref, très peu d’anicroches  chez toustes les solistes sauf quelques raideurs mélodiques et rythmiques d’entrée de jeu, première oblige.

Un opéra en bonne et due forme s’ensuivra-t-il? Il faudrait alors compléter le travail , c’est-à-dire recomposer la trame orchestrale de 28 autres chansons, remettre le tout dans l’ordre de la trame dramatique (ce qui n’était pas le cas vendredi), prévoir une scénographie et une mise en scène… Voilà autant d’investissements considérables que l’on souhaite à Classica. Et, bien sûr, à Luc Plamondon qui affichait présent vendredi, du haut de ses 84 ans.

classique moderne

Quatuor Molinari | Intégrale Chostakovitch: de défi à pur bonheur

par Michel Rondeau

Au cours de la dernière fin de semaine de mai, soit les jeudi, vendredi et dimanche 28, 29, et 31, le Quatuor Molinari a pris possession de la salle de concert du Conservatoire de musique de Montréal pour y présenter le cycle complet des quinze quatuors à cordes du compositeur russe Dmitri Chostakovitch. Un sacré défi.

Mais comment rendre compte d’un événement d’une telle ampleur ? D’autant qu’il s’agit non seulement de l’une des œuvres pour musique de chambre les plus considérables du XXe siècle (et même de toute l’histoire de la musique), l’une des plus riches et foisonnantes, mais aussi l’une des plus redoutables sur le plan de l’exécution. 

Imaginez, plus de 6 h 30 de musique à haut niveau de difficulté offertes en rafales de trois soirées quasi-consécutives, mais surtout l’occasion rêvée d’entendre en concert ces œuvres dans leur ordre chronologique (de 1936 à 1974), et de façon rapprochée, pour permettre de bien suivre l’évolution du compositeur. Quand on pense que ce dernier projetait à l’origine d’en écrire 24, soit une pour chacune des tonalités, en majeur et en mineur !

Mais le plus beau, a sans doute été de pouvoir compter sur Olga Ranzenhofer, la directrice de l’ensemble, comme guide dans ce périple. Olga nourrit en effet depuis toujours une véritable passion pour ces quatuors et les connaît à fond, autant ses richesses que ses pièges. Le Molinari en a souvent mis à ses programmes au fil des ans et, il y a une dizaine d’années, en avait proposé une première intégrale, bien que le résultat n’avait pas été, semble-t-il, tout à fait à la hauteur des attentes d’Olga. Aussi, cette fois-ci, sous sa houlette, le Molinari parvient-il à faire briller la partition de ses mille feux.

À propos d’incandescence et de flamboiement, ce cycle Chostakovitch a également constitué une sorte de baptême du feu pour la nouvelle altiste, Cynthia Blanchon. Depuis son arrivée dans la formation, l’été dernier, elle avait eu certes l’occasion de faire valoir son immense talent en prenant part à divers programmes, mais ce cycle Chostakovitch représente en quelque sorte sa véritable initiation. Puisqu’elle a su relever le défi haut la main, tout comme ses compagnons Antoine Bareil au violon et Pierre-Alain Bouvrette au violoncelle, on peut d’ores et déjà la considérer comme membre du Molinari à part entière.

Les quatuors première manière, s’échelonnant de 1 à 6, tous en tonalités majeures, ont en commun une écriture passablement symphonique. Bien qu’ils soient de facture assez classique, ils ne sont pas conventionnels pour autant, le compositeur déployant sans cesse des trésors d’invention qui obligent ses interprètes à rester alerte et à faire autant preuve de souplesse et d’agilité que de tonus.

L’un d’eux – le quatrième, écrit en 1949 – est resté dans les tiroirs du compositeur et n’a été créé qu’après la mort de Staline en 1953. Chostakovitch craignait en effet qu’il ne soit interdit, ou à tout le moins censuré, parce qu’il y avait intégré des musiques folkloriques juives et d’Europe de l’Est alors que la ligne très stricte du parti réprouvait tout ce qui n’exaltait pas le caractère proprement russe de l’Union soviétique.

Comme Chostakovitch écrivait de très nombreuses musiques à grand déploiement – opéras, symphonies, musiques de fête ou pour le cinéma – la musique de chambre était pour lui une sorte de refuge où il pouvait davantage donner libre cours à une écriture plus personnelle, plus intime. Le 7e est ainsi dédié à sa première femme Nina décédée quelques années auparavant. S’y succèdent ambiance funèbre, rage et colère avant de céder la place à une douce danse. 

Les quatuors de la période médiane, soit 7 à 10, sont aussi pour Chostakovitch l’occasion de se libérer du cadre formel et de s’exprimer de façon de plus en plus personnelle. S’y manifestent ses angoisses et son amertume de façon assez intense, mais sans que cela puisse l’empêcher de continuer à inventer et créer. 

La période d’écriture des quatuors 11 à 15 (la plupart en mineur), correspond aux années de déclin physique. Des problèmes cardiaques, une paralysie de la main et une inflammation de la moëlle épinière, notamment, auxquels s’ajoutent des épisodes dépressifs. Mais rien de tout cela ne saurait l’empêcher d’écrire et de poursuivre son œuvre, aussi la musique prend-elle des tours introspectifs très sombres et douloureux, et parfois même grinçants, comme dans le 13e, qui se termine par un solo d’alto dans le suraigu dans une sorte de déchirant soupir. 

Pour le tout dernier quatuor, qui est en quelque sorte une longue oraison funèbre, les musiciens avaient troqué leurs chemises et blouses blanches pour des noires, on les avait entourés d’un cercle de petits lampions et on avait tamisé les lumières. Momentanément troublés par l’agitation des triples croches de l’intermezzo, les six mouvements lents et désespérés se sont enchaînés, implacablement. Chostakovitch y tient une sorte de dialogue avec la mort. C’est lourd, puissant et vachement poignant, mais en même temps empreint d’une certaine sérénité devant l’inéluctable.

Une fois les dernières notes évanouies, nous sommes restés un bon moment dans le silence, encore abasourdis par la beauté déchirante de ce concentré existentiel d’humanité, avant qu’applaudir ne nous fasse reprendre nos esprits et nous ramène à la réalité.

Merci à Olga, Cynthia, Antoine et Pierre-Alain pour cette formidable odyssée. Pour tous les mélomanes réunis ces trois soirées-là, ç’a été des moments de pur bonheur.

chanson keb franco

Francos 2026 | Dans la « leloupsphère »… dans le Dôme et sa suite

par Alain Brunet

Il y a 30 ans, Jean Leloup rafistolait avec son pote James Di Salvio ses meilleures prises brutes des mois et années précédentes. Éclairs d’inspiration jaillis de la fête, du chaos, de la précarité mentale, de l’alcool, des nuits (et narines) blanches… surtout du talent véritable. Le Dôme était certes hirsute comme l’a toujours été son créateur, 14 chansons moins cohérentes de prime abord, moins que celles de ses opus précédents. Pourtant, cet album demeure aujourd’hui le meilleur de sa discographie jusqu’à ce jour, sauf pour les esprits peu enclins aux vertus bien réelles de la pensée neuro-divergente dans l’art.
Au son rock et pop plutôt classique de La Sale Affaire, ces 14 titres trouvaient leur cohérence, des fleurs magnifiques avaient poussé dans les gravats. On retrouvait alors le mélange parfait entre le monde connu de Leloup et cet éclatement de styles mieux adapté au contexte de 1996, soit l’attirance de l’artiste vers un rock plus arty et plus sale, vers un funk lourd, vers un reggae rock ou même un rap désormais intégrés à son arsenal stylistique. Sans délaisser les contes de la nuit et de ses dérives, la poésie de Jean Leloup s’ouvrait alors à de nouveaux horizons, notamment à cette quête givrée d’un paradis perdu dans la jungle, débusqué au terme d’un long périple sur un “chemin mal dessiné”. On pourrait s’y élever en y ingurgitant des liquides fluorescents et plus encore, raconte la chanson. Prélude à toutes les vallées des réputations qui s’ensuivirent.

J’ai souvenir encore d’un show du Dôme au regretté Spectrum, un des plus concluants donnés par le principal intéressé.
Il y a un soir à peine, dimanche pluvieux du 14 juin 2026, sur la scène principale des Francos de Montréal, la relève dorée et désormais consacrée de l’indie keb avait la tâche d’évoquer cette œuvre désormais jugée mythique. Vincent « Les Louanges » Roberge, Safia Nolin, Zach Zoya, Thierry Larose, le duo Rau_ze, Lou-Adriane Cassidy, Thierry Larose, le trio We Are Wolves et Klô Pelgag étaient ainsi encadrés par le claviériste Alex McMahon et un band de haute tenue avec pour seul participant originel du Dôme, soit l’excellent batteur Alain Bergé qui fut aussi le batteur attitré de la superstar sénégalaise Youssou N’Dour.
Ces concepts hommages comportent certains risques, surtout lorsqu’ils dégoulinent de nostalgie, ce qui n’était heureusement pas le cas en cette soirée pluvieuse accueillant néanmoins une foule considérable sur la Place des Festivals. Ad nauseam, le Québec culturel ne cesse de chercher des mythes modernes avec un corpus plutôt mince vu la jeunesse de cette apparente nation et sa petite population, mais Le Dôme demeure un excellent objet de mythification, un tel fleuron discographique doit être honoré comme ice fut le cas sur la plus grande scène des Francos, le tout parrainé par Ici Musique et animé en direct par l’ex-chroniqueur indie Olivier Robillard-Laveaux, pour l’occasion badigeonné de mascara et affublé d’une étoffe poilue. Prêt pour une transhumance vers Le Dôme!
Grosso modo, les interprètes les plus habités furent à mon sens Vincent Roberge, Safia Nolin, Rose Perron et Zach Zoya. Plus précisément, les 14 classiques se sont ainsi enchaînés :
Le tandem Rau_ze a d’abord fait Pigeon, très correcte version comme le sera plus tard la reprise de Sara. Safia Nolin a été brillante aux côtés de Lou-Adriane Cassidy dans La Chambre. Les Louanges et Zach Zoya ont fait ensemble Le Monde est à pleurer, Les Louanges et et Lou Adriane ont entonné Faire des enfants. Thierry Larose s’est essayé seul sur Le Castel impossible, se joignant plus tard à Safia Nolin et Alexandre Ortiz (We Are Wolves) pour la reprise de l’incontournable I Lost My Baby. Safia unit ensuite son talent à celui de Klô Pelgag pour Sang d’encre. Le trio WAW a fait Vampire, Thierry Larose et toute la bande ont fait Edgar, le show a atteint un autre plateau avec Johnny Go par Zach Zoya et Rose Perron. Après La drop sociale interprétée par le même Zach, Rose Cormier et Klô Pelgag ont entrepris leur marche vers Le Dôme, avec le soutien de tous leurs collègues.
Et puisqu’il fallait une conclusion en « feux d’artifices » pour citer Les Louanges, la foule est sortie du Dôme et a rebroussé chemin jusqu’à 1990, question de se souvenir, au 15e mouvement de ce programme spécial, que John The Wolf fut aussi un improbable et néanmoins réel hitmaker en plus d’avoir gravé notre culture de son œuvre… Et que la suit de son œuvre demeure tout aussi improbable, sauf pour toutes les évocations à venir.

Crédit photo Victor Diaz Lamich

Publicité panam

chanson française / soul/R&B

Francos 2026 | Quand la pluie rencontre le R&B de Wamen

par Sandra Gasana

Malgré la pluie, de nombreux festivaliers n’ont pas voulu manquer le spectacle de Wamen, cette artiste originaire du Cameroun basée en France dont le pseudonyme rend hommage à sa grand-mère, figure inspirante de son parcours. Autrice, compositrice et interprète, Wamen a une voix chaude, profonde et expressive. Son timbre velouté mêle la douceur de la soul à l’intensité du R&B, avec une interprétation sincère qui donne l’impression qu’elle raconte chaque histoire de l’intérieur.

Vêtue d’une longue robe rouge, avec un corset intégré, elle avait une prestance hors-pair sur scène, ce qui n’a rendu personne insensible. Reine du storytelling, ses textes, ancrés dans l’universel, explorent des expériences partagées, alliant profondeur et mélodies envoûtantes. Wamen signe une musique qui transcende les frontières, portée par une identité artistique aussi singulière qu’universelle.

Accompagnée d’un guitariste et d’un batteur, le trio ne s’est pas laissé perturbé par la pluie. Au contraire, Wamen a intégré cela à son spectacle le rendant encore plus magique : « Y a quelque chose de beau avec la pluie et le R&B ».

« Toxique », « Mon autre », « Les miens », « Maman » ou encore son plus récent single « La vie d’adulte » faisaient partie de son répertoire pour les Francos. Mais la chanson qui l’a fait connaitre mondialement est « Discipline » qu’elle a gardé pour la fin. Ce morceau a été viral et compte plus de 6 millions de streams sur Spotify. C’est d’ailleurs avec cette chanson que je l’ai découverte et c’est cette même chanson qui m’a poussé à assister à son spectacle sous la pluie. Heureusement, la slameuse LYDOL, qui était également dans la foule, est venue m’abriter sous son parapluie. Elle aussi originaire du Cameroun, elle a pu m’en dire plus sur le parcours de Wamen.

Morale de l’histoire: la pluie peut gâcher un concert mais tout dépend de l’attitude de l’artiste sur scène. On peut transformer un obstacle en opportunité pour créer du beau, tel que l’a fait Wamen aux Francos.

Crédit photo: Frédérique Ménard-Aubin

Inscrivez-vous à l'infolettre

Inscription
Infolettre

« * » indique les champs nécessaires

Type d'abonné