Un 1er juillet au FIJM: Julius Rodriguez, Theon Cross, Moon Hooch, Anomalie, Micheal League…

par Rédaction PAN M 360

Au Festival International de Jazz de Montréal, les experts de PAN M 360 assistent aux concerts qui secouent les mélomanes. Suivez notre équipe !

Julius Rodriguez: déjà un grand, du haut de ses 24 ans

Malgré un premier set écourté à cause des ‘’conditions météorologiques’’, le jeune pianiste-batteur-compositeur Julius Rodriguez a rendu la foule bien réfugiée sous l’abri du pub La Traversée Molson Export de la Place Tranquille du Quartier des spectacles totalement scotchée à sa vivacité, son intelligence et sa virtuosité.

La méthode Rodriguez est simple : toujours se baser sur un motif, une phrase mélodico-rythmique, un riff ou un thème simple et accrocheur pour ensuite libérer toutes ses possibilités expressives. Rodriguez est un jeune musicien aussi instinctif en impro que remarquablement éduqué en technique (classique ET jazz). Son jeu limpide et franchement excitant est empreint d’une émancipation qu’il sait communiquer à ses partenaires à la contrebasse, à la batterie (car il a joué majoritairement le piano) et à la trompette.

Ceux-ci sont aussi aisés dans leur hardiesse interprétative que bien attelés à rendre tout cela cohérent avec la vision de leur leader. Quelques perles signées Hancock (dont Butterfly), mais pas mal de matos de ses deux albums actifs (un complet et un EP, tout juste) et de la nouvelle matière aussi, qu’il n’a pas encore nommée. Je suggère Rainy Night in Montreal, parce que ça restera un moment mémorable. En bonus, pour une seule pièce (In Heaven, présente sur Let Sound Tell All sorti en 2022) : la magistrale voix de Samara Joy que l’on compare, à raison, à Ella, Nina et Sarah. Une véritable leçon d’expressivité vocale. La prochaine fois que Julius viendra chez nous, ce sera en salle, à fort prix.

Frédéric Cardin

Theon Cross explore les sons mystérieux du tuba

Theon Cross joue du tuba comme quelqu’un qui a découvert tous les secrets de cet instrument. Personne ne savait vraiment ce qui nous attendait à l’intérieur des murs du TD Studio, mais la majeure partie du spectacle était composée de Theon Cross et d’un guitariste à la réverbération produisant des sons cosmiques, qui m’ont rappelé les intermèdes d’une chanson de The Comet is Coming.

La guitare agissait presque comme une machine à larsen, plongeant davantage dans le domaine du rock ambient, alors que le tuba était toujours au premier plan de la performance. Dans certains morceaux, seul Cross jouait du tuba avec des techniques de respiration complexes qui faisaient ressembler l’instrument à un chat hurlant. Pour être honnête, après 15 minutes de ce type de performance en solo, j’avais vu ce que j’avais à voir. Il est très doué, mais on ne peut que s’étonner du nombre de sons que l’on peut produire avec un tuba, tant de fois.

Stephan Boissonneault

Moon Hooch: EDM cuivrée et jazzée pour cette génération

Moon Hooch se trouve dans une impasse étrange où il pourrait être un groupe EDM dirigé par des saxophones, ou un trio de jazz à l’ambiance plus sonore. Cependant, ils ont définitivement privilégié le côté dansant de leur musique lors de leur performance intérieure et pluvieuse de la Fête du Canada au Gesu. La salle pouvait accueillir des sièges, mais il n’a fallu que 15 minutes à Moon Hooch pour que tout le monde se lève et danse sur leur impressionnante musique de duels de saxophones.

Le batteur a vraiment besoin d’être mentionné ici parce qu’il maintient le rythme et le groove pendant que Michael et Wenzl font durer la folie. Certains morceaux ressemblent à de la techno ou de la house music et si je ne les regardais pas passer du saxophone baryton au saxophone alto et au saxophone ténor en direct, j’aurais juré que les morceaux venaient des patchs de synthé. Moon Hooch joue le rôle de DJ à tour de rôle pour stimuler la foule pendant que les autres membres du groupe jouent à fond. Je pense que le choix de la salle était étrange car un groupe avec autant d’énergie aurait dû jouer sur une scène extérieure.

Stephan Boissonneault

Anomalie en formule big band, ce n’est qu’un début !

photo credit: Benoît Rousseau

Scène Rio-Tinto, ils étaient plus d’une quinzaine de musiciens sous la bannière Anomalie, ce projet de jazz-fusion-soul-R&B-dancehall mené par le claviériste et compositeur montréalais Nicolas Lemieux.

La prédiction est facile à formuler : dans toutes ses configurations, Anomalie est promis à une brillante carrière internationale. Cette formule big band n’est pas courante dans le contexte jazzistique local, mais elle l’est de plus en plus au sein de la génération de trentenaires biberonnés au hip-hop de Kendrick Lamar, à l’électro de Flying Lotus et au jazz issu des nouvelles scènes de Los Angeles, Chicago ou Londres.

Comme il l’explique en interview, Nicolas Lemieux ne cherche pas à transcender les formes du jazz moderne mais plutôt à composer la musique orchestrale comme s’il s’agissait d’une chanson pop aux prolongements jazzifiés. Samedi, les milliers de fans trempés au terme d’une averse longue et insistante, ayant amputé de moitié la performance prévue pour 90 minutes. Le public n’en était pas moins heureux de vibre sur ces rythmes plus proches du hip-hop instrumental que du jazz, de ces riffs puissants et harmoniquement consonants, et quelques solistes chrevronnés tel le trompettiste Andy King ou le leader lui-même aux claviers.

Cette pop instrumentale parle à quiconque a vécu son adolescence ou sa jeune vie adulte au cours des deux précédentes décennies. Chacun peut s’y retrouver, les balises sont claires, aucune prise de tête à l’horizon. L’écriture de Nicolas Lemieux ne mène pas aux explorations atonales, emprunte peu les chemins rythmiques non binaires, s’en tient à des mélodies accrocheuses et des riffs conviviaux. Voilà autant de raisons de croire au succès présent et à venir d’Anomalie.

Alain Brunet

League, Brock, Thomas, Spark: magnifique mélange d’instruments et de genres

Snarky Puppy est ce groupe de jazz iconoclaste américain, qui se produisait le 30 juin en grand ensemble, pour célébrer son dernier album Empire central

Le premier juillet, nous avons eu droit à un quartet issu de Snarky Puppy. Le violoniste Zach Brock, le batteur JT Thomas, le claviériste Bobby Sparks et le bassiste et leader Michael League. 

Violon, Clavier, batterie, Basse, c’est peu commun.

À eux quatre, ces musiciens ont travaillé avec tellement de gens, de David Crosby à Stanley Clarke à David Liebman, the RH Factor, Fred Hammond. Et ils se connaissent tous depuis longtemps .

Le quartet est parti en lion, sur un thème de Wayne Shorter puis Stevie Wonder a suivi. Je n’ai pas reconnu la pièce tellement le travail d’improvisation jazzistique était puissant. 

Ces quatre esprits libres improvisent sur des thèmes connus, mais ne savent pas où leur complicité va les mener. Parfois, on est dans le jazz pur, parfois dans le soul déchirant, parfois dans le fuzzy extrême. 

Michael League nous a expliqué l’origine de ce quartet: dans les début de Snarky Puppy, au Texas, en 2007, League, Sparks et Thomas se rendaient chaque lundi soir dans une petite boîte de Dallas, pour improviser sans arrêt . Le violoniste Zach Brock se joignait à eux occasionnellement. 

Le festival de Jazz a offert une deuxième soirée de spectacle à Michael League et il a choisi de ressusciter cette expérience.  

Et personne ne s’est ennuyé : Jt Thomas a chanté une chanson de Bill Whiters Who is He And What Is He To You, qui a mené à des improvisations déjeantées.. Le violoniste Zach Broch était tout en subtilités, Bobby Sparks s’est déchaîné sur son orgue. 

Puis il y’ a eu Voodoo de De Angelo. Et un blues dont j’ai oublié le nom.

Tout au long du spectacle, Michael League, comme à son habitude, formait le liant avec sa basse électrique vrombissante. Il s’est même permis quelques envolées en solo, y compris une avec une pédale fuzz qui grattait notre colonne vertébrale.

Je l’ai dit souvent sur ce site: Michael League est un des musiciens américain les plus créatif de sa génération. Il en a fait de nouveau la démonstration.  

Et la foule, multigénérationnelle, en aurait pris encore.

Michel Labrecque

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